•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Nouvelle olympique

Jeux de Pékin : des canons à neige font tonner les écologistes

L'inscription Beijing 2022 sur un panneau géant devant une piste de ski enneigée.

La station de ski de Yanqing

Photo : Reuters / Tingshu Wang

Agence France-Presse

Face à l'absence de neige, les Jeux olympiques d'hiver de Pékin, qui se dérouleront du 4 au 20 février 2022 dans l'une des régions les plus sèches de la Chine, dépendront entièrement d'une poudreuse artificielle. Une situation que déplorent les écologistes.

Les montagnes au nord-ouest de Pékin, où se tiendront des épreuves, restent à l'état naturel désespérément brunes, tandis que les pistes de ski artificielles en préparation les strient de vastes lignes blanches, leur donnant un aspect zébré.

À cinq semaines de l'ouverture des Jeux olympiques, des canons à neige soufflent en permanence leurs flocons afin de préparer le terrain aux skieurs dans la station de Yanqing.

Le coût des ressources en eau s'élève à quelque 185 millions de litres pour l'ensemble des sites olympiques, selon une estimation officielle dévoilée en 2019. Une telle consommation dans une zone structurellement frappée par les sécheresses est source de critiques.

Organiser des Jeux olympiques dans cette région est une aberration, c'est irresponsable, dénonce la géographe Carmen de Jong, de l'Université de Strasbourg.

On pourrait aussi faire les Jeux olympiques sur la Lune ou sur Mars, ironise-t-elle.

Les organisateurs font valoir que les canons à neige sont actionnés par de l'électricité d'origine renouvelable et que l'eau retournera dans le sol après la fonte.

Il s'agira des premiers Jeux d'hiver à dépendre entièrement d'un enneigement artificiel. Rappelons que l'édition 2018, à Pyeongchang, avait déjà dû recourir à environ 90 % de fausse poudreuse.

Au total, les installations prévues à Yanqing et dans l'autre site olympique de Zhangjiakou emploient 300 canons à neige, de la marque italienne TechnoAlpin, avant que des dameuses donnent forme aux pistes.

Pour nous, le plus grand défi, c'est de garder une qualité de neige uniforme, explique Li Xin, l'un des responsables de la station de Yanqing, située à près de 80 km de la capitale.

Des variations dans le processus de production de la neige peuvent la rendre trop dure sur certains tronçons et trop molle sur d'autres, ce qui pourrait être dangereux pour les athlètes en compétition, relève-t-il.

Avec le réchauffement climatique, quel que soit le lieu des Jeux olympiques, il y aura toujours des canons à neige, prévoit Florian Hajzeri, directeur général de TechnoAlpin pour la Chine.