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Joséphine Bacon en campagne de sensibilisation à la Charte des droits et libertés

Les trois intervenantes sur le plateau de tournage, à Montréal.

Joséphine Bacon entourée de Nadine Vollant (à gauche) et de Suzanne Arpin (à droite).

Photo : Radio-Canada

Joséphine Bacon contribuera à faire rayonner la Charte des droits et libertés de la personne dans les communautés autochtones. La femme de lettres innue a participé à un tournage à Montréal, jeudi, dont certains extraits d'entrevues serviront à une campagne de sensibilisation lancée sur diverses plateformes en juin.

Bien que la Charte soit essentielle au bien-être général, elle n'est pas pour autant facile à comprendre, reconnaît la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse au Québec, à l'origine de l'initiative.

Dans le studio de tournage, à Hochelaga, Mme Bacon s'est entretenue de justice, de droits et de concepts innus avec Suzanne Arpin, vice-présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, qui a siégé à la commission Viens, et avec Nadine Vollant, membre innue de la même commission.

La Commission des droits de la personne a récemment travaillé à la simplification et à la traduction en six langues autochtones de ce document juridique d'une trentaine de pages, qui peut paraître abscons pour certains.

L’Assemblée nationale l'a adoptée en 1975 à l’unanimité; il s'agit d'une loi fondamentale qui protège les droits à la vie, à l’intégrité et à la liberté, le droit à l’égalité, mais aussi les droits politiques, judiciaires et économiques, entre autres.

Après deux ans d'efforts, la Charte sera donc disponible en innu, en innuktitut, en cri, en atikamekw, en mohawk et en algonquin, explique Nadine Vollant, elle-même innue d'Uashat mak Mani-utenam et fière locutrice de sa langue maternelle.

Les trois intervenantes sur le plateau de tournage.

Mme Bacon a discuté en français et en innu de justice et de droits avec Suzanne Arpin, vice-présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, qui a siégé à la commission Laurent, et Nadine Vollant, membre innue de la commission.

Photo : Radio-Canada

Suzanne Arpin espère que l'aura dont jouit Joséphine Bacon saura ainsi porter le message des droits de la personne au sein des communautés. Elle représente une figure emblématique pour les Innus, c'est une aînée très respectée, fait remarquer Mme Arpin.

Les vidéos qui accompagneront la version simplifiée du document visent à faire en sorte que les Autochtones s'approprient la Charte, ajoute la vice-présidente de la commission, en mentionnant que très peu de plaintes adressées à la Commission des droits de la personne proviennent des communautés autochtones.

Lors de la discussion, Suzanne Arpin a demandé à Mme Bacon si elle pensait que les efforts de modernisation allaient encourager les jeunes Innus à avoir davantage recours à des outils comme la Charte pour revendiquer leurs droits.

Oui, c'est là qu'ils vont comprendre leurs droits, a répondu Joséphine Bacon.

Grand écart entre les mots et les idées

Pour illustrer toute la complexité de l'exercice de traduction, la poétesse a évoqué les écarts conceptuels à partir de la signification de leurs droits. D'une part, le possessif de l'expression n'existe pas en langue innue. D'autre part, droits – qui n'existe pas littéralement en innu dans le sens commun – a été traduit par territoire.

Et plus précisément, l'un des termes désignant l'attachement culturel de la communauté à son territoire, Nutshimit, qui se traduit par dans le bois, dans la forêt, est une vieille appellation à laquelle font référence surtout les aînés quand ils utilisent des expressions telles que monter en territoire.

Comme certains termes n'existent pas, il faut les imager ou utiliser des symboles, explique Mme Vollant. Nutshimit évoquera un lien intime et le fait que ça appartient à toute la communauté.

Ce qui m'a marquée dans la discussion, c'est la simplicité de Mme Bacon, sa capacité de ramener les choses à l'essentiel; et des droits, c'est essentiel pour tous.

Une citation de Nadine Vollant, membre de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse

La nouvelle version de la Charte sera accompagnée d'un poème de Joséphine Bacon, dont la traduction française va comme suit :

Ne me tue pas d'être vivante

Ne me tue pas de sourire

Ne me tue pas d'aimer

Ne me tue pas d'être humaine

Tue-moi                Si j'oublie

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