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« Protégez nos territoires », réclament à nouveau des Autochtones lors de la COP15

Quatre Autochtones en conférence de presse.

Des Autochtones des diverses régions du monde se sont réunis vendredi dans le cadre de la COP15.

Photo : (Twitter ) / Greenpeace Canada

Des leaders autochtones du Canada, du Brésil, du Cameroun, de la République démocratique du Congo et de l’Indonésie se sont réunis vendredi à Montréal afin de sommer une fois de plus les pays présents à la COP15 de les prendre en compte dans leurs délibérations.

Dans un communiqué, trois de ces leaders ont insisté pour que le prochain cadre mondial sur la biodiversité garantisse leur participation à la prise de décision concernant leurs territoires.

La seule façon éthique et écologiquement viable de protéger la nature est de reconnaître les droits des peuples autochtones qui y vivent et qui utilisent leurs connaissances traditionnelles pour la protéger depuis des décennies, écrit dans ce communiqué Valentin Engobo, leader autochtone de la localité congolaise de Lokolama.

Représentant moins de 5 % de la population mondiale, les peuples autochtones parviennent à protéger 80 % de la biodiversité existante, et ce, malgré les violations constantes de leurs droits et la criminalisation de leurs pratiques traditionnelles, poursuit le communiqué.

Illustration d'un

Les leaders invitent les États à élaborer une nouvelle relation entre les humains et l'environnement en rejetant le modèle colonial axé sur l'extraction.

Ronald Brazeau, le directeur par intérim des ressources naturelles de la communauté de Lac-Simon en Abitibi-Témiscamingue, cite pour sa part en exemple la situation du caribou au Québec, menacé par la destruction de son habitat causée par les activités d'exploitation.

Ce n’est pas que le caribou qui est menacé, c’est toute vie qui en dépend, écrit M. Brazeau dans le communiqué. On force les peuples autochtones à changer de régime et de mode de vie et le résultat est que les communautés en souffrent au niveau physique, mental et spirituel. Mais le non-respect des droits des communautés autochtones sur la protection de la nature constitue une forme de racisme systémique.

Reconnaissez nos droits et notre expertise, et nous ferons ce que nous avons toujours fait : continuer à protéger la forêt et les terres d’où nous venons, non seulement pour nous-mêmes, mais pour toutes les formes de vie sur Terre, conclut de son côté Orpha Yoshua, une Autochtone de Papouasie occidentale en Indonésie.

Une refonte de l’objectif des 30x30 réclamée

Des organisations internationales ont déjà réclamé une refonte des objectifs de la conférence, dont celui dit des 30x30 qui vise à déclarer 30 % de la planète comme aires protégées d'ici 2030.

Cet objectif pourrait dévaster les vies des peuples autochtones et avoir un effet hautement destructeur sur les moyens de subsistance d’autres communautés dépendantes des terres, selon une déclaration publiée par Amnistie internationale, Survival International, Minority Rights Group International et Rainforest Foundation UK.

Les aires protégées, qui constituent la base du modèle de conservation actuel tel que dicté par les pays occidentaux, sont à l’origine de nombreuses expulsions entraînant famine, maladies et de multiples violations des droits humains, telles que des meurtres, des viols et des actes de torture en Afrique et en Asie notamment, est-il expliqué dans la déclaration.

Il existe peu de preuves que les aires protégées existantes ont effectivement protégé les écosystèmes et qu’elles devraient donc être étendues, et cet objectif est fixé sans évaluation de leurs impacts sociaux et humains, est-il également écrit.

Pour ces organismes, les États participant à la COP15 doivent adopter une approche fondamentalement différente. Ils proposent notamment de reconnaître et protéger les régimes fonciers coutumiers collectifs des peuples autochtones et d’assurer que ces peuples soient consultés adéquatement lorsqu’il est question de leurs terres.

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