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Une miraculée dans l’équipe canadienne de softball

La lanceuse Sara Groenewegen a été plongée dans le coma pendant 11 jours en 2018.

Une joueuse de softball s'élance pour envoyer la balle au marbre.

La lanceuse Sara Groenewegen lors des Jeux panaméricains, à Lima, en 2019

Photo : Getty Images / Leonardo Fernandez

Radio-Canada

Chaque athlète qui participe aux Jeux olympiques a une histoire d’entêtement et de résilience à raconter. Mais la joueuse canadienne de softball Sara Groenewegen peut s’estimer encore plus chanceuse que d’autres d’être à Tokyo.

La lanceuse de 26 ans a flirté avec la mort il y a trois ans. Ça fait peur de voir à quel point la vie peut changer rapidement, raconte la jeune femme.

Groenewegen se trouvait en Colombie-Britannique avec ses coéquipières, en juillet 2018, en vue d’un tournoi de qualification olympique, lorsqu’elle a commencé à faire de la fièvre et à souffrir de maux de dos. Elle s’est réveillée deux semaines plus tard.

Je n’avais aucune idée de ce qui s’était passé. Je n’avais aucun souvenir, explique l’athlète.

Les médecins ont eu de la difficulté à comprendre le mal qui affectait la joueuse, diabétique de type 1. Sa pompe à insuline s’était brisée quelques jours avant et le taux de sucre dans son sang était très élevé. Son état s’est détérioré rapidement.

Elle fait sa motion au monticule.

La lanceuse de l'équipe canadienne Sara Groenewegen

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

Alors qu’on la croyait simplement malade, en moins de 72 heures, on pensait que Sara pourrait mourir, mentionne son entraîneur, Mark Smith.

Sara Groenewegen a d’abord reçu un diagnostic d’infection de la vessie, mais les antibiotiques qu’on lui a prescrits n'ont eu aucun effet. C’est alors qu’elle a commencé à souffrir d’une toux incessante qui l’empêchait de respirer. Son corps donnait des signaux alarmants.

Les médecins me donnaient seulement 3 % de chances de survie, explique-t-elle, heureuse d’être toujours en vie après 11 jours dans le coma.

Pendant cette période éprouvante, l’athlète olympique était branchée à 15 tubes qui la gardaient en vie.

La maladie du légionnaire

Groenewegen souffrait finalement de la maladie du légionnaire, une forme rare de pneumonie.

Elle ne saura peut-être jamais avec certitude comment elle l'a contractée, mais elle pense que le système d’air climatisé d’un hôtel où elle a séjourné avec l’équipe canadienne, en Californie, quelques jours avant, est en cause. Le virus legionella se répand souvent dans l'air par des gouttelettes qui contiennent la bactérie.

Une joueuse de softball se fait traiter par une soigneuse pour une petite blessure au coude.

Sara Groenewegen lors des Jeux panaméricains, à Toronto, en 2015

Photo : Getty Images / Harry How

Pendant que Groenewegen était sous la supervision continue du personnel médical, ses coéquipières tentaient de se qualifier pour les Jeux olympiques sans leur meilleure lanceuse.

J’étais en contact avec son père presque chaque jour. Je voulais rassurer les joueuses sur sa condition, dit l’entraîneur Smith. Il y a eu beaucoup de larmes lors d’une réunion d’équipe. Nous ne savions presque rien.

Une athlète qui n’abandonne pas

Alors que ses amies de la formation canadienne se faisaient du sang de cochon et s'inquiétaient pour elle, il n’a jamais été question d’abandonner.

Sara Groenewegen s’est réveillée et s’est rendu compte qu’elle avait perdu presque deux semaines de sa vie pendant lesquelles le Canada avait raté une première occasion de se qualifier pour Tokyo.

Je me souviens que j’ai essayé de me lever et que la douleur était terrible, dit-elle. C’était intense et j’ai réalisé que ce serait une longue bataille. Je ne pouvais même pas marcher alors, et je peinais à m’asseoir dans mon lit.

L’objectif de revenir aider ses coéquipières motivait la jeune femme à récupérer le plus vite possible. Elle a obtenu son congé de l’hôpital deux semaines après être sortie du coma et était de retour sur le terrain seulement six mois plus tard, à temps pour le camp de l’équipe nationale.

Elle pose devant les anneaux olympiques au Japon avant le début du tournoi. Les joueuses portent un chandail blanc avec le nom du Canada.

L'équipe canadienne de softball

Photo : Twitter / Softball Canada

Tout le monde qui connaît Sara n'est pas surpris de la bataille qu’elle a livrée contre la maladie. Elle est indépendante et entêtée, mentionne son entraîneur, qui a pu compter sur sa lanceuse étoile aux Jeux panaméricains de 2019.

Groenewegen a d’ailleurs lancé un match parfait, le premier du Canada dans l’histoire de la compétition, à Lima, au Pérou. Trois mois plus tard, elle a aidé le pays à obtenir sa qualification olympique à Surrey, en Colombie-Britannique, au même endroit où son cauchemar avait commencé.

Se qualifier sur le même terrain… tu parles d’une façon de boucler la boucle, lance Groenewegen.

C’est remarquable, dit son entraîneur. Elle pourrait ne plus être avec nous.

Elle est bien là, parmi les 15 joueuses d’une équipe qui tentera de remporter l’or olympique dans les prochains jours. L’histoire de la joueuse apporte une énergie supplémentaire à la formation.

C’est plaisant de servir d’inspiration aux joueuses. J’ai un parcours spécial et je suis fébrile de fouler le terrain à ces Jeux. Nous voulons terminer le travail et faire l’histoire, conclut une athlète confiante, qui a déjà affronté un adversaire bien plus sournois.

(D'après un texte de Devin Heroux, de CBC Sports)

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