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« Nous devons passer de nations survivantes à nations prospères »

Au terme de quatre jours à Ottawa, la cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations (APN) a exprimé son souhait de mettre le sort des femmes autochtones au cœur des travaux de l’année à venir.

Une femme avec une coiffe traditionnelle parle au micro.

RoseAnne Archibald a assuré que les femmes seront la priorité de l'année 2023.

Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby

La semaine a été longue pour les chefs des Premières Nations venus de tout le pays qui étaient réunis à Ottawa pour discuter d’environ 70 résolutions.

Parmi les sujets abordés, l’indemnisation des enfants lésés par le système de protection de la jeunesse, le projet de loi sur le contrôle des armes à feu, la répudiation de la doctrine de la découverte et le soutien aux survivants des pensionnats.

Seule une partie des nombreuses résolutions mises sur la table ont pu être discutées, étant donné que de nombreux chefs ou représentants de chefs ont désiré s’exprimer après les présentations des différents textes.

Clairement, le temps a manqué et il a été convenu de discuter ces résolutions l'année prochaine.

Au total, 23 résolutions ont été adoptées, dont plusieurs par consensus.

Parmi celles-ci, celle concernant l’indemnisation des enfants lésés par le système de protection de la jeunesse.

L’APN a décidé, par consensus et après un débat polarisant, d’accepter de maintenir l'accord de compensation de 20 milliards de dollars conclu avec le gouvernement fédéral, tout en exhortant Ottawa à se conformer aux ordonnances du Tribunal canadien des droits de la personne et à verser 40 000 $ à chaque victime de discrimination.

Un homme pose devant plusieurs drapeaux.

Marc Miller a prononcé quelques mots en cri lors de son allocution.

Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby

À la dernière minute, une résolution concernant le projet de loi C-21, visant à limiter les armes à feu, a également été adoptée à l’unanimité : l’APN dénonce formellement ce texte qui pourrait, selon les chefs, brimer leurs droits inhérents liés à la chasse.

Des divisions sont toutefois apparues concernant l’adoption de résolutions sur l’implantation de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

Jeudi, plusieurs ministres fédéraux ont également prononcé des allocutions. À la tribune, se sont succédé le ministre de la Justice, David Lametti, le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, la ministre des Services aux Autochtones, Patty Hadju, et le ministre chargé des Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada, Marc Miller.

Portrait d'une femme qui porte des lunettes.

Patty Hajdu était présente lors de la grande assemblée des Premières Nations, à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby

Aucun d’entre eux n’est revenu sur les résolutions adoptées, mais ils ont tous réitéré le désir du gouvernement de travailler main dans la main avec les Autochtones afin de surmonter les difficultés qu’ils rencontrent.

Intervention des chefs de parti

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, était aussi là, évoquant le soutien de sa formation politique aux Autochtones qui s’opposent au projet de loi C-21.

Jagmeet Singh prononce un discours devant une salle comble.

Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique, a offert un discours lors de l'assemblée générale spéciale de l'Assemblée des Premières Nations.

Photo : Autre banques d'images / Spencer Colby

Quant au chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, il n'a pas eu l'occasion de s'exprimer. En effet, ce dernier était bien présent mercredi, mais le retard pris dans les discussions ne lui a finalement pas permis d'honorer son intervention.

Le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, a également fait une courte allocution par vidéo. Une intervention qui n’a pas passé auprès du chef de la communauté de Nipissing, Scott McLeod.

Une salle comble avec des images de la vidéo de Pierre Poilièvre.

Pierre Poilievre a fait une allocution enregistrée et diffusée le 8 décembre.

Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby

Ne nous remettez plus jamais de telles vidéos juste avant de parler des pensionnats pour Autochtones, a-t-il lancé, suscitant de nombreux applaudissements.

En effet, les résolutions suivantes évoquaient entre autres la construction d’un monument national à la mémoire des enfants disparus dans les pensionnats, la création d’un musée et le remboursement des frais juridiques des survivants.

Le premier ministre Justin Trudeau est également intervenu et a répondu à plusieurs questions de chefs présents dans la salle et virtuellement.

Justin Trudeau derrière un micro.

Justin Trudeau a répondu à près d'une dizaine de questions soulevées par des chefs ou des représentants lors de l'assemblée des Premières Nations à Ottawa, le 8 décembre.

Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby

Je comprends votre colère, mais je suis ici pour vous tendre la main et on va faire de notre mieux pour nous repentir, a-t-il notamment répondu au chef de Lac-Barrière, Tony Wawatie.

Ce dernier a rendu un témoignage poignant, tambour en main, pour rappeler les souffrances de son peuple et les maux qui les touchent encore. Mes droits ne sont pas à vendre et ne le seront jamais, a-t-il conclu.

Mais comme ses ministres, Justin Trudeau n’est pas revenu sur les enjeux à venir, notamment concernant l’indemnisation des enfants placés et discriminés.

Les femmes, cause de 2023

L’événement a également été marqué par le témoignage fort de deux filles de l’une des femmes autochtones assassinées à Winnipeg, Morgan Harris. Cambria et Kera Harris ont rappelé que les femmes autochtones sont encore trop souvent victimes d’homicide au pays, parfois dans l’indifférence.

Kera Harris à gauche et Cambria Harris à droite, emmitouflées dans des couvertures.

Des couvertures ont été offertes aux deux filles de Morgan Harris.

Photo : La Presse canadienne / Spencer Colby

Dans son discours de clôture, la grande cheffe nationale, RoseAnne Archibald, a d’ailleurs assuré que les femmes et les filles autochtones assassinées et disparues seraient sa priorité au cours de l’année à venir.

Nos communautés en souffrent toujours et le moment est venu de réellement s’attaquer à ce problème. Je veux que nos femmes se sentent en sécurité et qu’elles soient traitées avec respect, pour que la prochaine génération vive heureuse, a-t-elle dit.

« Nous devons passer de nations survivantes à nations prospères. »

— Une citation de  RoseAnne Archibald, cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations

La prochaine réunion de l’APN devrait se tenir en avril 2023.

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