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Nouvelle olympique

Chronique

Un rare spécimen génétique, le tennis de table et Logan Mailloux

Sharone Vernon-Evans effectue un service aux Jeux de Tokyo.

Sharone Vernon-Evans

Photo : Getty Images / Toru Hanai

TOKYO – Les volleyeurs canadiens ont entrepris leur parcours olympique contre une grosse pointure, et ils ont subi une défaite crève-cœur. Mais le tournoi ne fait que commencer. En plus, ce premier match nous a permis de découvrir un jeune athlète exceptionnel : Sharone Vernon-Evans.

En 2016 à Rio, l’équipe canadienne avait terminé 5e. Grâce à son caractère et sa combativité, elle était rapidement devenue l’un des plus grands coups de cœur des Jeux. Cette année, la moitié de la sélection est de retour.

Et le légendaire entraîneur québécois Glenn Hoag, qui croyait avoir dirigé l’équipe olympique pour la dernière fois au Brésil, a repris du service parce que son successeur a dû rentrer en Europe pour des raisons familiales.

C’est presque trop beau pour être vrai.

Samedi, le Canada faisait ses débuts contre l’Italie, une équipe qui n’a jamais manqué les Jeux et qui a remporté la médaille d’argent à Rio.

Les Canadiens ont connu un excellent départ en remportant la première manche à l’arraché 28-26, puis la deuxième presque sans opposition 25-18. On croyait les Italiens cuits. Mais à compter du troisième acte, les Canadiens se sont mis à connaître des ratés au service et ont accordé sept points consécutifs. Ils ne s’en sont jamais remis.

À compter de ce moment, l’attaquant opposé italien Alessandro Michieletto a pris les choses en main. Il a enfilé 24 points dans le match, et les Azzurri sont parvenus à renverser la vapeur, à gagner les deux manches suivantes et à décrocher la victoire grâce à un score de 15-11 au bris d’égalité.

Quelques heures après ce mini-effondrement, Glenn Hoag ne semblait pas ébranlé du tout.

On a voulu aller trop vite. On contrôlait la troisième manche et on s’est mis à faire beaucoup de fautes au service. Jusque-là, on avait bien varié nos attaques et on recevait bien. On aurait dû mieux gérer cette partie du match, mais on n’a pas été capables. Je pense qu’on avait un peu de fatigue. Le premier match des Jeux est toujours un peu délicat en ce qui a trait à la nervosité, et tout, a-t-il expliqué.

Le capitaine de l’équipe, l’attaquant opposé Gordon Perrin, revenait à peine au jeu à la suite d'une blessure qui l’avait écarté de l’action pendant 10 jours.

L’entraîneur a tenté d’apporter des changements pour varier la cadence de jeu, notamment, mais les Italiens avaient désormais le vent dans les voiles et il n’y avait plus grand-chose à faire.

En fin de compte, Hoag estime que ses hommes ont joué un grand match et ont surpassé ses attentes pour leurs débuts à Tokyo.

Je leur ai dit que le tournoi ne fait que commencer, que ce n’était qu’un des cinq matchs que nous devons jouer pour aller chercher notre qualification pour les quarts de finale. Même si l'on a des regrets pour cette défaite, ce n’est pas très important. On va construire là-dessus pour ce qui s'en vient.

Une citation de :Glenn Hoag, entraîneur de l'équipe canadienne de volleyball

Parmi les choses qui lui ont particulièrement plu durant ce premier match, Hoag a noté la performance du plus jeune joueur de l’équipe, l’attaquant opposé Sharone Vernon-Evans. Le volleyeur de 22 ans fait 2,02 m (6 pi 8 po) et possède des qualités athlétiques exceptionnelles, même lorsqu’on le compare aux athlètes olympiques qui l’entourent.

Face à l’Italie, Vernon-Evans a réussi le service le plus rapide du match à 124 km/h, en plus d’inscrire 12 points. Parmi tous les joueurs des deux formations, il est celui qui a réussi le meilleur test de pointe tactile, soit 3,74 m (12,27 pi) de haut! Il s’agit d’un record national.

Durant la première moitié du match, Vernon-Evans nous a littéralement tenus sur le bout de nos sièges. Mais Glenn Hoag l’a moins utilisé par la suite parce que les Italiens s’étaient ajustés à ses attaques.

Notre groupe est expérimenté. Les gars jouent pour de gros clubs et ils ont l’habitude des gros matchs. Mais Sharone a passé toute la dernière saison dans un rôle de réserviste à Perugia (Italie) et on avait un peu peur. Là, on a clairement vu qu’il peut jouer à ce niveau contre les bonnes équipes du tournoi et on est bien contents, a indiqué le sympathique entraîneur canadien.

Le tennis de table et la planète Mars

En après-midi, je suis passé au gymnase métropolitain de Tokyo pour voir un peu de tennis de table.

Le Canadien Jeremy Hazin, qui avait obtenu sa place en simple à Tokyo à la suite du désistement d’un autre Canadien, s’est incliné quatre parties à zéro devant le Slovène Bojan Tokic. En 25 minutes, les Jeux de Hazin étaient finis. Mais je suis quand même resté deux bonnes heures pour regarder quelques matchs.

On a notamment vu un vieux de la vieille, Panagiotis Gionis, se farcir en quatre parties un Serbe qui prenait part à ses premiers Jeux. Le Grec de 41 ans joue sur la scène internationale depuis 1997. Aux Championnats du monde, il a failli se qualifier une fois pour les quarts de finale. Ça donne une idée de la férocité de la compétition! Samedi, Gionis a mystifié son adversaire en multipliant les revers coupés.

J’ai aussi vu une talentueuse Suédoise de 21 ans, Christine Kaellberg, s’effondrer douloureusement après avoir pris une avance de trois parties à zéro contre Jieni Shao, une intimidante Portugaise qui criait sa vie après chaque point.

Ceux qui ont l’habitude de lire mes chroniques de hockey vont probablement sourire en lisant cela, mais depuis que j’ai assisté à mes premiers matchs de tennis de table à Athènes en 2004, je trouve ce sport fort intéressant.

***

Au Canada, peu de gens considèrent le tennis de table comme un vrai sport de compétition. Nous avons pourtant une fédération qui organise des tournois, qui encadre ses joueurs élites et qui chapeaute des programmes sports-études.

Tout cela n’est rien en comparaison avec l’Asie, et plus particulièrement la Chine, où ce sport est presque une religion.

Le site média de Tokyo-2020 indique d’ailleurs que la finale masculine des mondiaux de 2019 a été l’événement sportif le plus regardé en Chine, avec 41 millions de téléspectateurs. Ce match suscitait autant d’intérêt parce qu’un Suédois, Mattias Falk, affrontait le champion chinois Ma Long. Et Falk, qui a subi la défaite, était un peu considéré comme un Martien parce qu’il était le premier joueur non asiatique à atteindre la finale depuis… 2003.

Depuis que le tennis de table est devenu un sport olympique aux Jeux de Séoul en 1988, les Chinois ont remporté 28 médailles d’or sur une possibilité de 32 (87,5 %). Toujours selon le site des Jeux, il s’agit de la plus grande domination olympique, tous sports confondus.

Sur les quatre médailles d’or qui ont échappé aux Chinois, trois ont été gagnées par des Coréens. Et une seule a été obtenue par un Occidental, le Suédois Jan-Ove Waldner, à Barcelone, en 1992.

Ces dernières années, une dizaine d'astromobiles ont quitté la Terre et ont réussi à se poser sur la planète Mars. Mais seulement un athlète occidental est parvenu à remporter un titre olympique en tennis de table. C’est quand même incroyable!

Le classement mondial de 2021 est dominé par trois Chinois : Fan Zhendong, Xu Xin et Ma Long. 

Si vous avez envie de jeter un coup d’œil, les gros canons vont faire leur entrée dans le tournoi à compter de lundi. Qui sait, on assistera peut-être à un miracle.

Le Canadien et Logan Mailloux

Les collègues du pupitre m’ont demandé si j’avais l’intention de produire une chronique pour commenter le fait que le Canadien de Montréal ait sélectionné le défenseur Logan Mailloux au premier tour du repêchage de la LNH.

Eh bien non. Je vais passer mon tour parce que les Jeux sont plus importants et aussi parce que j’ai écrit exactement ce que je pensais de ce genre d’histoires il y a huit mois.

Je crois en la réhabilitation, tout simplement.

Beaucoup de gens commettent d’énormes imbécillités durant leur jeunesse et ce n’est certainement pas aux médias ni aux détenteurs de comptes sur les médias sociaux de déterminer les peines qu’ils doivent encourir.

Si vous avez l'occasion de lire cette chronique, vous y trouverez des exemples intéressants de gens qui ont commis des erreurs épouvantables et qui sont ensuite devenus des modèles dans le monde du hockey.

Mailloux a été puni pour son comportement odieux. Ce n’est pas en le bannissant de la LNH qu’on l’aidera à devenir un meilleur citoyen.

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