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Benoît Kanape est à l'extérieur, près d'un camion.

La station Uapishka des Innus en face de l’œil du Québec

La station Uapishka, située devant le réservoir Manicouagan, accueille de plus en plus de touristes et de scientifiques. Elle est aussi prisée des Innus, qui sont nombreux à y travailler et à y transmettre leur culture. Portrait d’un lieu emblématique autochtone en face de l’œil du Québec.

Hiver comme en été, le bâtiment principal de la station Uapishka offre une vue appréciée par plusieurs du paysage de l’astroblème de Manicouagan, surnommé l'œil du Québec.

Vue d'une fenêtre du deuxième étage de la station.

Le deuxième étage du bâtiment principal de la station Uapishka offre une belle vue sur le réservoir Manicouagan.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

À l’entrée même de ce bâtiment est affichée la raison d’être principale du lieu.

La mission de la station est la recherche, la culture innue et l’écotourisme, résume en quelques mots le responsable du service à la clientèle de la station Uapishka, John Ferguson.

Des affiches sur un mur.

« La station Uapishka a pour mission de stimuler l’acquisition de connaissances scientifiques et du savoir traditionnel, de mettre en valeur le territoire par le tourisme et de favoriser l'occupation contemporaine du Nitassinan », peut-on lire à l'entrée de la station.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

John Ferguson est l’un des rares employés allochtones. Essentiellement, ce sont des Innus qui travaillent ici. Nous sommes deux ou trois allochtones, dont moi, dit-il.

John Ferguson est devant un bureau à l'intérieur.

John Ferguson est un allochtone qui travaille à la station Uapishka depuis environ trois ans. Originaire de Sept-Îles, il partage maintenant son temps entre Québec et la Côte-Nord.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Selon le secrétaire exécutif de la station Uapishka, Jean-Philippe Messier, 80 % de la quinzaine d’employés sont Innus.

Benoît Kanape est l’un d’entre eux. Originaire de Pessamit, il s’occupe de l’entretien extérieur du terrain.

Je raconte mes histoires à mes invités, les touristes qui viennent d’un peu partout. Ici, je suis dans mon élément. Je suis dans le territoire ancestral du Nitassinan, explique-t-il en entrevue devant son camion.

Une carte indiquant l'emplacement de la station Uapishka.

La station Uapishka est située à environ cinq heures de voiture de Baie-Comeau, sur la Côte-Nord. Il faut prendre la route 389 pour y accéder.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

M. Kanape considère que son lieu de travail, la station Uapishka, est un lieu de transmission de la culture innue.

J’adore transmettre notre culture aux touristes, leur rappeler qu’on est là dans le territoire et qu’on existe. En venant ici, les touristes connaissent beaucoup mieux notre culture.

Une citation de Benoît Kanape, employé à la station Uapishka
Benoît Kanape porte une tuque.

Cet Innu de Pessamit a d’ailleurs participé l’année dernière à l’expédition Uapishka, où 17 personnes ont parcouru 42 km en raquettes.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Un nouveau belvédère à venir

On veut que les différentes clientèles qui fréquentent la station aient compris quelque chose de la culture innue. Il y a présence de vocabulaire innu dans la station, il y a des photos à connotation historique, mais on veut aller encore plus loin, indique Jean-Philippe Messier.

La station Uapishka souhaite redonner davantage de visibilité à l’histoire des Innus qui ont occupé le territoire.

Pour ce faire, on envisage l’aménagement d’un nouveau sentier d’interprétation et d’un campement qui devrait avoir lieu d’ici les trois prochaines années.

Un belvédère pour afficher la présence innue dans l’œil du Québec doit d’ailleurs ouvrir au public d’ici cet été.

Le belvédère s’inscrit dans une approche de sécurisation culturelle. On veut donner une identité innue à l'ensemble de la station Uapishka.

Une citation de Jean-Philippe Messier, secrétaire administratif de la station Uapishka
Un croquis du futur belvédère.

Rappelant le teueikan, le tambour utilisé anciennement pour communiquer avec les esprits, le belvédère va offrir une vue sur le lac-réservoir et va permettre de mieux comprendre l’impact de la construction du barrage Manic-5 sur les paysages naturels et culturels.

Photo : Gracieuseté de Marilène Blain-Sabourin

Au-delà de l’activité d'accueil de la station Uapishka, le site est aussi devenu un élément structurant pour tout l’arrière-pays de la Manicouagan, indique Jean-Philippe Messier. La station fait aussi office de base de surveillance du territoire. La station a aussi un rôle à jouer pour la sécurité et pour la gestion des aires protégées.

La station n’est pas reliée au réseau de la société Hydro-Québec. Une quarantaine de panneaux solaires alimentent notamment les installations, qui sont autosuffisantes. Jean-Philippe Messier estime que la station fonctionne environ à 80 % à l’énergie renouvelable.

Des panneaux solaires durant l'hiver.

La station Uapishka possède une quarantaine de panneaux solaires comme ceux-ci.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Dans les phases à venir du système de production d’énergie, on a l’éolien qui devrait intervenir. On va ajouter deux éoliennes au système dans les 12 à 24 prochains mois, ajoute-t-il.

La station Uapishka enregistre près de 3000 nuitées réservées par année.

M. Messier précise que la communauté de Pessamit détient environ 51 % des actifs de la station Uapishka.

J’invite tout le monde à venir nous visiter, surtout les gens de Pessamit, lance à la blague Benoît Kanape.

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