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Nouvelle olympique

Chronique

Encore une fois, Penny Oleksiak ouvre la voie pour le Canada

Penny Oleksiak se prépare à participer à sa vague du 4 x 100 m aux Jeux olympiques de Tokyo.

Penny Oleksiak

Photo : Getty Images / Al Bello

C’était une course d’anthologie. Quelle remontée! Une autre incroyable démonstration de ténacité – et de talent – de la part des nageuses de l’équipe canadienne.

Comme elles l’avaient fait à Rio il y a cinq ans, les nageuses canadiennes ont donné le ton à leurs compatriotes dimanche matin en remportant la première médaille du Canada aux Jeux de Tokyo. Grâce à un époustouflant segment final de Penny Oleksiak, le Canada a gagné l’argent au 4 x 100 m style libre. Au Brésil, elles avaient obtenu le bronze dans cette épreuve.

Les entraîneurs canadiens avaient choisi d’utiliser, dans l’ordre, Kayla Sanchez, Maggie Mac Neil, Rebecca Smith et Oleksiak pour cette finale extrêmement relevée. Le quatuor canadien était le deuxième pour l'âge sur la ligne de départ. Sanchez a 20 ans, tandis que les trois autres sont âgées d’à peine une année de plus.

Dans le couloir no 1, voisin de celui du Canada, les Australiennes étaient trop fortes pour la compétition. Elles ont d’ailleurs abaissé le record du monde qu’elles avaient inscrit en 2018 avec un époustouflant chrono de 3 min 29 s 69/100.

D’ailleurs, ce résultat extraordinaire rassurera sans doute les esprits au sein de la délégation australienne. La natation est le sport national de ce pays. Aux derniers Jeux, les nageurs australiens avaient croulé sous la pression et cela avait soulevé un large et vif débat.

Les Canadiennes, elles, ne l’ont pas eu facile.

Elles étaient 5es après le segment de Sanchez et 6es lorsque Mac Neil a passé le relais à Rebecca Smith. Cette dernière a toutefois réussi à placer le Canada en 4e place avant qu’Oleksiak, médaillée d’or au 100 m libre à Rio, puisse entamer la portion décisive de l’épreuve.

Comme le hasard fait bien les choses, les Américaines étaient 3es à ce moment. Oleksiak s’est donc retrouvée à la poursuite de Simone Manuel, qui avait enregistré exactement le même temps qu’elle au 100 m à Rio, soit 52,70 s. Les deux jeunes femmes avaient par conséquent partagé l’or.

Cette fois, il n’y a toutefois pas eu de partage. Quand elle a touché le mur après 50 mètres, Oleksiak n’avait plus que quatre centièmes de retard sur Manuel. Et quand elle a rallié l’arrivée, la vedette canadienne avait inscrit un temps époustouflant de 52,26 s. Et parce que Manuel avait trois centièmes de retard, les Américaines ont dû se contenter du bronze.

Quelle prestation! L’irrésistible remontée d’Oleksiak rappelait justement sa médaille d’or du 100 m libre au Brésil. Elle avait littéralement explosé dans les 25 derniers mètres lorsqu’elle occupait le 5e échelon.

Mon voisin à la piscine, qui couvrait les épreuves de natation olympiques pour la première fois de sa vie, m’a avoué qu’il frissonnait encore quelques minutes après l’épreuve. Et pour cause.

Je savais que je n’allais pas toucher le mur au 3e rang. Et quand je prends une décision, je dois l’exécuter. Je voulais une médaille d’argent pour mes coéquipières, et il n’était pas question de rater cet objectif, a confié Oleksiak, après la course, au confrère Devin Heroux, de CBC.

Par le fait même, elle a mis la main sur une cinquième médaille aux Jeux d’été. Si elle devait en remporter une autre à Tokyo, elle deviendrait l’athlète canadienne la plus décorée de l’histoire.

***

Ce début fracassant des nageuses canadiennes est rassurant. En 2016, elles étaient devenues des têtes d’affiche du Canada en empochant six médailles que personne n’avait vues venir.

À Tokyo, le contexte est différent. Les Canadiens s’attendent à les voir monter sur le podium. Et, on le sait, les attentes et l’immense pression qui en découle sont souvent les pires ennemis des athlètes.

Je ne crois pas qu’on ressente plus de pression qu’à Rio. Je dirais plutôt que nos buts et nos propres attentes sont maintenant plus clairs qu’il y a cinq ans. Nous nous sommes nous-mêmes fixé des objectifs plus élevés, a dit Oleksiak en point de presse.

Même quand elles occupaient le 6e rang après 200 mètres, Kayla Sanchez a expliqué que les membres du jeune quatuor ne se sont pas vraiment senties en difficulté.

Si vous avez besoin de quelqu’un pour servir d’ancrage à votre relais, vous voulez avoir Penny dans votre équipe. Vous pouvez avoir confiance en elle plus que n’importe qui d’autre dans le monde de la natation. Avec la position que nous détenions quand elle est entrée en scène, nous étions en confiance, a plaidé Sanchez.

Oleksiak reprendra le collier lundi avec les qualifications du 200 m libre. Les qualifications au 100 m libre, son épreuve de prédilection, commenceront mercredi.

Ébahi, un Tunisien de 18 ans gagne l’or au 400 m libre

Les puissances mondiales de la natation sont extrêmement difficiles à bousculer. Mais dimanche, un Tunisien de 18 ans, Ahmed Hafnaoui, est parvenu à le faire en décrochant, à la surprise générale, la médaille d’or au 400 m style libre.

Il y a deux ans, Hafnaoui avait arrêté le chrono à 3:52,05 aux Championnats du monde juniors. Cela n’avait toutefois pas été suffisant pour atteindre la finale.

Cette fois-ci, sous les réflecteurs olympiques, il a franchi la distance en 3:43,36, ce qui lui a permis de coiffer l’Australien Jack McLoughlin et l’Américain Kieran Smith.

Celle-là, personne ne l’avait vue venir. Pas même Hafnaoui, qui a avoué ne pas en revenir d’avoir réussi à terminer 1er. Sa médaille d’or est seulement la quatrième de l’histoire en natation pour la Tunisie.

C’est incroyable. Je n’en croyais pas mes yeux quand je me suis retourné après avoir touché le mur et que j’ai vu le tableau. Sur le podium, j’ai pleuré quand ils ont fait jouer notre hymne national, a-t-il raconté.

Qui a dit que le sport n’était pas romantique?

Hafnaoui a l’intention d’aller étudier dans une université américaine l’année prochaine. Je veux devenir meilleur, a-t-il expliqué.

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