Samian est sur le plateau d'On va se le dire.

Le rappeur anichinabé Samian exclu d’un festival

Publié le 4 mars 2022

Le Festival international de la chanson de Granby a refusé la participation du rappeur Samian à son édition 2022. L’artiste, membre de la Première Nation Abitibiwinni, située en Abitibi, écrit à la fois en français et en anishinaabemowin.

En français, s’il vous plaît 

L’artiste anichinabé s’est fait exclure du Festival international de la chanson de Granby (FICG) après avoir refusé la consigne du festival de chanter au moins 80 % de son spectacle en français. Le dernier album de Samian, Nikomo, est presque entièrement en anishinaabemowin, une langue algonquienne. 

Une langue étrangère? 

Dans un texte publié sur Facebook lundi, Samian a annoncé la nouvelle de son exclusion. Il s’est également questionné sur le choix d’exclure les langues autochtones du festival.Est-ce qu’encore, en 2022, les langues autochtones doivent être considérées comme des langues étrangères?  a-t-il écrit. 

Importance du français 

Le FICG a réagi mardi, également à travers une publication Facebook. La mission du Festival étant de faire la promotion de la chanson francophone, il privilégie des spectacles qui se déroulent en français. Le Festival a expliqué avoir invité le rappeur puisqu’il a écrit des chansons dans les deux langues. 

Pourquoi 80 % en français? 

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’existe pas de minimum de chansons francophones pour obtenir des subventions du gouvernement du Québec. Selon la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), c’est le festival qui a choisi d’imposer des contraintes aux artistes. 

Des vagues dans le monde culturel 

Dans un communiqué diffusé mardi, l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) s’est dite consternée par l’exclusion de Samian du Festival. Le chef de l’APNQL, Ghislain Picard, a déclaré que la position de la FICG privilégie le français au détriment des langues premières des peuples autochtones .

Les langues autochtones menacées 

En 2022, l’Organisation des Nations unies (ONU) a lancé la Décennie internationale des langues autochtones , une initiative qui vise à faire revivre et à protéger ces langues. Selon l’ONU, deux langues autochtones disparaissent chaque mois en moyenne. Au Canada, plus des deux tiers des quelque 70 langues autochtones sont considérées comme menacées. 

Une place dans les festivals 

D’autres événements consacrés à la chanson francophone ont fait une place pour les langues autochtones dans leur programmation. C’est notamment le cas des Francouvertes, un concours de musique à Montréal. Depuis l’année dernière, les langues autochtones sont acceptées au même titre que le français. 

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