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Chronique

Qui sera porte-drapeau du Canada à Tokyo?

La lutteuse en rouge regarde la foule après son combat.

Erica Wiebe

Photo : Getty Images / Julian Finney

À quelques jours d’une cérémonie d’ouverture olympique, il y a toujours des débats animés sur qui devrait être le porte-drapeau du Canada.

Nous savons qu’il n’y aura pas de spectateurs dans le stade à Tokyo, et on doit aussi se demander combien il y aura de participants au défilé des athlètes. Avec cette chaleur extrême, l’impact sur le niveau d’énergie est majeur. Même si le stade est équipé de huit brumisateurs et de 185 énormes ventilateurs, mis à part les porte-drapeaux, je ne peux pas croire qu’un seul athlète se pointera au stade le soir du 23 juillet.

Et croyez-moi, la sélection du porte-drapeau sera comme une partie de patate chaude, personne n’en voudra. Mais comme on ne peut pas sélectionner un entraîneur ou un chef de mission pour ce rôle, quelqu’un devra le faire. Alors qui?

De toute évidence, on devra choisir un athlète de la première semaine de compétitions, car dans ces conditions, on n’imagine pas un athlète se rendre à Tokyo pour porter le drapeau et ensuite retourner ailleurs au Japon pour continuer sa préparation.

OK, je plonge. Si on choisit parmi les médaillés d’or de Rio (Rosie MacLennan, Derek Drouin, Penny Oleksiak et Erica Wiebe), la seule vraie option serait la lutteuse Erica Wiebe, en action à la fin de la première semaine. MacLennan a porté le drapeau à l’ouverture de Rio, tandis qu’Oleksiak l’a fait à la fermeture. Et, malheureusement, Derek Drouin ne s’est pas qualifié pour Tokyo.

Erica est un très bon choix, car non seulement elle est championne olympique, elle est un modèle et une meneuse extraordinaire. Elle ne craint jamais d’utiliser sa notoriété pour se lever devant des injustices ou pour faire avancer des causes qui lui tiennent à cœur. En plus, la voir grimper sur les épaules de son entraîneur à la suite de sa grande victoire a été l’une des images fortes de Rio en 2016.

On peut aussi se tourner vers ceux qui dominent leur sport depuis des années sans avoir gagné l’or olympique. Dans cette optique, il ne fait aucun doute que Christine Sinclair doit être prise en considération. Elle joue le lendemain de la cérémonie d’ouverture contre le Chili, elle pourrait prendre ce risque selon moi, mais le match de l’équipe de soccer féminin est à Sapporo. Donc, j’élimine Sinclair de mes prédictions.

En 2021, je ne pense plus qu’une médaille d’or soit un préalable pour ce rôle. Il faut donc pousser la réflexion un peu plus loin. On doit se demander quel athlète a eu le plus d’impact par ses actions ou a une histoire inspirante. Voilà pourquoi je crois que la boxeuse Mandy Bujold et la basketteuse Kim Gaucher seront des choix de premier ordre pour le Comité olympique canadien. Deux athlètes mères ayant défendu leur cause avec brio devant un CIO qui n’avait pas trop le choix de fléchir s’il voulait continuer à se proclamer grand défenseur de l’équité des genres et de l’inclusion.

Elle s'accroupit pendant un match.

La basketteuse Kim Gaucher aux Jeux de Rio, en 2016

Photo : Associated Press / Jessica Hill

Et n’oublions pas que la chef de mission, Marnie McBean, a son mot à dire dans la sélection du porte-drapeau. Cette triple médaillée d’or olympique aime la victoire, et elle a à cœur les causes sociales comme l’équité pour les femmes. Pour toutes ces raisons, je n’ai plus aucun doute, Bujold ou Gaucher sera choisie!

Pourquoi pas deux?

Attendez, on peut aussi choisir deux porte-drapeaux, un homme et une femme, parce que le CIO veut tout faire pour promouvoir l’équité des genres. Une idée un peu loufoque, diront certains, et j’avoue m’être posé la question. Vraiment? Est-ce que cela fera avancer la cause? Pour bien répondre à cette question, nous devons enlever notre chapeau de Canadien et penser à ces pays où cette équité est loin d’être valorisée. Ça lancerait un message fort.

Le Canada se veut un chef de file en matière d’équité, donc je pense que nous devrons montrer l’exemple et avoir un homme qui se joindra à Kim ou à Mandy (mes choix personnels). Damian Warner? Non, il est en piste le dernier jour des Jeux. Andre De Grasse? Je doute qu’il modifie son horaire pour venir porter le drapeau.

Alors quel athlète a une histoire hors du commun? Facile, mon vote va à Brent Hayden, médaillé de bronze à Londres en 2012 dans l’épreuve reine en natation, le 100 m libre. À 37 ans, retraité du sport de 2012 à 2019, il en sera à ses quatrièmes Jeux olympiques en 17 ans (l’âge de plusieurs nageurs à Tokyo). Il est qualifié et compétitif, et il sera sur le bloc de départ du 50 m libre le 30 juillet. Bref, le choix parfait!

Il lève le pouce droit dans la piscine.

Brent Hayden aux Jeux du Commonwealth en 2010

Photo : Getty Images / Daniel Berehulak

Quant à l’autre cérémonie, de clôture, étant donné que les athlètes doivent quitter le Japon tout au plus 48 heures après leur performance, il ne restera que quelques dizaines d’athlètes canadiens pour y participer. Je vous prédis tout de suite que notre porte-drapeau sera Laurence Vincent Lapointe, Katie Vincent ou Damian Warner.

Si l’une des deux canoéistes gagne deux médailles d’or (en C-1 et en C-2), elle sera choisie, mais si elles ne gagnent qu’une seule médaille d’or et que Damian Warner remporte le décathlon, le dieu du stade sera notre fier porte-drapeau.

Faites vos mises.

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