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Nouvelle olympique

La course de 100 m vue par le photographe Bernard Brault

Bernard Brault tient un appareil photo et un trépied dans le stade olympique de Tokyo.

Le photographe Bernard Brault au stade olympique de Tokyo

Photo : Radio-Canada

Un coureur franchira la ligne d'arrivée en premier à Tokyo. Mais lequel? Usain Bolt n'est plus le roi du 100 m. Le photographe Bernard Brault est sur le qui-vive. Il devra se fier à son instinct pour avoir le bon cliché, celui du champion empli d'émotions.

Dimanche, après les présentations d'usage des sprinteurs, la photo qui fera le tour du monde sera prise autour de 8 h 53 (HAE). S'il n'y a pas de faux de départ...

La planète attend de connaître l'identité du successeur de l'homme le plus rapide du monde. Usain Bolt, le gars vêtu d'un dossard jaune, que tous les photographes avaient à l'œil dans les stades de Pékin (2008), de Londres (2012) et de Rio (2016).

Le triple champion olympique dont la mimique valait aussi de l'or si vous l'aviez en numérique.

Je m'installe un peu après la ligne d'arrivée. Le coureur va regarder le tableau indicateur à sa gauche pour voir son temps. C'est une bonne position pour saisir l'émotion parce que c'est juste après 100 mètres que ça se passe.

Une citation de :Bernard Brault, photographe de La Presse

Bernard Brault en est à ses 13es Jeux olympiques. Autrement dit, le photographe de La Presse a déjà vu neiger. Mais à Tokyo, on dira plutôt qu'il a déjà eu chaud. S'offrir la photo la plus convoitée de l'épreuve reine des Jeux est un bon défi. Les photographes sont tous dans le même fourneau.

Avant la course, je suis un peu nerveux, mais je rentre dans ma bulle et me concentre. J'ai bon espoir d'avoir une bonne photo du gagnant.

Le vainqueur du 100 m des Jeux de Tokyo pourrait être Andre De Grasse. Mais le Canadien pourrait aussi terminer loin derrière le meneur. On s'entend bien sûr qu'il ne sera pas si loin, mais il suffit de peu pour que la photo reste sur les tablettes (ou sur la carte mémoire) si le bon coureur n'est pas dans votre mire.

Le photographe Bernard Brault porte un masque derrière son appareil photo.

Bernard Brault

Photo : Jerôme Voyer-Poirier

Durant les derniers Jeux, c'était plus facile. Il fallait se concentrer sur Bolt. Cette fois-ci, il faudra bien faire ses devoirs.

Et justement, qui va la gagner cette fameuse course? Même l'expert Bruny Surin n'en est pas certain.

Jeter les dés et le gagnant sera sur l'une des six faces, dit-il.

Laquelle des faces? Celle de Brommell, Baker, Kerley, Simbine, Hugues ou De Grasse ?

Bernard Brault voudrait l'avoir dans son objectif. Sans aucun flou.

Tu t'en doutes un peu si la photo est vraiment bonne. Et avec le numérique, c'est instantané. Avant, il fallait aller faire développer le film au centre de presse pour voir si tu avais la bonne et que le foyer était bon. Avec les appareils performants d'aujourd'hui, les probabilités de rater sont assez minces.

Le photographe garde précieusement en mémoire son passage aux Jeux d'Atlanta en 1996.

L'une de mes meilleures photos olympiques est celle de la victoire de Donovan Bailey à la course de 100 m. Il était vraiment expressif. À l'époque, on utilisait le film et on faisait le focus de manière manuelle. J'étais très fier de l'avoir eue. Son expression faciale est vraiment incroyable. Et on voyait en plus son rival Frankie Fredericks en arrière-plan.

Une citation de :Bernard Brault, photographe de La Presse
Donovan Bailey crie après avoir franchi la ligne d'arrivée.

Frankie Frederiks et Donovan Bailey

Photo : Bernard Brault

L'absence de spectateur ne le dérange pas trop

J'essaie toujours d'avoir des arrière-plans assez intéressants. Aux Jeux, on ne voit aucune publicité autour des athlètes, c'est excellent pour nous. Je veux voir Tokyo 2020 ou les anneaux olympiques dans mon viseur pour bien situer l'endroit ou l'année.

Bernard Brault ne refusera jamais une affectation olympique.

C'est ce que j'aime le plus, il n'y a rien qui bat ça, les Jeux. C'est comme trois semaines au paradis.

À vos marques, prêts, faites vos photos...

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