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Nouvelle olympique

Chronique

Lettre ouverte à Thomas Bach

Il est masqué.

Thomas Bach, président du CIO

Photo : Getty Images / BEHROUZ MEHRI

Cher M. Bach,

Avant de me lire, je vous invite à consulter cette chronique de mon collègue Martin Leclerc.

Je crois que vous saisissez bien ce que cela veut dire si rien ne change? Si le statu quo demeure à Pékin d’ici à l’arrivée des milliers d’athlètes, les conséquences pourraient être catastrophiques.

En tant qu’athlète olympique et entraîneur, je vous demande d’intervenir le plus vite possible et de forcer l’utilisation de tests de détection approuvés par les autorités internationales.

Les Jeux de Pékin étaient voués à un certain échec depuis le 31 juillet 2015, au moment où vous et vos membres avez eu à choisir la moins mauvaise ville des candidates restantes. Cette première grande décision depuis votre élection en tant que président du CIO, le 10 septembre 2013, sera à jamais une tache à votre dossier, Monsieur Bach.

Nous y sommes maintenant, à quelques jours de l’ouverture de ces Jeux. Malheureusement, plusieurs ont déjà hâte à la cérémonie de clôture, tandis que d’autres demandent carrément l’annulation de l’événement. Personnellement, je ne peux qu’espérer que les athlètes soient traités de façon juste et équitable.

S’il y a une personne sur Terre qui peut intervenir et corriger la situation, c’est vous Monsieur Bach. J’espère cependant que vous avez égaré vos gants blancs depuis votre intervention avec Peng Shuai, cette pauvre joueuse de tennis qui se trouve fort probablement toujours en captivité, bien contrôlée, pour avoir dénoncé son agresseur.

Plusieurs athlètes et membres des délégations avaient accepté que le coronavirus pourrait mettre fin à leur rêve olympique. Par contre, ce qui se passe à Pékin va bien au-delà du virus. Des tests à une sensibilité nettement supérieure aux normes mondiales, suivis de résultats aléatoires, nous laissent présager le pire lorsque les athlètes arriveront en sol chinois.

Si les employés des diffuseurs olympiques détenteurs de droits sont traités aussi durement, tout porte à croire qu’il en sera de même pour les athlètes.

Vous êtes peut-être déjà en mode solution, mais permettez-moi d’en douter compte tenu des développements des dernières heures. Les nombreuses cicatrices sur mon cœur d’athlète olympique depuis les Jeux de Sotchi me laissent perplexe quant à vos capacités de faire ce qui doit être fait.

Je ne sais pas si vous entendez les gens à l’extérieur de Lausanne, mais le dégoût pour l’olympisme et pour votre organisation semble se propager aussi vite que le variant Omicron. Sommes-nous rendus à un point de bascule? Je le crois.

Ce qui est à l’enjeu dans les deux prochaines semaines est beaucoup plus grand que les simples Jeux de 2022. Il en va de l’avenir du mouvement olympique. Celui-ci pourrait être en péril même si les prochaines villes hôtesses, Paris, Milan-Cortina et Los Angeles, ont tout le potentiel nécessaire pour raviver la flamme.

En juillet 2015, vous aviez toutes les raisons du monde de penser avoir réussi un coup de circuit en misant sur le marché extraordinaire que vous offrait la Chine. Je crains cependant que d’avoir mis tous vos jetons sur le même numéro ait été un pari perdant en fin de compte.

En espérant de tout cœur que vous me ferez mentir. Vous avez jusqu’au 4 février.

Dominick Gauthier