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Nouvelle olympique

Cannabis : l'Agence antidopage américaine souhaite un adoucissement des règles

L'homme dans la cinquantaine entretient une conversation.

Travis Tygart, président de l’USADA

Photo : Reuters / DENIS BALIBOUSE

Reuters

L’Agence antidopage américaine (USADA) souhaite des règles plus flexibles pour les athlètes qui ont reçu un résultat positif au cannabis.

La Maison-Blanche aurait également demandé à rencontrer des représentants de l’Agence mondiale antidopage (AMA) pour discuter d'un assouplissement des restrictions en place.

Le débat sur l’usage du cannabis par des athlètes a été relancé au début du mois parce que la sprinteuse américaine Sha’Carri Richardson a échoué à un test antidopage, en raison de traces de cannabis décelées dans son organisme.

La coureuse de 21 ans, qui était considérée comme la favorite pour remporter le 100 m aux Jeux olympiques de Tokyo, a été suspendue un mois. Le temps qu’elle avait enregistré aux essais olympiques, au moment où l’échantillon d’urine a été prélevé, a donc été invalidé.

La Fédération américaine d’athlétisme a également décidé de ne pas l’inclure dans son équipe du 4 x 100 m, préférant offrir les postes disponibles à des athlètes sans tache à leur dossier.

Richardson avait précisé qu’elle consommait du cannabis depuis le décès de sa mère.

La suspension a suscité un élan de sympathie, notamment du président Joe Biden. Le Financial Times rapporte aussi que la Maison-Blanche souhaite une révision des règles antidopage.

Changement de ton

Depuis plus d’une décennie, l’USADA adopte une ligne dure envers les athlètes qui consomment du cannabis, insistant pour que cette drogue demeure sur la liste noire de l’AMA.

Dans une lettre adressée vendredi aux membres du Congrès Jamie Raskin et Alexandria Ocasio-Cortez, le président de l’USADA, Travis Tygart, a déclaré qu’il avait préconisé des règles plus souples et plus équitables pour lutter contre l’utilisation de la marijuana par les athlètes.

L’AMA, cependant, a dit à Reuters qu’en ce qui concerne le cannabis, l’USADA a adopté une ligne dure.

Les soumissions de l’USADA au groupe d’experts sur la liste des interdictions ont constamment incité au fil des ans à maintenir le cannabis sur la liste des interdictions.

« Depuis 2004, et pas plus tard qu’en 2021, l’USADA a sans exception insisté pour que le cannabis reste sur la liste. »

— Une citation de  L'Agence mondiale antidopage

En 2014, un comité de l’AMA avait proposé d’augmenter le seuil de tolérance face au cannabis.

L’USADA avait rejeté catégoriquement cette proposition, selon l’AMA.

L’USADA a également noté dans sa lettre aux membres du Congrès que, bien que la tendance actuelle soit à la légalisation de la marijuana, de nombreuses personnes dans le monde la considèrent toujours comme une drogue illégale et l’argument selon lequel le cannabis n’a aucun avantage pour l’amélioration des performances dans le sport n’est pas universellement accepté.

En 2017, une analyse du Journal of Science and Medicine in Sport portant sur 15 études a conclu que la consommation de cannabis n’améliorait pas les performances sportives.

L’Agence antidopage américaine a mentionné à Reuters qu’elle considérait défectueuse sur les plans éthique, scientifique et procédural, et n’était pas dans le meilleur intérêt des athlètes, l'approche de l'AMA en la matière.

Nos commentaires scientifiques annuels à l’AMA se sont également concentrés sur les tests de salive ou de sang, et non sur l’approche actuelle des tests d’urine mandatés par l’AMA, pour garantir que ceux qui peuvent choisir de consommer légalement de la marijuana hors compétition, ce qui est autorisé par les règles, ne sont pas pris et punis par le système, et pour garantir également que ceux qui l'utilisent à des fins dangereuses ou compétitives soient tenus responsables, a dit Matthew Fedoruk, directeur scientifique de l’USADA, dans courriel envoyé à Reuters.

Après une course, elle pointe du doigt.

Sha'Carri Richardson

Photo : Getty Images / Andy Lyons

L’USADA a ajouté que les tests d’urine actuels ne détectent pas de manière adéquate la consommation de marijuana le jour d'une épreuve, ce qui est interdit, mais peuvent capturer son utilisation avant la compétition, ce qui peut prendre des jours ou plus avant que l’athlète concoure.

Les fluides oraux ou un test sanguin représentent en fait de meilleurs indicateurs pour déterminer l’utilisation le jour de la compétition et pour ne pas capturer l’utilisation les jours avant la compétition, a mentionné l’USADA.

L’AMA supervise la liste des substances interdites depuis 2004. Auparavant, elle relevait de la responsabilité du Comité international olympique.