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Nouvelle olympique

Chronique

Combien de centièmes reste-t-il dans le chapeau d'Andre De Grasse?

Il regarde les autres coureurs à sa gauche.

Andre De Grasse

Photo : Getty Images / Cameron Spencer

On va se le dire, beaucoup de Canadiens à Tokyo étaient inquiets quant aux chances d’Andre De Grasse de faire bonne figure à la finale du 100 m cette année. Or, ces doutes se sont dissipés en 9,91 s lors des vagues de qualifications.

Médaillé de bronze à Rio, De Grasse a justement réussi à égaler le chrono qui lui avait valu cette précieuse médaille. Et ce qu’il y a de plus encourageant, c’est qu’il a enregistré ce 9,91 s, sa deuxième meilleure performance à vie, avec aisance.

De Grasse courait dans le couloir 9. Pour le voir à l’oeuvre, je m’étais déplacé presque à la hauteur de la piste, au milieu du parcours, et il a été franchement impressionnant. Aucun autre concurrent n’a connu un meilleur départ que lui.

Il a littéralement explosé des blocs et n’a jamais été vraiment menacé dans sa vague. Une bonne dizaine de mètres avant de franchir le fil d’arrivée, De Grasse s’est même permis de relâcher et de tourner le regard sur son flanc gauche pour affirmer sa supériorité à l’Américain Fred Kerley, qui courait dans le couloir 3. Ce dernier a quand même inscrit un temps de 9,97 s.

À la fin des sept vagues, De Grasse avait réussi la meilleure performance de la soirée, suivi de l’Italien Lamont Marcell Jacobs (9,94 s), de l’Américain Kerley et du Nigérian Enoch Adegoke (9,98 s).

Avant de débarquer à Tokyo, le meilleur chrono de De Grasse cette saison était de 9,99 s, ce qui le plaçait au 20e rang mondial. Il y avait notamment 12 sprinteurs américains qui avaient mieux fait que lui! Par ailleurs, ça faisait deux ans qu’il n’avait pas flirté avec le 9,90.

Je me suis entraîné pour ça durant toute l’année. On est aux Olympiques, Man! Je dois juste m’assurer de faire ressortir tous les efforts que j’ai mis avant d’arriver ici et de démontrer mon talent au moment où ça compte.

Je serai prêt pour la course de dimanche, a prévenu l’espoir de médaille canadien.

***

La question est maintenant de savoir si De Grasse pourra réellement descendre sous la barre des 9,90 au moment où ça comptera, chose qu’il n’a jamais réussie en compétition au cours de sa carrière.

Depuis les Jeux d’Athènes en 2004, le pire chrono ayant permis de décrocher une médaille d’or a été le 9,85 de l’Américain Justin Gatlin (à Athènes, justement). De Grasse a donc une lourde commande à remplir pour espérer succéder au légendaire Usain Bolt sur la plus haute marche du podium.

Cette année, il y a quatre êtres humains qui sont parvenus à franchir les 100 mètres en 9,85 secondes ou moins. Et trois d’entre eux seront en lice dimanche lors des demi-finales. Il s’agit de l’Américain Trayvon Bromell (9,77 s), du Sud-Africain Akani Simbine (9,84 s) et de l’Américain Ronnie Baker (9,85 s).

Par contre, les trois ont couru au-dessus des 10 secondes samedi dans les qualifications. Et Bromell, qui s’est présenté à Tokyo avec le titre de favori incontesté, a involontairement causé la surprise de la soirée en terminant 4e de sa vague, avec un temps de 10,05 s.

Pression? Excès de confiance? Allez-y voir. Mais de façon raisonnable, on peut s’attendre à voir Bromell ouvrir la machine pour la journée décisive.

Le Canada a vu l’un de ses sprinteurs remporter le 100 m olympique deux fois dans l’histoire, Donovan Bailey en 9,84 s à Atlanta en 1996 et Percy Williams en 1928 à Amsterdam.

Les femmes les plus rapides de l’histoire

On ne sait quel genre de performance les participants du 100 m masculin offriront dimanche, mais s’ils parviennent à s’approcher du niveau de qualité offert par les femmes, il s’agira certainement d’une très grande soirée.

La finale du 100 m féminin de Tokyo a été la plus rapide de l’histoire, rien de moins! La Jamaïcaine Elaine Thompson-Herah a abaissé un record olympique vieux de 33 ans et que six des huit participantes ont couru sous la barre des 11 s.

Thompson-Herah, qui avait aussi remporté l’or à Rio, a réalisé un époustouflant temps de 10,61 s, effaçant ainsi le record olympique (10,62 s) que Florence Griffith-Joyner avait réussi à Séoul en 1988.

Le plus incroyable, c’est que la double championne olympique se soit permis de célébrer avant de franchir le fil d’arrivée. En poussant jusqu’à la fin, elle aurait peut-être abaissé la marque mondiale de Griffith-Joyner (10,49 s).

À en juger par les félicitations glaciales qu’elle a reçues de la part de ses coéquipières Shelly-Ann Fraser-Pryce et Shericka Jackson, on peut en déduire que la rivalité est extrêmement forte dans le camp jamaïcain.

Pourtant, à l’autre bout du globe, leurs compatriotes ont dû fêter durant de très longues heures puisque Fraser-Pryce et Jackson ont complété le podium et, du même coup, un superbe balayage jamaïcain.

Au cours des 100 dernières années, épreuves masculine et féminine confondues, il est arrivé seulement deux fois que les représentants d’un même pays s’emparent des trois places du podium au 100 m. Et les deux fois, l’exploit a été réussi par les Jamaïcaines.

Elles l’avaient aussi fait à Pékin en 2008.


Natation : verra-t-on la fin de la plus longue séquence de succès de tous les temps?

Les compétitions de natation des Jeux de Tokyo prendront fin samedi soir avec l’habituel feu d’artifice que constitue la présentation des relais féminin et masculin 4 x 100 m quatre nages.

Pour les équipes nationales, décrocher une médaille dans cette épreuve constitue une ultime preuve de profondeur et d’excellence. Or, cette dernière journée à la piscine pourrait signifier la fin d’une des plus longues dominations de l’histoire du sport, toutes disciplines confondues.

Depuis que le relais 4 x 100 m quatre nages a été inscrit au programme olympique en 1960, les nageurs américains n’ont jamais été vaincus. De génération en génération, ils se sont donc transmis la médaille d’or lors des 14 Jeux olympiques auxquels ils ont participé. La seule médaille d’or qu’ils n’ont pas remportée a été celle des Jeux de Moscou, en 1980, que les États-Unis avaient boycottés.

Or, cette séquence époustouflante semble plus menacée que jamais. L’équipe masculine américaine a seulement produit le 7e chrono des qualifications. Et plusieurs experts estiment que les États-Unis auront même de la difficulté à accéder au podium.

Si on regarde ce qui s’est produit dans tous les relais présentés à Tokyo jusqu’à présent, on constate qu’un nombre de plus en plus grand de pays investissent beaucoup dans le sport de haut niveau. Leurs nageurs sont encadrés par des entraîneurs de calibre mondial, ils ont des centres d’entraînement nationaux et sont appuyés par des experts en science et en médecine du sport, souligne le directeur haute performance de Natation Canada, John Atkinson.

Il en résulte que le nombre de pays capables de remporter des médailles au relais est plus élevé que jamais. Il n’y a plus de courses faciles aux Jeux olympiques de nos jours. Le relais féminin 4 x 200 m l’a bien démontré. Nos filles ont terminé 4es. Elles ont nagé plus rapidement que n’importe quel quatuor dans l’histoire du pays et elles ont été battues par trois équipes qui ont abaissé le record du monde, ajoute-t-il.

Parmi les séquences de victoires les plus impressionnantes de l’histoire du sport, on note entre autres les 122 triomphes consécutifs (dont 107 en finale) de l’Américain Edwin Moses au 400 m haies. Cette série de victoires a duré exactement neuf ans, neuf mois et neuf jours, entre 1977 et 1987.

On se souvient aussi des 78 matchs de suite remportés par l’équipe de basketball américaine entre 2006 et 2009. Et les plus fins connaisseurs se souviendront peut-être du légendaire champion mondial de squash, Jahangir Khan, qui avait remporté 555 victoires de suite de 1981 à 1986.

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