Environnement : voici ce que réclament 113 000 utilisateurs de la Boussole électorale

L’environnement a dépassé l’économie comme première préoccupation des électeurs. Mais si la majorité des utilisateurs de la Boussole souhaite un gouvernement plus écologiste, tous ne s’entendent pas sur les mesures à prendre.

Par Mélanie Meloche-HolubowskiCliquez pour obtenir les coordonnées du journaliste.
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et Naël ShiabCliquez pour obtenir les coordonnées du journaliste.
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20 septembre 2019

Nous avons analysé et pondéré les réponses de 113 575 utilisateurs de la Boussole électorale, créée par Vox Pop Labs. Chaque cercle représente 1 personne sur 100.

Les trois quarts des utilisateurs souhaitent que le Canada s’efforce de réduire davantage les gaz à effet de serre (GES).

Cet enjeu est plus important pour les électrices. 9 femmes sur 10 réclament plus d’interventions pour réduire les GES, comparativement à 7 hommes sur 10.

Le portrait se nuance quand on compare les provinces.

Dans les provinces atlantiques, au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique, de 8 à 9 personnes sur 10 souhaitent que le prochain gouvernement fournisse plus d’efforts. Le résultat est sensiblement le même au Manitoba et en Saskatchewan.

En revanche, les Albertains sont plus divisés : 6 utilisateurs sur 10 souhaitent davantage d’efforts de la part du gouvernement. Fait à noter, ce souhait s'inscrit à contre-courant des actions du gouvernement provincial qui a récemment aboli le plafond d’émissions de GES.

La prise de position des utilisateurs de la Boussole se cristallise particulièrement en fonction de leur intention de vote.

En ce qui concerne ceux qui songent à voter pour le Nouveau parti démocratique (NPD), le Bloc québécois et le Parti vert, il est très important d'intensifier les mesures de réduction des GES. C’est également le cas à l'égard de ceux qui penchent vers le Parti libéral, bien qu’une poignée d’entre eux préfèrent le statu quo.

Cependant, c’est l’inverse quant à ceux qui pensent voter pour le Parti conservateur ou le Parti populaire. La majorité d'entre eux réclame une diminution des efforts gouvernementaux ou aucun changement.

En ce début de campagne, il reste toutefois encore de nombreux indécis. 1 utilisateur sur 6 n’a pas encore fait son choix, mais souhaite que le Canada renforce sa lutte contre les GES. Ces électeurs, très prisés par les partis, seront donc très sensibles aux promesses des uns et des autres au regard de la cause environnementale.

En avril, le gouvernement a imposé une taxe fédérale sur le carbone aux provinces et aux territoires qui n’en avaient pas, soit l’Ontario, le Nouveau-Brunswick, le Manitoba, le Yukon, le Nunavut et la Saskatchewan. La majorité des utilisateurs au pays approuvent cette taxe, mais un tiers de la population s’y oppose malgré tout.

Le niveau d’éducation semble influer sur la prise de position. Les utilisateurs qui n'ont aucun diplôme et ceux qui ont un diplôme collégial sont les plus récalcitrants de tous à l’idée d’imposer un système de tarification du carbone aux provinces.

La grogne se concentre dans les Prairies, où la moitié des utilisateurs de la Boussole se dit contre ce système de tarification. En Alberta, une taxe provinciale sur le carbone avait été mise en place, mais le premier ministre Jason Kenney l’a abolie à son arrivée au pouvoir. Si les libéraux sont réélus, la taxe fédérale s’appliquera à cette province à compter du 1er janvier 2020.

En Ontario, le premier ministre Doug Ford livre lui aussi un combat féroce contre cette taxe fédérale, qu’il conteste devant la Cour suprême. Et pourtant, les deux tiers des utilisateurs ontariens sont d’accord pour qu’Ottawa force toutes les provinces à adopter une taxe carbone.

Dans les provinces atlantiques, la majorité approuve l’idée d’une taxe imposée par le fédéral. Par contre, le tiers des utilisateurs n’en veut pas. Le Nouveau-Brunswick est l’une des provinces qui sont forcées par Ottawa à adopter le système.

Au Québec, où une taxe carbone existe depuis 2007, la majorité veut que les autres provinces soient contraintes d’adopter un système de tarification du carbone. Même constat en Colombie-Britannique.

Sans surprise, cette question polarise les électeurs. Une écrasante majorité des gens qui penchent vers le Parti libéral, le Bloc québécois, le NPD et le Parti vert réclame une taxe carbone pour toutes les provinces.

Ceux qui s’y opposent ont plutôt l’intention de voter pour le Parti conservateur ou le Parti populaire.

Les utilisateurs de la Boussole ont aussi été appelés à prendre position quant à l'aide accordée à l’industrie pétrolière. Un peu plus d’une personne sur deux souhaite que le gouvernement fédéral réduise son appui à ce secteur. Mais une sur cinq réclame tout de même plus d’assistance gouvernementale à ces entreprises.

Quand on compare la répartition entre les provinces, il n’y a qu’en Alberta où la moitié des utilisateurs pensent que l’industrie pétrolière devrait bénéficier davantage de soutien du gouvernement. Le pétrole est un revenu crucial pour les Albertains.

La position des utilisateurs sur cet enjeu varie selon leur intention de vote. La majorité de ceux qui appuient les conservateurs est en faveur d’un rehaussement du soutien fédéral.

À l’inverse, la majorité des utilisateurs qui pensent voter pour le Parti libéral, le Bloc québécois, le Parti vert ou le NPD souhaitent une diminution de l'aide accordée.

L’enjeu des déchets plastiques a fait les manchettes ces derniers mois. À cet égard, peu importe l’âge, le niveau d’éducation, le revenu et le genre, la majorité des utilisateurs souhaite que le gouvernement bannisse les plastiques à usage unique, comme les sacs d’épicerie, les pailles et autres.

Si vous n'avez pas encore participé à la Boussole électorale, il n'est pas trop tard pour le faire!

Méthodologie

Les données se basent sur les réponses à la Boussole électorale, un projet de Vox Pop Labs, en partenariat avec Radio-Canada. Vox Pop Labs est une équipe non partisane qui regroupe des politologues et des statisticiens.

La Boussole électorale n’est pas un sondage. Les utilisateurs ne sont pas présélectionnés. Les données, collectées du 10 septembre au 18 septembre 2019, ont été pondérées de manière à les rapprocher de celles d’un échantillon représentatif de la population réelle, selon les données du recensement et d’autres estimations démographiques.

Mélanie Meloche-Holubowski journaliste, Naël Shiab journaliste de données, Melanie Julien chef de pupitre, Francis Lamontagne designer.