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Nouvelle olympique

Boutin, Dion et Hamelin mèneront les jeunes patineurs canadiens à Pékin

Devant une adversaire, une patineuse célèbre au fil d'arrivée d'une course sur courte piste.

Kim Boutin célèbre sa victoire sur 500 m à la Coupe du monde de Dordrecht.

Photo : Photo ISU

Radio-Canada

Encore une fois, les espoirs de médailles olympiques sont nombreux au sein de l'équipe nationale de patinage de vitesse sur courte piste. Le Canada est demeuré à l'avant-scène aux derniers Jeux d'hiver, en 2018, amassant à nouveau sa part de podiums. Quatre ans plus tard, outre le noyau dur, le visage de la formation est fort différent.

Sept nouveaux patineurs canadiens à Pékin

Femmes

  • Danaé Blais, 22 ans, 1re expérience olympique
  • Kim Boutin, 27 ans, 2e expérience olympique
  • Florence Brunelle, 18 ans, 1re expérience olympique
  • Alyson Charles, 23 ans, 1re expérience olympique
  • Courtney Sarault, 21 ans, 1re expérience olympique

Remplaçante : Camille de Serres-Rainville, 26 ans


Hommes

  • Pascal Dion, 27 ans, 2e expérience olympique
  • Steven Dubois, 24 ans, 1re expérience olympique
  • Charles Hamelin, 37 ans, 5e expérience olympique
  • Maxime Laoun, 25 ans, 1re expérience olympique
  • Jordan Pierre-Gilles, 23 ans, 1re expérience olympique

Remplaçant : William Dandjinou, 20 ans

Depuis l'ajout du patinage de vitesse sur courte piste au programme olympique, il y a 30 ans, les représentants de l'unifolié font figure de favoris sur la scène internationale. Le pays s'illustre d'un rendez-vous à l'autre, et sa récolte s'élève à 33 médailles, dont 5 à Pyeongchang. Trois ont été remportées par Kim Boutin, cheffe de file de la très jeune équipe féminine qui s'envolera bientôt vers la Chine.

Révélation des derniers Jeux d'hiver, la Québécoise effectuera son second tour de piste olympique, après un baptême en montagnes russes en Corée du Sud. La patineuse avait été la cible de menaces de mort sur les réseaux sociaux à la suite de sa conquête du bronze au 500 m et avait temporairement dû fermer ses comptes personnels.

Kim Boutin a enchaîné avec deux autres podiums, grimpant sur la deuxième marche au 1000 m et sur la troisième au 1500 m, puis a porté le drapeau canadien pendant la cérémonie de clôture. Tous ces accomplissements ont longtemps été ternis par les propos injurieux dont elle a été victime.

J'ai clairement eu un traumatisme par rapport au fait que j'ai reçu des menaces de mort, que j'étais sur le podium olympique en pensant que j'allais me faire tuer, explique Kim Boutin, ajoutant que le cycle olympique actuel a été fortement chamboulé par cet épisode cauchemardesque.

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Apeurée et effrayée, Kim Boutin a vécu un moment difficile sur la troisième marche du podium olympique en Corée du Sud.

Photo : Associated Press / Patrick Semansky

Depuis, la Sherbrookoise a dû composer avec de l'anxiété, de l'insécurité et une obsession excessive de performance. Le regard tourné vers Pékin, elle dit aujourd'hui être mieux dans sa peau. Son objectif aux Olympiques demeure cependant bien personnel.

J'ai envie que ce soit mon moment, que ce ne soit pas nécessairement associé aux résultats. J'ai tout fait en mon possible pour être bien. J'ai envie de le savourer, espère-t-elle.

Kim Boutin a terminé la saison internationale de brillante façon en novembre, décrochant cinq médailles lors des deux dernières étapes, après avoir été blanchie au cours des deux premières. Elle s'est notamment imposée sur la glace néerlandaise de Dordrecht à l'épreuve du 500 m, distance sur laquelle elle a empoché le bronze à Pyeongchang.

Charles Hamelin aux portes de la légende

Kim Boutin sera l'une des rares membres de l'équipe avec un bagage olympique, aux côtés de Charles Hamelin, détenteur de cinq médailles aux Jeux, et de Pascal Dion, meilleur représentant de l'unifolié cet automne en Coupe du monde avec huit couronnes.

Doyen de la sélection nationale de courte piste, Charles Hamelin lorgne le titre d'athlète canadien le plus décoré aux Olympiques d'hiver. Un podium le sépare de l'exploit. Seule Cindy Klassen peut se targuer d'avoir une collection de six médailles, dont cinq ont été gagnées lors de mêmes Jeux, à Turin, faut-il le rappeler.

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Charles Hamelin

Photo : Patinage de vitesse Canada / Rafal Oleksiewicz

Son plan initial était de tirer sa révérence à l'issue des Jeux de Pyeongchang, mais le voici qui s'apprête à participer à ses cinquièmes Olympiques. Il s'agira de ses derniers, promet le nouveau papa d'une jeune fille.

Lorsque Charles Hamelin se remémore ses premiers coups de patin sur la scène olympique, beaucoup de fierté émane de son cheminement et de sa progression entre les Jeux de Turin et de Pékin.

« J'ai su évoluer. Si j'étais resté le même patineur qu'en 2006, je n'aurais pas été capable de rester dans l'équipe. Il a fallu que je me réinvente, que j'évolue, que je sois un autre Charles. J'ai toujours été à l'avant-garde, toujours en train de vouloir être le meilleur des meilleurs. »

— Une citation de  Charles Hamelin, patineur de l'équipe canadienne de courte piste

Je ne me sens pas vieux en ce moment, même si j'ai 37 ans. Parfois, je sens l'âge me rattraper, je ne récupère pas aussi vite que mes jeunes compatriotes, affirme le champion du monde en titre sur 1500 m.

La locomotive de Sainte-Julie veut maintenant conclure son parcours olympique dans de bonnes dispositions, à l'inverse de l'édition 2018, où il n'était pas lui-même durant une bonne portion de l'événement.

L'expérience à Pyeongchang, c'était vraiment en deux temps. La première moitié des Jeux, c'était de la merde. J'étais là, mais pas là. Là physiquement, mais pas là dans ma tête pour performer. J'ai dû faire un point dans les Jeux, se souvient Charles Hamelin.

De son côté, Pascal Dion espère transposer ses succès en Coupe du monde aux JO, après avoir bouclé le calendrier au sommet du classement général au 1000 m. Il a été le plus constant du contingent au fil des étapes, collectivement et individuellement, et a mis le grappin sur 8 des 17 médailles canadiennes.

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Pascal Dion

Photo : The Canadian Press / Jeff McIntosh

Pascal Dion et Charles Hamelin uniront certainement leurs efforts au sein de la formation masculine de relais sur 5000 m, sacrée à deux occasions en quatre manches dans les derniers mois, mais qui est attendue de pied ferme par le pays hôte et la Corée du Sud. Champion canadien au cumulatif depuis 2020, Steven Dubois est l'un des rouages importants du quatuor unifolié.

Les premières épreuves olympiques de courte piste battront leur plein dès le lendemain de la cérémonie d'ouverture. Les courses se dérouleront du 5 au 16 février dans la capitale chinoise au Palais national omnisports.

Rappelons que le seul médaillé d'or olympique du Canada en courte piste lors du dernier grand rendez-vous hivernal, Samuel Girard, roi du 1000 m et 3e du relais 5000 m, a raccroché ses patins en 2019 à 22 ans.

La crème du courte piste aux JO

  • 1. Corée du Sud : 48 médailles olympiques
  • 2. Canada : 33 médailles olympiques
  • 2. Chine : 33 médailles olympiques
  • 3. États-Unis : 20 médailles olympiques
  • 4. Italie : 11 médailles olympiques
  • 5. Pays-Bas : 5 médailles olympiques
  • 5. Russie : 5 médailles olympiques

Alyson Charles dans les traces de Kalyna Roberge

La formation préparée pour les prochains Jeux olympiques est ainsi composée d'une majorité de 7 recrues sur 10 athlètes qui verront de l'action.

Du nombre, on retrouve entre autres Alyson Charles et Jordan Pierre-Gilles, de rares modèles sur patins issus de la diversité, tous deux âgés de 23 ans. C'est également le cas de William Dandjinou, 20 ans, remplaçant dans l'effectif masculin.

Il n'y a pas eu beaucoup de Noirs, mais j'adore ça de voir qu'il y en a de plus en plus. J'ai coaché, et j'ai vu plus de jeunes. Quand je patinais à cet âge-là, j'étais pas mal tout seul. Mais là, j'en vois plus, et c'est le fun pour vrai, indique Jordan Pierre-Gilles.

Avant eux, la double médaillée olympique Kalyna Roberge a laissé son empreinte, inspirant au passage plusieurs adeptes de patinage de vitesse de la génération suivante, dont Alyson Charles.

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Alyson Charles

Photo : Getty Images / Vincent Jannink

Je me suis comme vue en elle parce que dans mon sport, en général, et dans les sports d'hiver, en général, il n'y a pas toute la diversité qu'on retrouve dans les sports d'été, relève-t-elle.

L'été dernier, aux Jeux d'été de Tokyo, environ 20 % des athlètes de l'équipe canadienne provenaient des minorités culturelles. Un nombre près de quatre fois supérieur à celui enregistré aux Jeux d'hiver de Pyeongchang, soit à peine 5 %.

« Ce concept de représentation, je le trouve super important parce qu'à un très jeune âge, lorsqu'on est confronté à faire des choix, parfois, juste de voir quelqu'un qui nous ressemble, ça prouve qu'on peut se rendre à ce niveau-là. Qu'on peut aspirer à ça, nous aussi, et c'est vraiment important! »

— Une citation de  Alyson Charles, patineuse de l'équipe canadienne de courte piste

(Avec les informations d'Antoine Deshaies)