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Nouvelle olympique

Andy Anderson et le tabou du casque en planche à roulettes

Andy Anderson se tient debout sur sa planche à roulettes.

Andy Anderson

Photo : Radio-Canada / Oliver Walters

TOKYO – Vous ne le verrez jamais sur sa planche à roulettes sans son casque. Andy Anderson aime être à contre-courant, et le choix est facile pour lui lorsque vient le temps de prioriser sa sécurité.

C’est quelque chose de très tabou, lance d’emblée le Canadien lorsque le sujet est abordé. Je pense que se faire ridiculiser en public est plus grave pour plusieurs planchistes que de se frapper la tête.

Le Britanno-Colombien a déjà perdu des contrats parce qu’il a refusé d’enlever son casque pendant des séances de photos. Il sait toutefois que sa prise de position peut démocratiser l’équipement de protection.

Avant que je devienne un planchiste professionnel sur le parcours à obstacles, personne ne portait de casque. Si tu es un jeune et que tu regardes les meilleurs des meilleurs qui n’en portent pas, qui es-tu pour leur dire qu’ils ont tort? dit-il.

Je crois que plus de gens porteront un casque quand on arrêtera de voir ça comme quelque chose d’absurde.

Une citation de :Andy Anderson, planchiste

Andy est la bonne personne pour guider la nouvelle génération de planchistes, estime Ben Stoddard, le président de Canada Skateboard. Ce dernier connaît trop bien les conséquences possibles d’une chute en planche à roulettes.

Il a presque complètement perdu l’usage d’un œil après s’être durement frappé la tête en 2003 à Whistler. Le nerf optique a été endommagé et sa vision est maintenant floue, en noir et blanc, comme à travers le trou d’une épingle.

Ma femme doit être la conductrice principale de notre véhicule, surtout lorsque notre enfant est à bord, mentionne Stoddard. J’aurais aimé que le port du casque fasse partie de la culture plus tôt.

Ce qu'Andy fait pour la culture est incroyable. Il a beaucoup d'admirateurs, donc il peut rendre ça à la mode.

Une citation de :Ben Stoddard, président de Canada Skateboard

Anderson a même créé sa propre compagnie de casques, Mind Control. Elle fabrique des modèles originaux afin d’inciter d’autres amateurs de planche à roulettes à l’imiter. Ses 362 000 abonnés sur Instagram peuvent voir ses créations à l'œuvre dans ses publications.

Stoddard croit qu’une majorité de planchistes voudraient porter un casque en compétition, mais qu’ils n’osent pas le faire ou même se prononcer sur la question publiquement. Il espère toutefois que la planche à roulettes suivra l’évolution de la planche à neige, un sport dans lequel le port du casque est devenu systématique avec les années.

Le casque aux Jeux olympiques

Le couvre-chef d’Anderson ne ressortira pas du lot jeudi à Tokyo puisque le port du casque est obligatoire dans les compétitions de parc. Il ne l’est toutefois pas pour le parcours à obstacles, qui a été présenté dans la première semaine des JO.

Les trois médaillées chez les femmes, toutes des adolescentes, l’ont porté. Elles ne l’ont pas fait nécessairement par choix, mais parce que le règlement l’oblige jusqu’à l’âge de 18 ans.

La Canadienne Annie Guglia n’a pas l’habitude d’utiliser cette pièce d’équipement pendant ses performances, mais elle l’a fait pour les débuts du sport aux Jeux olympiques, estimant qu’il s’agissait de la meilleure chose à faire comme elle était fatiguée après son inclusion à la dernière minute.

La planchiste Annie Guglia en action aux Jeux olympiques

La Québécoise Annie Guglia a terminé 19e en planche à roulettes à Tokyo, mais reste fière de son parcours plein de surprises.

Photo : Getty Images / AFP / JEFF PACHOUD

Entre gagner et participer, son cœur balance

Anderson sera le seul représentant canadien dans l’épreuve de parc. Il est arrivé à Tokyo avec un dilemme moral : tenter de gagner à tout coup ou s’assurer de bien représenter son sport pour le faire croître avec son style particulier.

L’athlète de 25 ans a fait son choix, mais compte le garder pour lui jusqu’à la compétition. Son parcours pour atteindre les Jeux olympiques suggère toutefois qu’il a la volonté pour réussir, peu importe ce qu’il choisira.

Il s’est qualifié au dernier événement, après s’être déchiré un ménisque à l’entraînement. Il a non seulement obtenu son billet pour Tokyo, mais il a aussi honoré une promesse qu’il avait faite à Mark Waters, un entraîneur américain décédé de la COVID-19 en 2020.

Il a réalisé une manœuvre inventée par ce dernier, le Water Mark, avec une seule jambe en bon état. Sa blessure est maintenant guérie. Il sait le travail qu’il a dû accomplir pour permettre à son corps de récupérer. Pas question pour lui de risquer la même chose avec une blessure à la tête.

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