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Un Mohawk se fait éjecter d’une succursale de la SAAQ parce qu’il ne parle pas français

Xavier Dearhouse debout pose pour la caméra.

Xavier Dearhouse est membre de la communauté autochtone de Kahnawake.

Photo : Xavier Dearhouse

Xavier Dearhouse dénonce avoir subi un traitement raciste à la succursale de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) de Salaberry-de-Valleyfield du fait qu’il ne parle pas français.

Le jeune Mohawk de 20 ans, membre de la communauté de Kahnawake, est convaincu d’avoir vécu un préjudice parce qu’il est Autochtone. J’attendais assis à l’accueil de la succursale pour prendre un rendez-vous pour mon examen de conduite, raconte-t-il en entrevue, le souffle court encore sous le choc.

Quand est venu mon tour après une heure d’attente, on me parlait en français. Je leur ai dit que je ne comprenais pas le français et si c’était donc possible de me servir en anglais.

Le jeune homme s’est présenté à la succursale le 10 novembre. Il explique que l’employée de la SAAQ a alors refusé de lui répondre en anglais. Elle m'a pointé du doigt une pancarte accrochée sur le mur. Comme je ne comprends pas le français. Je lui ai répondu que je ne pouvais pas comprendre ce qui était écrit sur cette pancarte.

Au Québec, il est possible dans un certain cas d’être servi en anglais dans les sociétés d’État. La Loi sur la langue officielle et commune de la province prévoit d’ailleurs des exceptions pour certaines populations, notamment les Autochtones.

Xavier Dearhouse dit pourtant avoir bien répété plusieurs fois qu’il était membre d’une Première Nation, mais rien n’y a fait, on lui a refusé tout service en anglais. À chaque fois que j’essayais de m’expliquer, on me disait "non" et "non". Quelques minutes plus tard, l’employé a demandé à l’agent de sécurité de me mettre dehors de la succursale.

J’ai demandé si une autre personne pouvait me servir, car je savais qu’il y avait d’autres employés qui pouvaient parler anglais pour les avoir entendus dire quelques mots. Mais dès qu’ils ont vu que je venais de Kahnawake, j’ai constaté une fermeture de leur part.

Une citation de Xavier Dearhouse

Il précise avoir toutefois payé 40 $ afin de réserver son examen de conduite, procédure qui coûte 31 $. Il n’a finalement pu récupérer ni le reçu ni sa monnaie. Ils ont pris l’argent et on m’a dit de quitter la succursale. Je dois donc payer à nouveau un examen de conduite et retourner dans une autre succursale.

La SAAQ défend son personnel

Dans un échange de courriels, la SAAQ a confirmé être au fait de l’incident à la succursale de Salaberry-de-Valleyfield. L’organisme défend toutefois son employé, affirmant que l’attitude de M. Dearhouse a nécessité l'intervention d’un agent se sécurité. Le client a refusé de se calmer et de demeurer respectueux envers la préposée, a écrit la porte-parole Geneviève Côté.

Le Mohawk réfute ces allégations. Il affirme au contraire que c’est lui qui a été victime d’une injustice liée à son identité. Oui, j’étais en colère, mais je n’ai jamais été violent ni irrespectueux. Les Autochtones devraient être autorisés à parler les langues qu’ils comprennent, ajoute-t-il.

Il se dit également peiné de la réaction des autres clients présents ce jour-là dans la succursale. Personne n’est venu m’aider ou me soutenir, souffle-t-il. Il y a un homme qui m’a dit que si je n’étais pas capable de m’exprimer en français, alors je ferais mieux de quitter les lieux.

Xavier Dearhouse affirme avoir eu le soutien de sa communauté. C’est la première fois que je vis une telle expérience, mais je sais que ce ne sera probablement pas la dernière. Le rejet envers les Autochtones est malheureusement toujours présent dans notre société.

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