•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Nouvelle olympique

Chronique

Cérémonie d’ouverture : beaucoup de messages perdus

Ils sont illuminés au milieu du stade.

Les anneaux olympiques sont mis en évidence durant la cérémonie d'ouverture des Jeux de Tokyo.

Photo : Getty Images / Laurence Griffiths

La cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques est habituellement grandiose, extrêmement festive et parfois même émouvante. Mais, pandémie oblige, les Jeux de Tokyo ont été lancés dans une tout autre atmosphère vendredi soir.

Il y a cinq ans à Rio, les Brésiliens avaient raconté leur histoire et partagé leurs préoccupations écologiques sous les rythmes endiablés de la samba.

À Londres, en 2012, les Britanniques avaient célébré leur riche culture populaire et attiré 900 millions de téléspectateurs du monde entier. On avait même eu droit à James Bond!

Puis en 2008, à Pékin, les Chinois avaient claqué plus de 100 millions de dollars et mobilisé plus de 15 000 figurants pour célébrer de façon grandiose leur marche millénaire et leur passage à la modernité.

Minimaliste et, disons, introspective, la cérémonie d’ouverture des Jeux de Tokyo n’a rien été de tout cela.

***

Au lieu d’opter pour un récit historique et de souligner leurs accomplissements à gros traits, les concepteurs sont allés ailleurs. Ils ont plutôt choisi, avec une touche traditionaliste, d’exprimer de la gratitude et de l’admiration aux citoyens du monde pour les incroyables efforts et la persévérance démontrés durant la dernière année.

Toutefois, les scènes jouées dans l’immense enceinte du stade olympique, par un minimum d’artistes et de figurants, manquaient de vie et transmettaient peu d’émotions. Aussi, à moins d’avoir lu le cahier de préparation de la cérémonie, il était parfois difficile de saisir le message que l’on cherchait à transmettre.

La qualité des enceintes acoustiques du stade tokyoïte, pourtant rénové au coût de quelque 1,75 milliard de dollars, laisse par ailleurs grandement à désirer. Les interventions du maître de cérémonie et les paroles des chansons étaient inintelligibles.

À la fin, des artistes provenant de tous les continents se sont relayés dans l’interprétation de la chanson universellement connue Imagine, de John Lennon et de Yoko Ono. C’était censé être le moment fort de la soirée, pendant qu’un majestueux vol de dizaines de drones reproduisait la Terre au-dessus du stade. Le son caverneux a malheureusement grandement atténué la magie du moment.

En fait, le son était tellement médiocre que si Thomas Bach avait annoncé l’annulation des Jeux durant son discours, ils auraient eu lieu quand même parce que personne ne l’aurait compris!

Et comme si ce n’était pas suffisant, de nombreux et bruyants manifestants s’étaient rassemblés devant le stade pour protester contre la présentation des Jeux, comme la région de Tokyo se trouve toujours en état d’urgence sanitaire. Leurs slogans hostiles, audibles dans l’enceinte, se sont souvent entremêlés aux sobres présentations artistiques qui ont précédé le défilé des athlètes.

Heureusement, pourrait-on dire, cette cérémonie d’ouverture était avant tout un spectacle conçu pour la télévision. Et ces irritants étaient sans doute moins perceptibles devant le petit écran.

Au bout du compte, il ne faut toutefois pas en tenir rigueur aux hôtes de ces étranges Jeux, qui sont organisés dans un contexte extrêmement difficile. Le fait que les compétitions se mettent officiellement en branle samedi relève déjà de l’exploit. 

Au lieu d’être accueillis par les clameurs de 80 000 spectateurs, les athlètes ont eu droit à une immense haie d’honneur dressée d’un bout à l’autre du stade. Des figurants ont chaleureusement applaudi, célébré et salué chaque délégation à son entrée.

Une majorité de pays, dont le Canada, ont choisi de faire porter leur drapeau par un homme et une femme. Un heureux signe des temps. Certains pays musulmans ont aussi emboîté le pas.

Par ailleurs, afin de respecter les règles de distanciation physique et de minimiser les risques de contamination, la quasi-totalité des comités nationaux ont décidé de faire participer un nombre restreint d’athlètes à la cérémonie. Les Canadiens étaient une trentaine, soit un peu plus de 10 % de la délégation totale.

D’autres pays, comme l’Allemagne, l’Italie et la Chine, ont présenté des groupes plus imposants. Pour leur part, les Américains et les Japonais ont carrément donné l’impression de ne pas avoir reçu le message en permettant à quelques centaines de leurs athlètes de participer à la fête.

Étant donné les strictes mesures sanitaires imposées aux visiteurs durant ces Jeux, la taille de la délégation japonaise était fort étonnante.

***

Mais bon. Nous ne sommes pas venus à Tokyo pour les cérémonies ni pour vérifier la qualité des micros et des haut-parleurs nippons.

Place au sport maintenant! Vivement. Finalement, ce sont toujours les athlètes et leurs exploits qui marquent les esprits et qui perpétuent le rêve olympique.

Ils auront beaucoup à faire cette année. 

À ne pas manquer