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Nouvelle olympique

Chronique

Soccer : le Canada bat les États-Unis, presque un miracle sur gazon

Elles crient de joie.

Les joueuses de l'équipe canadienne de soccer féminin encerclent Jessica Fleming après son but d'un tir de pénalité.

Photo : Getty Images / Naomi Baker

Les Américains ont vécu leur « Miracle sur glace » à Lake Placid en 1980. Lundi soir, à Tokyo, les joueuses de soccer canadiennes sont sorties gagnantes d’un duel qui ressemblait étrangement à un miracle sur gazon.

Le Canada, qui a profité d'un tir de pénalité sorti de nulle part dans la 73e minute de jeu, a réussi à vaincre les Américaines 1-0 et ainsi à se tailler une place en finale olympique pour la toute première fois de l’histoire.

À Londres en 2012 et à Rio en 2016, les Canadiennes avaient remporté le bronze. La médaille de Londres avait toutefois eu un goût incroyablement amer parce que les Canadiennes s’étaient inclinées devant les Américaines en demi-finales en raison d’une décision extrêmement controversée d’une arbitre norvégienne.

Ce revers crève-cœur de 2012, qui a marqué au fer rouge le soccer canadien, a peut-être été vengé lundi soir.

Les Canadiennes visent encore le podium cette année. Mais en raison de leur attaque anémique, on avait de la difficulté à croire qu’elles allaient réaliser cette ambition.

Imaginez un peu : après quatre matchs à Tokyo, le Canada n’avait réussi que sept tirs cadrés! Et l’équipe se battait tout de même pour une place en finale.

*** 

Alors, où est le miracle?

Bien sûr, aucune formation n’est infaillible. Mais quand vous battez une équipe nationale qui collectionne les titres mondiaux et les finales olympiques, vous accomplissez certainement quelque chose de très particulier.

Depuis que le soccer féminin a été inscrit au programme des Jeux en 1996, les Américaines avaient participé à toutes les finales, sauf à celle de Rio. Et elles tentaient cette année de devenir la première équipe à détenir simultanément le titre mondial et la médaille d’or.

Ajoutons à cela le fait que les Américaines avaient infligé au Canada 36 défaites consécutives au cours des 20 dernières années et 5 mois. Il ne semble donc pas si exagéré que cela de tracer un parallèle avec le miracle sur glace de Lake Placid.

D’autant plus que les Américaines ont totalement dominé cette rencontre.

***

Christine Sinclair est âgée de 38 ans et a perdu de son efficacité, tandis que sa vieille complice Melissa Tancredi est retraitée. Avant le début des Jeux, avec justesse, tout le monde se demandait donc qui allait marquer des buts pour le Canada. Et cette question est restée d’actualité face aux Américaines.

Les États-Unis ont dominé 13-3 au chapitre des tirs au filet. Elles ont en plus obtenu 12 coups de pied de coin, comparativement à 5 pour le Canada. La gardienne Stephanie Labbé, impériale depuis le début du tournoi, a été sollicitée de nombreuses fois lors de la deuxième mi-temps.

Compactes en défense, les Canadiennes ont toutefois passé tout le match à redonner le ballon à leurs redoutables adversaires. En temps normal, cette mauvaise habitude se paie très cher dans un match de cette importance.

Dans la 73e minute, l’attaquante canadienne Deanne Rose a toutefois fait basculer le match en se sacrifiant sur un jeu qui semblait anodin.

Au moment où la défenseuse Tierna Davidson s’apprêtait à jouer une balle bondissante tout juste à l’intérieur de sa surface de réparation, Rose s’est servie de sa vitesse pour s’interposer entre l’Américaine et le ballon. Et Davidson, qui ne l’avait jamais vue arriver, est directement et involontairement entrée en contact avec Rose, l’empêchant ainsi de jouer le ballon.

À la reprise vidéo, l’arbitre a décrété qu’il y avait matière à donner un tir de pénalité.

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La milieu de terrain Jessie Fleming, 23 ans, a alors été désignée pour exécuter l’un des tirs de pénalité les plus importants de l’histoire de l’équipe nationale. Les astres étaient parfaitement alignés pour le Canada : la gardienne étoile des États-Unis, Alyssa Naeher, s’était blessée à un genou dans la 20e minute et avait quitté le match.

Fleming a géré ce moment avec panache en décochant un tir parfait dans le côté droit du filet. Même si elle s’est jetée du bon côté, la gardienne auxiliaire Adrianna Franch n’a rien pu faire sur ce jeu.

Les Canadiennes n’ont pas donné une grande démonstration de gestion du cadran et de contrôle du ballon après avoir pris les commandes. Mais soudainement bousculées par le temps, les Américaines ne se sont jamais remises de ce revirement de situation.

Assistera-t-on à la toute première médaille d’or de l’histoire du soccer féminin canadien jeudi à 22 h (HAE)?

Ce serait une énorme commande. Mais compte tenu de ce que les athlètes canadiennes, toutes disciplines confondues, ont accompli depuis le début des Jeux, qui pourrait s’en étonner?

Le 100 m et les nouvelles chaussures : un lien direct?

Un lecteur de Sherbrooke, Vincent Desruisseaux, se demande s’il est possible d’établir un lien clair entre les performances auxquelles on a assisté aux 100 m féminin et masculin et l’utilisation de nouvelles chaussures révolutionnaires, notamment les Air Zoom Maxfly, dont il était récemment question dans une chronique.

Ce qu’on sait pour l’instant, c’est que toutes les finalistes du 100 m portaient les chaussures de Nike et que cette finale a été la plus rapide de l’histoire des Jeux.

Six des huit sprinteuses ont franchi les 100 m en moins de 11 secondes, et la gagnante, Elaine Thompson-Herah, a battu un record olympique vieux de 33 ans avec un chrono de 10 s 61/100. On se souviendra aussi que deux mois avant les Jeux, la Jamaïcaine Shelly-Ann Fraser-Pryce avait aussi inscrit un temps de 10,63 s en portant ces chaussures et que c’était à ce moment le meilleur chrono des 33 dernières années.

Qui plus est, sept des huit finalistes du 100 m féminin ont couru sous les 11 secondes et ont produit leur meilleur chrono à vie durant les Jeux, que ce soit en finale, en demi-finales ou lors des vagues de qualifications.

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Du côté masculin, cinq des huit finalistes portaient les chaussures Nike Maxfly. Les trois qui n’en portaient pas étaient Andre De Grasse (Puma), le Sud-Africain Akani Simbine (Adidas) et le Britannique Zharnel Hughes (Adidas).

Les hommes ont formé le troisième plateau de l’histoire du 100 m olympique. Trois compétiteurs sont passés sous la barre des 9,90 s et six sous la marque des 10 s. C’est quand même remarquable, compte tenu du fait qu’on ne retrouvait pas de grandes vedettes dans cette course.

Six des huit finalistes masculins ont réussi leur meilleur chrono personnel en qualifications, en demi-finales ou en finale. Les deux seuls qui n’y sont pas parvenus étaient les deux porte-couleurs d’Adidas : Simbine et Hughes. Par contre, Simbine avait connu sa meilleure performance personnelle au début de juillet.

Au bout du compte, il est difficile de tirer des conclusions définitives sur l’apport des nouvelles chaussures. Plusieurs autres facteurs peuvent avoir influé sur les performances des athlètes.

On doit toutefois constater que l’arrivée des nouvelles chaussures coïncide avec le fait qu’un grand nombre de marques olympiques et de performances personnelles ont été améliorées dans une très courte période.

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