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Hausse inquiétante du nombre de surdoses chez les Six Nations de l’Ontario

Le taux de mortalité lié aux opioïdes chez les membres des Premières Nations de l'Ontario est sept fois plus élevé que chez les non-Autochtones.

Une pancarte annonçant le nom d'une Première Nation.

La communauté des Six Nations de Grand River est la plus grande Première Nation du Canada en termes de population, avec plus de 12 000 personnes vivant sur le territoire.

Photo : CBC / Bobby Hristova

Radio-Canada

Les membres des Six Nations de Grand River, en Ontario, subissent de plein fouet les impacts de la drogue, alors que les surdoses ont augmenté dans la communauté au cours des derniers mois.

Les services de santé des Six Nations ont d’ailleurs confirmé qu'il y avait eu un sommet de surdoses dans la communauté Haudenosaunee près de Hamilton, mais n'ont pas pu confirmer le type de drogue responsable en attendant les résultats des tests.

Dans une déclaration envoyée par courriel, les services de santé ont toutefois précisé que des drogues comme le fentanyl sont connues pour circuler dans la communauté.

Selon Darren Montour, chef de la police des Six Nations, les traumatismes intergénérationnels, les trafiquants de drogue qui poussent à la consommation de drogues plus dures et la pandémie sont autant de facteurs qui contribuent à cette situation.

Il explique que lorsqu'il a commencé à travailler comme officier dans la communauté il y a 31 ans, il voyait surtout de la marijuana dans la communauté, mais qu'au cours des 20 dernières années, la consommation de crack, de cocaïne et plus récemment de méthamphétamine, de fentanyl et de carfentanil s'est amplifiée.

Je peux vous dire que les appels en matière de santé mentale sont en hausse, comme dans tous les autres services de police du pays, déclare M. Montour.

Un homme la tête baissée.

Darren Montour est le chef du Service de police des Six Nations.

Photo : CBC / Samantha Craggs

Selon le chef de police, les trafiquants de drogue préfèrent cibler des communautés plus petites pour le profit qu'ils en tirent.

C'est un problème qui touche toutes les communautés, et les trafiquants le savent bien puisqu'ils doublent ou triplent parfois leur argent lorsqu'ils se rendent dans le nord et vendent la drogue aux communautés autochtones.

Une citation de Darren Montour, chef de la police des Six Nations

D’après un récent rapport des organismes Chiefs of Ontario et de l'Ontario Drug Policy Research Network, les visites à l'hôpital pour traiter les cas de toxicité liée aux opioïdes chez les membres des Premières Nations de la province ont doublé en 2021 et le taux de décès liés aux opioïdes a presque triplé par rapport à 2019.

En 2021, le taux de décès liés aux opioïdes chez les membres des Premières Nations de l'Ontario était sept fois plus élevé que chez les non-Autochtones.

Dans une déclaration rendue publique, la cheffe des Six Nations, Sherri-Lyn Hill, affirme que la priorité absolue des dirigeants demeure la santé et le bien-être de la communauté, et qu'ils continueront à protéger la population contre les dangers de la drogue.

Elle ajoute qu'une minute de silence a d’ailleurs été observée lors de la réunion du conseil général de novembre pour les personnes perdues dans la communauté.

Impact sur la famille

Jake, le fils de 47 ans de Roberta Hill, est mort d'une surdose l'été dernier. La mère explique que son fils a déjà eu très tôt des démêlés avec la justice, mais elle pense qu'il y a une raison plus profonde qui expliquerait son comportement.

Je crois qu'il y a toujours une raison sous-jacente pour laquelle ils se comportent mal et font les choses qu'ils font et que nous ne regardons pas en tant que parents, indique Roberta Hill.

Un homme sourire aux lèvres.

Jake Hill est mort d'une surdose l'été dernier. Il avait 47 ans.

Photo : Roberta Hill

Son fils aurait subi de mauvais traitements lorsqu’il a fréquenté le pensionnat de jour pour Autochtones. Elle a appris cette histoire le jour où il a décidé de déposer une demande d'indemnisation auprès de l'Office fédéral des pensionnats externes pour Autochtones.

Mme Hill se souvient qu'il avait documenté un incident survenu en cinquième année, lorsqu'il avait quitté sa classe sans permission pour aller aux toilettes et que l'enseignante l'avait attrapé et traîné par l'oreille pour le ramener dans la classe, le pantalon encore baissé.

À l'âge de 18 ou 19 ans, sa mère l'a poussé à trouver un emploi. Pendant ses heures de travail, Jake a subi une lésion de la moelle épinière qui a nécessité une intervention chirurgicale et on lui a prescrit du Percocet et de l'OxyContin. Il ne s'en est jamais remis, car il était toujours sous l'emprise d'analgésiques, souligne la mère.

Jake a reçu un règlement financier à la suite de son accident du travail et, à ce moment-là, Mme Hill dit qu'elle avait vu son fils décliner, précisant qu'il avait dépensé l'argent du règlement de l'accident en drogues et le décrit comme étant sans ressources.

Il s'est ensuite rendu à la clinique des Six Nations pour se désintoxiquer, poursuit Mme Hill, mais il n'a pas réussi à vaincre sa dépendance.

Lorsqu'il a reçu l'argent du programme fédéral d'externat, soit 150 000 $, Mme Hill mentionne qu'il l'a perdu en l'espace de six mois. Puis il a disparu pendant quatre jours.

Lorsque Mme Hill a appris qu'une personne non identifiée avait été retrouvée morte le long de la rivière, elle a immédiatement su qu'il s'agissait de son fils. Les personnes qui se droguent ne veulent pas souffrir. Elles veulent se sentir mieux, conclut-elle.

D’après un texte de Candace Maracle, de CBC Indigenous

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