•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Nouvelle olympique

Chronique

Les erreurs les plus fréquentes des athlètes avant les Jeux olympiques

Les anneaux olympiques, installés à Tokyo, devant plusieurs arbres.

Les Jeux seront tenus à Tokyo pour une deuxième fois dans l'histoire olympique, après le rendez-vous de 1964.

Photo : Getty Images / Yuichi Yamazaki

À quelques semaines de l’ouverture des Jeux olympiques de Tokyo, nous entrons dans la période la plus anxiogène et fragile pour les athlètes. On ne peut plus rien faire pour gagner les Jeux, on peut seulement les perdre. Pour reprendre une expression anglaise, « le gâteau est cuit ».

Voici mon top 3 des erreurs les plus fréquentes à l’approche des Jeux.


1. En faire trop

À l’approche de la plus grande compétition de notre vie, une erreur commune est de vouloir faire plus, faire un petit sprint final. C’est une fausse croyance, car nous savons très bien que même un marathon, ça ne se gagne pas avec un sprint final .

Le marathon parfait se court à un rythme constant. L’athlète s’effondre à 42,196 km, soit 1 m après le fil d’arrivée.

Solution

Il faut suivre le plan des entraîneurs, mais pas nécessairement à la lettre. On doit écouter son corps et adapter son horaire au besoin. Le plus important est d’arriver à Tokyo frais et dispo.

Cela ne veut pas dire de ne plus s’entraîner et dormir toute la journée, mais je vous le jure, la répétition de plus, elle est plus dommageable que bénéfique. Avec le stress qui augmente, il devient plus difficile de bien récupérer. Donc, même si l’athlète est bien préparé mentalement, il aura inévitablement des moments de doute qui puiseront dans la banque énergétique.


2. Être trop concentré

On entend souvent que pour livrer une performance ultime, l’athlète doit être dans la zone ou encore dans sa bulle. Nous avons assez parlé de bulle dans la dernière année, alors parlons de zone. Il est impossible d’y être constamment sans perdre un niveau considérable d’énergie.

Solution

Il faut entrer et sortir de la zone et y passer le minimum de temps possible durant un entraînement physique ou mental. Ceci veut simplement dire de ne pas penser tout le temps aux Olympiques et ne pas constamment se projeter dans le futur.

Lorsqu’on fait une flexion de jambes, on fait une flexion de jambes, et non pas une prise de judo lors de notre finale à Tokyo.


3. Être trop sérieux

Je me demande pourquoi on pense encore qu’il faut être si sérieux pour devenir le meilleur du monde dans quelque chose. Peut-être parce que l’athlète olympique a souvent grandi en s’inspirant d’images d’athlètes aux allures de guerriers vikings prêts à envahir un petit village côtier. Pourtant, quoi de plus intimidant qu’un Usain Bolt qui sourit sur la ligne de départ?

Solution

L’idée n’est pas de devenir des bouffons, mais on doit trouver le moyen de se détendre et de faire des activités qui nous remplissent d’énergie positive. Idéalement, on passe un peu de temps avec des amis ou des proches qui nous sortent de la réalité olympique. Bon, avec la COVID, même si doublement vacciné, disons que je ne prendrais aucun risque à quelques jours des Jeux, mais il est quand même possible de se distraire un peu.


Ces trois erreurs entrent dans la catégorie des éléments contrôlables. Là où ça se complique, c’est avec l’autre catégorie, ce que nous ne contrôlons pas : blessures, maladies, retards, imprévus, etc.

L’athlète doit tout mettre ça de côté et rester calme, peu importe ce qui arrive. Si vous manquez votre correspondance à Dubaï en route vers Tokyo, allez à l’hôtel et prenez le prochain vol sans paniquer. C’est la panique qui tue à l’approche des Olympiques.


Maintenant que tous les athlètes canadiens auront lu mon blogue et donc ne commettront pas ces erreurs (!), je dois vous dire que l’équipe canadienne me semble plus forte en 2021 qu’elle l’était en 2020. Cette année additionnelle semble avoir été bénéfique.

Comment se classera le Canada dans le tableau des médailles? Impossible à prédire, surtout avec cette dernière année qui a été vécue différemment d’un coin à l’autre de la planète. N’oubliez pas aussi que la récolte à Rio, en 2016, n’aurait pas été la même sans Andre De Grasse et cette jeune nageuse inconnue de l’époque.

Oui, il y a de jeunes inconnues qui sortiront de l’ombre encore une fois, mais au point de gagner quatre médailles comme l’a fait Penny Oleksiak, j’en doute. Je peux par contre vous dire qu’il y a de nombreux signes positifs dans la préparation de la délégation canadienne et que les chances de médailles se répartissent dans plusieurs sports.

Il y a aussi un nombre extraordinaire d’équipes qualifiées pour Tokyo (huit au moment d’écrire ces lignes) qui apporteront beaucoup d’énergie positive dans le clan canadien au village olympique.

L’autre bonne nouvelle est que dans les deux sports qui représentent 25 % des 339 médailles d’or qui seront remises à Tokyo, la natation (37) et l’athlétisme (48), le Canada semble être en très bonne position.

Je pense cependant qu’il y a beaucoup trop d’attentes envers la jeune nageuse de 14 ans qui a fait fureur aux essais olympiques, Summer McIntosh. La pauvre, avant même son baptême olympique, on en parle comme de la prochaine Penny. Une grande partie du succès de Penny vient justement du fait qu’elle échappait aux radars, ce qui lui a permis de se préparer pour Rio sans aucune distraction et pression additionnelle. Même si elle avait terminé quatre fois 4e, ça aurait été un énorme succès.

Malheureusement pour Summer McIntosh, revenir de Tokyo sans médaille serait un échec, selon les experts. Pas évident pour une jeune de 14 ans.

Je suis plus généreux que la prédiction du réputé site Gracenote pour le nombre de médailles d’or du Canada. On en prédit que 4, mais je pense qu’il pourrait égaler son record de 7 établi à Barcelone en 1992 (il y en avait eu 10 à Los Angeles en 1984, mais il manquait 14 pays du bloc de l’Est).

Je ne partagerai pas les noms qui me viennent en tête, car je ne veux pas nuire aux performances de qui que ce soit. Disons simplement que j’ai une banque de 11 noms pour qui je pense que l’or est une possibilité si les astres s’alignent, ce qui est énorme.


La chaleur

La chaleur sera un facteur majeur aux Jeux. L’Ouest canadien a vécu le genre de température que nous aurons sûrement à Tokyo. Pour l’avoir vécu, je peux vous dire qu’à 41 degrés Celsius pendant cinq jours consécutifs, juste l’idée de sortir de la voiture pour aller faire l’épicerie est épuisante. J’étais complètement vidé et bon à rien pendant ces journées de canicule extrême. Nos athlètes vivront cela pendant leur séjour à Tokyo.

Même ceux qui pratiquent des sports intérieurs seront affectés par cette chaleur accablante. Heureusement, plusieurs stratégies et technologies ont été mises en place pour limiter l’impact négatif sur la performance. Mais de passer la journée avec une veste de glace n’est pas vraiment réaliste non plus.

Ils devront donc se reposer le plus possible dans les endroits climatisés et éviter les files d’attente à l’extérieur, ce qui est un exploit en soi pendant des Jeux olympiques.

À ne pas manquer