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Nouvelle olympique

Jessica Guo, fleuron de l'escrime canadien au « potentiel incroyable »

Elle tient son masque d'escrime dans sa main gauche et pose son autre main sur son épaule droite.

L'Ontarienne Jessica Guo gravit les échelons au fleuret à la vitesse grand V.

Photo : Fédération canadienne d'escrime

L'équipe canadienne d'escrime compte dans ses rangs un phénomène qui, à 16 ans, participera aux Jeux de Tokyo. Sans complexe, Jessica Guo repousse les limites depuis ses premiers coups de fleuret, et elle ambitionne de faire de même aux Olympiques pour inscrire son nom dans l'histoire.

Pour son baptême olympique, l’adolescente lorgne une place sur le podium, tant de manière individuelle qu’à l’épreuve par équipe. Son aisance à rapidement s’adapter à l'adversaire pendant les duels lui a permis de franchir les étapes à grande vitesse, souligne la 15e fleurettiste mondiale.

Elle croit toujours qu'elle peut gagner. Elle a une confiance qui est au même niveau que ses qualités physiques. Déjà, elle peut faire n'importe quoi. Dans le monde de l'escrime, elle est nouvelle. À Tokyo, ce sera nouveau pour tout le monde. On s'attend à de bonnes choses et peut-être une belle petite surprise à l'épreuve individuelle de Jessica.

Une citation de :Paul Apsimon, entraîneur-chef de l'équipe canadienne de fleuret féminin

Le défi s’annonce colossal. Jamais un athlète canadien n’a mis le grappin sur une médaille en escrime, de l’épée au sabre, en passant par le fleuret. Sauf que Jessica Guo est un talent précoce, qui a intégré la formation nationale senior à l'âge minimal de 13 ans.

La jeune prodige a confirmé les grands espoirs à son endroit peu après sa nomination. Dès sa première compétition en Coupe du monde, tenue en novembre 2018, l'Ontarienne a surpassé les attentes en se hissant jusqu'au 21e échelon à Alger.

La première performance signature de Jessica Guo, stoppée aux portes des huitièmes de finale avec sept victoires en poche, a montré qu'elle avait un potentiel incroyable, affirme Paul Apsimon.

Eleanor Harvey et Jessica Guo croisent le fleuret en demi-finales des Jeux panaméricains de Lima.

Eleanor Harvey et Jessica Guo croisent le fleuret en demi-finales des Jeux panaméricains de Lima, remportées par la seconde par un score de 14-12.

Photo : Getty Images / Ernesto Benavides

Parmi la crème internationale

Malgré son jeune âge, Jessica Guo est déjà la représentante de l’unifolié la mieux classée à l’échelle mondiale. Elle fait figure d'exception aux côtés de collègues bien plus expérimentées.

Bien ancrée au 15e rang, la Torontoise est la seule fleurettiste de moins de 18 ans parmi le top 160 et l'une des 3 athlètes dans le top 60 n’ayant pas encore atteint leur 20e anniversaire. Un fait d'armes incroyable, selon son entraîneur. Rappelons que la principale intéressée a soufflé ses 16 bougies le 23 juin dernier.

Le statut de benjamine du tournoi olympique de fleuret à Tokyo reviendra à Jessica Guo. Rien pour l'ébranler.

Je suis si jeune, et je sais que j'ai encore bien du temps pour travailler et améliorer mes habiletés. Donc, il n'y a pas vraiment de pression, je fais simplement de mon mieux en pratiquant l'escrime.

Une citation de :Jessica Guo, fleurettiste

Elle peut surprendre. C'est certain qu'elle manquera un peu d'expérience, mais ce sera un gros avantage pour elle d'arriver aux Jeux totalement relâchée, poursuit l'instructeur de la formation nationale.

Jessica Guo a laissé son empreinte sur plusieurs compétitions d’envergure, en commençant par la paire de médailles d’argent (solo, équipe) obtenue aux Jeux panaméricains de Lima en 2019. Sans oublier l'étonnante 13e place acquise la même année aux mondiaux seniors de Budapest.

C'était vraiment satisfaisant de finalement remporter une médaille pour le pays. Après y avoir goûté, j'en veux plus, je veux retrouver ce sentiment et représenter mon pays à nouveau, explique l'athlète par excellence d'Escrime Canada en 2019, couronnée dans les catégories junior et senior.

Tout récemment, au début du printemps, celle qui aspire à une carrière professionnelle en médecine a été sacrée championne du monde des cadettes (U-17) et s’est hissée sur la troisième marche du podium des mondiaux juniors (U-20) au Caire.

Les fleurettistes Eleanor Harvey et Jessica Guo se tapent dans la main.

Eleanor Harvey (gauche) et Jessica Guo (droite) ont mis la main sur des médailles d'argent et de bronze à l'épreuve individuelle de fleuret lors de l'édition 2019 des Panaméricains.

Photo : Équipe Canada

Sa partenaire Eleanor Harvey tentera de transposer ses succès de Rio à Tokyo. En 2016, elle avait réalisé la meilleure performance canadienne de l’histoire en escrime en terminant au 7e échelon.

L’Ontarienne de 26 ans avait été freinée en quarts de finale, non sans réussir un tour de force au tour précédent. Elle s’était imposée devant la 1re fleurettiste du monde, l’Italienne Arianna Errigo, médaillée d’or (équipe) et d’argent (solo) quatre ans auparavant à Londres.

D'ailleurs, Eleanor Harvey occupait la 6e position au classement international avant qu'une blessure la force à l'inactivité et la fasse dégringoler. Elle pointe désormais au 23e rang. Une coriace adversaire que les têtes d'affiche espèrent éviter tôt dans la compétition.

Retour attendu des Canadiennes

Ensemble, Jessica Guo et Eleanor Harvey ont permis au pays de renouer avec l’épreuve de fleuret par équipe pour une première fois depuis les Jeux de Sydney en 2000.

Accompagnées de Kelleigh Ryan, elles tenteront avant tout d'offrir une première victoire à la sélection unifoliée, incapable de briser la glace en neuf confrontations aux Olympiques.

Rendement à l'épreuve par équipe aux JO :

  • Jeux de Montréal (1976) : 0-2
  • Jeux de Los Angeles (1984) : 0-2
  • Jeux de Séoul (1988) : 0-2
  • Jeux de Barcelone (1992) : 0-2
  • Jeux de Sydney (2000) : 0-1

Les résultats enregistrés aux mondiaux durant le cycle olympique donnent espoir à Paul Apsimon que ce premier plateau sera accompli au pays du Soleil levant, voire davantage. Le Canada a conclu en 6e place de 2017 à 2019, défaisant au moins deux nations par compétition.

On est dans une bonne position pour améliorer cette performance et continuer avec cette équipe générationnelle. On n'a pas un grand public d'escrime au Canada, alors d'avoir ce groupe d'athlètes ensemble, toutes en même temps, c'est vraiment spécial.

Une citation de :Paul Apsimon, entraîneur-chef de l'équipe canadienne de fleuret féminin

On a montré dans les dernières années qu'il n'y a aucune équipe au monde qu'on ne peut pas battre. On a gagné contre chaque équipe, sauf l'Italie, indique l'entraîneur-chef de la formation féminine, convaincu que ses protégées sont de légitimes prétendantes au podium japonais.

En attendant la médaille olympique, le fleuret canadien récolte les premiers fruits d'un programme de développement mis sur pied en 2009 par Paul Apsimon, au sein duquel se sont épanouies Jessica Guo et Eleanor Harvey.

Escrimeurs canadiens qualifiés aux JO de Tokyo :

Épée

  • Marc-Antoine Blais-Bélanger

Fleuret

  • Alex Cai
  • Jessica Guo
  • Eleanor Harvey
  • Kelleigh Ryan
  • Eli Schenkel
  • Maximilien Van Haaster

Sabre

  • Shaul Gordon
  • Gabriella Page

(Avec les informations de Diane Sauvé)

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