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Nouvelle olympique

Le rêve de l'équipe masculine de volleyball en train de virer au cauchemar

L'entraineur-chef de l'équipe masculine canadienne de volleyball Glenn Hoag donne des indications à ses joueurs.

Les Canadiens en ont eu plein les bras face aux Japonais à leur deuxième match du tour préliminaire des Jeux de Tokyo.

Photo : Getty Images / Toru Hanai

TOKYO – Il s’en aurait fallu d’une très grosse souris pour qu’ils puissent y passer par le trou. Disparaître, après une prestation en demi-teinte. C’est pourtant ce que semblaient souhaiter les volleyeurs canadiens quelques instants à peine après avoir subi une deuxième défaite en deux de matchs, la dernière, lundi soir à Tokyo, aux mains des Japonais.

Les géants défilaient en zone mixte, assommés, étourdis. Triste procession. On n’aurait pas voulu être dans leurs chaussures. D’abord, parce qu’on y flotterait. Bonjour les ampoules. Deuxièmement, parce qu’on le voyait bien qu’ils longeaient le mur, la tête basse, extrêmement déçus du résultat et peut-être plus encore de leur performance, ce qui fait d’autant plus mal.

Ils défilaient donc. Vigrass, Maar, Hoag, Vernon-Evans, Bann, Sanders. Le capitaine s’est arrêté.

Gord Perrin n’avait que peu d’explications pour analyser cette défaite sèche malgré les quatre manches ou il n'avait tout simplement pas le goût d’en fournir. Ce n’est pas toujours nécessaire.

C’est nul. Ça pince quand tu mets autant d’efforts et que tu n’obtiens rien, a lancé le capitaine.

Les attentes sont élevées pour cette équipe à Tokyo. Les leurs particulièrement. Ce n’est un secret pour personne, le pays veut améliorer son classement de Rio, soit une 5e place après une élimination en quarts de finale. Le Canada compte donc disputer les demi-finales et s’approcher de la médaille olympique. On ne parle pas ici d’un souhait pieux comme en entretiennent les 12 équipes présentes au Japon, mais bien d’un objectif clair et assumé.

On est ici pour gagner une médaille olympique, avait dit T.J. Sanders après le premier duel de la compétition, perdu, celui-là, en cinq manches contre les Italiens.

En pleine pandémie, l’entraîneur Glenn Hoag avait réussi à rassembler ses joueurs à Gatineau pour un stage de 10 jours l’été dernier au moment où les athlètes d’élite profitaient d’une dérogation pour s’entraîner en petits groupes.

On avait créé des sous-groupes. Ils ont fait ça avec beaucoup de maturité, tout le groupe y adhérait. C’était impressionnant, racontait Hoag avant le début du tournoi.

L’équipe va super bien. On a fait une super préparation. À tous points de vue. Je pense qu’on va jouer notre meilleur volleyball, avait-il ajouté.

Que disait Mike Tyson déjà – toutes sortes de choses pas toujours pertinentes nous direz-vous –, tout le monde a un plan jusqu’à ce qu’il se fasse frapper au visage?

Les Canadiens viennent de recevoir deux directs.

Le premier face à l’Italie, donc. Rien de déshonorant dans la défaite, plutôt dans la manière. Le Canada menait 2 manches à 0 et 13-10 dans la troisième. Le commentateur italien en train de décrire le match à quelques mètres de là parlait d’une équipe qui avait l’air complètement perdue.

Et pourtant…

Rebelote contre les Japonais. Après avoir arraché la première manche de haute lutte, le Canada n’a jamais trouvé son erre d’aller, la faute principalement à un service en perdition.

On n’a pas été capables de mettre assez de pression au service pour les déstabiliser, a expliqué Glenn Hoag.

Le contre nippon n’a inscrit que trois points, mais a poussé les Canadiens à la faute ou aux remises inoffensives. Cela a permis au Japon de rassembler l’attaque à toute allure. La vitesse, la grande force de cette équipe, d’ailleurs, a fait des ravages.

Et le petit Tomohiro Yamamoto, le libéro spécialiste de la défense, du haut de son 1,71 m (5 pi 7 po), un microbe (ok, une cigale) dans un monde pantagruélique, récupérait tous les ballons nonchalants et même les incisifs.

Le Canada avait pourtant lessivé leurs hôtes dans la Ligue mondiale quelques semaines plus tôt, un tournoi qui regroupe toutes les grandes puissances et que l’unifolié a conclu avec cinq victoires d’affilée.

La préparation semblait parfaite. Les joueurs comme l’entraîneur ont insisté là-dessus. Les Canadiens ont passé plus d’une semaine à Shiwa, une petite ville à six heures de route au nord de Tokyo, pour aiguiser leurs lames avant de rejoindre la mégalopole. L’ambiance était bon enfant. L’enthousiasme? Au rendez-vous. La confiance? Manifeste.

Lundi soir, tout ça semblait évaporé.

Le pays doit maintenant remporter, à tout le moins, deux de ses trois prochains matchs pour espérer terminer parmi les quatre premiers de son groupe et accéder aux quarts de finale. À moins d’une catastrophe, le Venezuela ne posera pas de problèmes.

Le défi sera autre face à la Pologne de Wilfredo Leon, 2e du monde, et à l’Iran, qui a justement battu le Canada en Ligue mondiale en juin.

Cela a forcé Gord Perrin à sortir la plus belle imitation d’un joueur de hockey entendu jusqu’à présent aux Jeux olympiques. Fermez les yeux, on croirait entendre la poésie de Shea Weber.

Il faut rester ensemble et être agressif. Prendre ça un point à la fois, s’en tenir au processus et y croire.

Il faudra peut-être le faire sans Nicholas Hoag en plus, le fils de l’entraîneur, l'attaquant le plus constant du douze partant jusqu’à maintenant. Le Sherbrookois s’est blessé au fessier gauche contre les Italiens et a dû attendre la troisième manche avant de faire sa véritable entrée contre les Japonais. L’on voulait le ménager.

C’était peut-être une erreur, a admis Glenn Hoag.

Il n’y a plus beaucoup de place pour ça désormais.

Nombreux avaient choisi l’équipe masculine de volleyball pour décrocher une médaille surprise à ces Jeux, dont notre sagace analyste Dominick Gauthier. Un conte hollywoodien. Ce n’est pas Cendrillon pour l’instant, mais Cruella.

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