Une illustration montre un jeune personnage qui s'exclame. Une bulle avec des points d'exclamation la pointe. Elle porte des lunettes, un chandail avec un motif d'éclair, des jeans troués et des souliers de style Converse. À côté d'elle se trouve une illustration de 4 dominos, dont 2 sont en train de tomber. Sur le dernier domino, il y a le drapeau de l'Ukraine.

Guerre en Ukraine : l’effet domino

Publié le 11 août 2022

Un texte de Lina Heckenast

Le précieux blé de l’Ukraine

L’Ukraine est un des plus importants exportateurs de blé au monde. Elle est même surnommée le panier à pain de l’Europe . C’est aussi un pays où on cultive beaucoup de maïs, d’huile végétale et d’orge. Beaucoup de pays, comme le Yémen, l’Indonésie et l’Égypte, dépendent de l’Ukraine pour s’approvisionner en blé.

Mais la guerre perturbe tout ça…

La production agricole en Ukraine a été affectée par la guerre. L’exportation des produits agricoles aussi. Jusqu’au mois dernier, des bateaux russes empêchaient les cargaisons de céréales de quitter les ports ukrainiens de la mer Noire pour se rendre à leur destination.

La Russie est aussi un pays exportateur important de produits agricoles. C’est même le pays qui exporte le plus de blé au monde! Malgré la guerre, la Russie n’a pas cessé d’exporter son blé.

L’Ukraine, qui alimente une grande partie de l’Europe, a dû revoir sa façon de faire. Des nouvelles voies d’exportations ont été ouvertes pour atténuer les conséquences de la guerre. Des cargaisons de différentes céréales ont pu se rendre en Europe par train, par camion et même par bateau.

Une illustration d'une carte des pays situés près de la mer Noire. L'Ukraine, la Russie et la Turquie sont identifiées. Dans la mer Noire, une illustration de 5 bateaux. Une flèche montre que les bateaux passent de la mer Noire à la mer Méditerranée en utilisant le Bosphore.

Les navires qui quiteront l'Ukraine devront d'abord s'arrêter en Turquie, où ils seront inspectés.

Photo : Radio-Canada / Léa Priou

Une nouvelle entente

Pour assurer l’exportation de céréales, une entente entre la Russie, l’Ukraine, la Turquie et les Nations unies a été signée. Malgré cette entente, la Russie a bombardé un port important à Odessa, en Ukraine. Le 1er août dernier, une cargaison de 26 000 tonnes de maïs a tout de même pu quitter l’Ukraine pour la Turquie.

Des pays en danger

Plusieurs régions du monde étaient déjà vulnérables à la famine, notamment à cause de phénomènes naturels tels que des sécheresses et des inondations. C’est le cas de certains pays de l’Afrique de l’Est, de l’Asie du Sud et de l’Amérique du Sud.

En danger pourquoi?

À l’heure actuelle, la demande pour la nourriture est plus grande que l’offre, comme la production est ralentie. Les prix ont donc énormément augmenté.

Même s’ils ne font pas directement affaire avec l’Ukraine, certains pays moins riches ne peuvent pas se permettre d’importer assez de nourriture pour leurs habitants. Des pays comme le Sri Lanka ou le Soudan n’ont pas les moyens d’importer suffisamment de nourriture pour leur population.

Et même dans certains pays où l’agriculture est très importante, comme en Argentine, l’augmentation des prix de la nourriture fait en sorte que la population peine à se nourrir.

Le Razoni navigue le Bosphore, un détroit. Dans le haut de l'image se trouve une partie de la ville d'Istanbul, en Turquie.

Le Razoni a quitté le port d’Odessa le 1er août pour se rendre à Mersin, une ville portuaire de la Turquie.

Photo : Associated Press / Emrah Gurel

Risque de famine

L’UNICEF a prévenu que la guerre pourrait l’empêcher de nourrir les enfants atteints de malnutrition sévère. Les aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (ATPE), que l’UNICEF utilise, sont composés d’ingrédients dont les prix ont beaucoup augmenté.

Des anciennes nouvelles céréales

Pour certains, la crise alimentaire actuelle est l’occasion de réfléchir à de nouvelles solutions agricoles. Certaines céréales, dites patrimoniales ou anciennes, comme le millet, le kernza et l’amidonnier sauvage, sont plus résistantes à différents types de climats et poussent même dans des sols moins fertiles. Des experts croient qu’en favorisant une agriculture adaptée au climat de chaque région, on pourrait plus facilement combattre l’insécurité alimentaire.

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