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Biodiversité : la lutte du premier gouvernement autochtone du Pérou

Un homme autochtone péruvien au Palais des congrès de Montréal dans le cadre de la COP15.

Teofilo Kukush Pati est le président du gouvernement autonome de la Nation Wampis au Pérou.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Paul

Au Pérou, la Nation Wampis forme le premier gouvernement autochtone du pays. Pour ce peuple, l'autonomie était la seule solution pour protéger son territoire de l’exploitation forestière et minière avide qui menaçait les écosystèmes.

Présents à la 15e Conférence des parties à la Convention sur la biodiversité des Nations unies (COP15), à Montréal, des représentants de ce gouvernement espèrent inspirer d’autres peuples autochtones afin qu'ils affirment leur autonomie.

Pendant longtemps, nous avons été perçus comme étant incapables de gérer nos propres territoires, pourtant nos ancêtres avaient leurs systèmes de gouvernance, d'éducation et de santé. Nous avons toujours ces capacités, dit le président du gouvernement wampis, ou le Pamuke, dans leur langue, Teofilo Kukush Pati.

La Nation Wampis compte plus de 15 000 membres répartis dans 22 communautés. Leur territoire, au cœur de l'Amazonie, entre les rivières Santiago et Morona, les accueille depuis des millénaires et abrite des milliers d'espèces végétales et animales.

Or, les ressources naturelles abondantes qui s'y trouvent attirent aussi depuis des décennies bon nombre d'entreprises qui veulent en tirer profit.

Cependant, les exploitations illégales, non autorisées par l'État, ne sont pas rares sur le territoire wampis, explique M. Kukush Pati. C'est d'ailleurs une problématique qui n'est pas unique au Pérou.

Dans plusieurs pays d'Amérique latine, les territoires autochtones sont régulièrement visés par de telles activités qui mènent à des violences perpétrées contre les populations locales.

Ça a été le cas en 2009, des dizaines d'Autochtones, dont des Wampis, ont été tués dans la ville de Bagua, relate Teofilo Kukush Pati.

Les menaces que nous recevons depuis des années ont été des occasions d'apprentissage, raconte le directeur de la Justice et des droits de la personne au gouvernement wampis, Nayap Atilo Santiago Velazquez. Nous savons gérer les rapports avec les compagnies et la police depuis longtemps.

Illustration d'un

C'est entre autres à cause de cette situation que les Wampis ont décidé de former leur propre gouvernement en 2015.

Nous sommes les gardiens de ce territoire puisque nous l'avons hérité de nos ancêtres. C'était donc notre responsabilité d'assurer sa protection, soutient M. Santiago Velzaquez.

Depuis la création de notre gouvernement, nous avons les capacités et les pouvoirs d'agir contre l'exploitation illégale des ressources sur nos terres, explique Teofilo Kukush Pati.

Malgré des négociations entreprises avec le gouvernement péruvien, Lima ne reconnaît pas encore officiellement leur gouvernement.

Cette reconnaissance n'est pas essentielle pour nous, soutient toutefois le président wampis. Nous savons qui nous sommes et sommes conscients de nos capacités. Nous n'avons pas besoin que le gouvernement péruvien nous le dise pour que ce soit vrai.

Nous vivons sur notre territoire depuis 7000 ans, souligne M. Santiago Velazquez. Alors que le Pérou n'existe que depuis 200 ans.

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