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Nouvelle olympique

La victoire de Maude Charron fait vibrer le Bas-Saint-Laurent

Maude Charron regarde au plafond après avoir réussi une levée.

Maude Charron, de Sainte-Luce, est championne olympique en haltérophilie chez les moins de 64 kg.

Photo : Getty Images / Chris Graythen

« C’est une médaillée olympique en or, il faut qu’on se le répète pour le croire », s’exclame Claire Garon, la mère de Maude Charron, avec émotion. L’haltérophile originaire de Sainte-Luce près de Rimouski est montée, mardi, sur la plus haute marche du podium dans la catégorie des -64 kg à Tokyo, à la grande fierté de ses parents et de toute la région.

En raison des mesures sanitaires, ses parents ont dû assister à l’épreuve à distance.

La compétition les a tenus en haleine jusqu’à la dernière minute. Leur fille de 28 ans a raté son premier essai à l’épaulé-jeté, mais elle a ensuite réussi à soulever une charge de 131 kg à son troisième essai et ainsi écarté la compétition.

C’était des cris de joie et, après ça, ça s’est changé en torrent de larmes.

Une citation de :Claire Garon, mère de Maude Charron

L’athlète a soulevé une charge totale de 236 kg, devançant l’Italienne Giorgia Bordignon à 232 kg et la Chinoise de Taipei Chen Wen-huei à 230 kg.

Maude Charron pose avec sa médaille d'or olympique.

Maude Charron est la deuxième femme canadienne à remporter l'or olympique en haltérophilie après Christine Girard aux Jeux de Londres en 2012.

Photo : Getty Images / Chris Graythen

Mardi matin, le père de Maude, Jean Charron, avait du mal à croire que sa fille était non seulement une olympienne, mais également une médaillée d’or.

Maude a travaillé vraiment fort, elle est allée au-delà de ses limites, souligne-t-il, ému.

Un espoir pour les athlètes de région

Pour Claire Garon, la victoire de sa fille est une preuve que les athlètes qui choisissent de s’entraîner hors des grands centres peuvent eux aussi rêver grand.

Ce qu’il faut retenir, ce n'est pas juste ce qu’on a vu ce matin, c’est tout ce qui l’a bâtie, ajoute-t-elle.

Maude Charron soulève la barre lors de l'arraché.

Maude Charron à l'arraché.

Photo : Getty Images / Chris Graythen

Pendant la pandémie, Maude Charron s’est entraînée dans le garage de la maison familiale à Sainte-Luce, loin de son entraîneur avec qui elle communiquait par visioconférence.

Si tu me fais confiance, tu vas aller aux Olympiques

L’aventure de Maude Charron en haltérophilie a commencé il y a à peine quelques années. Son ancien entraîneur et mentor, Serge Chrétien, raconte avoir vu le potentiel en elle dès la première fois qu’il l’a rencontrée au club de CrossFit de Rimouski.

Serge Chrétien, entraîneur des haltérophiles Maude Charron et Simon Pratte de Rimouski

Serge Chrétien est l'ancien entraîneur de Maude Charron.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Un an plus tard, son entraîneur était persuadé qu’elle irait un jour aux Olympiques.

Je lui ai dit : "C’est important que tu m’écoutes : tu es une olympienne. Si tu me fais confiance, tu vas aller aux Olympiques, tu es une haltérophile."

Une citation de :Serge Chrétien, ancien entraîneur et mentor de Maude Charron

Une fois l'athlète convaincue, il était certain que rien ne pourrait arrêter Maude qui a, selon lui, une détermination à toute épreuve.

Une amie d'entraînement, Marie-Pier Gendron, raconte qu'elle n'en revenait pas quand elle a vu la performance de Maude mardi matin. J'étais comme : ben non! Elle n'a pas fait ça!, dit-elle.

C'est quelqu'un de vraiment humble. Elle ne va jamais se vanter de ses performances [...] Jamais elle ne va abandonner.

Une citation de :Marie-Pier Gendron, amie de Maude

Elle ajoute toutefois qu'elle n'a jamais douté que l'athlète était capable de réussir son dernier épaulé-jeté. Je savais que c'était des barres qu'elle faisait quotidiennement à l'entraînement, poursuit-elle.

Une femme d'exception

Le propriétaire du centre d'entraînement CF Rimouski, Benjamin Simard-Jean, se souvient de la première tentative de Maude Charron au CrossFit.

Il explique qu'à sa première séance, en 2013, elle a réussi à soulever 295 livres de poids.

Maude Charron en train de soulever un haltère.

Maude Charron s'entraînait au centre d'entraînement CF Rimouski avant la pandémie de COVID-19. (archives)

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

C'est à ce moment-là qu'on a constaté qu'elle avait un certain don, une certaine facilité avec la barre d'haltérophilie, dit Benjamin Simard-Jean.

Maude Charron a pratiqué le cirque et la gymnastique avant de s'adonner au CrossFit puis à l'haltérophilie.

Elle performe bien sous pression. Ça m'a toujours impressionné.

Une citation de :Benjamin Simard-Jean, propriétaire du CF Rimouski

Son enseignante de hautbois, au secondaire, abonde dans le même sens. Marie-Anick Arsenault avance que Maude détient une bonne capacité de concentration.

Maude, c'est une personne vraie. Elle n'essaiera pas d'être quelqu'un d'autre. Elle a fait une performance à sa hauteur. C'est une personne en or, à tous les niveaux.

Une citation de :Marie-Anick Arsenault, professeure de musique

Marie-Anick Arsenault indique aussi qu'elle était une jeune d'exception, déjà à 14 ans et qu'elle a très hâte de le revoir à son retour au Québec.

Avec les informations d'Isabelle Damphousse et de Shanelle Guérin

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