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Des regalias à la collation des grades, le combat d’Autochtones aux États-Unis

Des étudiants portant le chapeau de remise de diplôme.

Les étudiants autochtones de l'Oklahoma souhaiteraient porter des symboles traditionnels lors de leurs cérémonies de remise des diplômes. (Photo d'archives)

Photo : CBC / Dan Kite

Associated Press

Lorsque Kamryn Yanchick, une Autochtone membre de la Nation Seminole d'Oklahoma, a obtenu son diplôme, elle espérait décorer son mortier avec un motif perlé en hommage à ses origines autochtones. La question dépendait de la direction de son école secondaire, qui lui a refusé le droit.

L'étudiante a opté pour des boucles d'oreilles perlées pour représenter son identité autochtone lors de sa cérémonie de remise des diplômes en 2018.

Plusieurs Autochtones vivent la même situation en Oklahoma.

Pouvoir s'exprimer librement et être fier de sa culture pendant une célébration sans avoir à demander la permission à une personne non autochtone est important pour Kamryn Yanchick, qui travaille maintenant pour l'American Civil Liberties Union of Oklahoma.

Pour les étudiants autochtones, les regalias (habits traditionnels autochtones) sont souvent transmises de génération en génération. Elles sont portées lors des collations de grades pour représenter le lien des étudiants avec leurs communautés.

Toutefois, plusieurs États ont adopté des lois interdisant aux étudiants de porter des regalias lors de telles cérémonies. C'est notamment le cas en Arizona, en Oregon, au Dakota du Sud, au Dokata du Nord et dans l'État de Washington.

Les écoles secondaires, qui privilégient souvent l'uniformité lors des cérémonies, ont différentes approches en matière d'expression personnelle des étudiants. Les partisans de ces lois soutiennent qu'elles sont nécessaires pour éviter de laisser cela aux directions locales.

Des groupes, comme Native American Rights Fund, entendent régulièrement des étudiants à qui on a empêché de porter des plumes d'aigle ou d'autres symboles traditionnels. Cette semaine, dans l'Oklahoma, une diplômée autochtone du secondaire a poursuivi une commission scolaire, affirmant qu'elle l'avait forcée à retirer une plume de son mortier lors d'une cérémonie au printemps dernier.

Lorsque Jade Roberson, d'origine navajo, a gradué à l'École secondaire Edmond Santa Fe, la même école fréquentée par Kamryn Yanchick, elle aurait souhaité porter une coiffe perlée et un grand collier turquoise au-dessus de sa toge. Elle n'a pas osé en faire la demande puisqu'un de ses amis s'était vu refuser le droit de porter une plume d'aigle après avoir parlé avec plusieurs conseillers. Cet ami a également consulté le directeur qui a reçu une lettre de la Nation Cherokee sur l'importance de la plume.

C'était tellement compliqué pour lui que mes amis et moi avons décidé de porter nos objets traditionnels sous nos toges. Je pense que c'est en quelque sorte une métaphore de ce que c'est que d'être autochtone, explique Jade Roberson.

La collation des grades d'Adriana Redbird, étudiante dans une école privée d'Oklahoma City, la Sovereign community school, est prévue cette semaine. Puisque son école autorise les regalias, elle prévoit porter une coiffe perlée et une plume que lui a offerte son père pour reconnaître ses efforts.

Rendre hommage et prendre une petite partie de notre culture et l'apporter avec nous le jour de la collation des grades est significatif, croit Adriana Redbird.

Un projet de loi pour permettre les regalias

Le mois dernier, le gouverneur républicain de l'Oklahoma, Kevin Stiff, a apposé son veto à un projet de loi qui aurait permis aux élèves des écoles publiques de porter des plumes, des bonnets perlés, des écharpes ou d'autres objets d'importance culturelle ou religieuse. Kamryn Yanchick espère que la législature de l'Oklahoma va de nouveau tenter de faire adopter le projet de loi.

L'auteur du projet de loi, le représentant républicain Trey Caldwell, représente un district du Sud-Ouest de l'Oklahoma incluant des terres autrefois contrôlées par les Nations Kiowa, Apache et Comanche.

C'est juste la bonne chose à faire, surtout que plusieurs rites autochtones sont basés sur le droit de passage, de devenir un adulte, croit Trey Caldwell.

Plusieurs nations autochtones ont appelé à passer outre le veto du gouverneur de l'État. Le grand chef de la Nation Cherokee, Chuck Hoskin, a déclaré que le projet de loi aurait contribué à favoriser un sentiment de fierté chez les étudiants autochtones.

Selon le grand chef de la nation Muscogee, David Hill, les étudiants qui choisissent d'exprimer la culture et le patrimoine de leurs nations respectives honorent leur identité.

Le fait que le projet de loi ait reçu autant de soutien, jusqu'à se rendre au gouverneur de l'État, signifie beaucoup pour Kamryn Yanchick. Elle aurait souhaité toutefois que le sujet ne crée pas autant de controverse.

Les étudiants autochtones ne devraient pas se sentir obligés d'être des militants pour avoir à célébrer ou pour s'exprimer, dit-elle.

Le gouverneur Kevin Stitt justifie son veto par le fait que la décision de permettre les regalias lors de cérémonies de remise des diplômes appartient aux commissions scolaires. Selon lui, le projet de loi aurait pu mener d'autres groupes à réclamer des accommodements pour porter ce qu'ils veulent lors des cérémonies de remise des diplômes.

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