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Des divisions apparaissent lors de la réunion extraordinaire de l’Assemblée des PN

Une femme portant un masque regarde ses notes.

RoseAnne Archibald n'a pas levé les yeux de ses notes durant les interventions de dissidents.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

« Vous nous regardez de haut », « l’Assemblée des Premières Nations manipule notre consentement », « Vous ne parlez pas au nom de toutes les Premières Nations »… Les mots sont durs de la part de certains Autochtones présents lors de l’assemblée extraordinaire des chefs du Canada qui se tient jusqu’à vendredi à Ottawa.

Mercredi matin, il a été question de l’adoption de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA).

Après avoir été louée et largement défendue par Terry Teegee, le chef régional de la Colombie-Britannique, des voix dissonantes se sont fait entendre contre la DNUDPA. La Colombie-Britannique a été la première à adopter la DNUDPA en 2019.

Terry Teegee.

Terry Teegee s'est dit satisfait de l'implantation de la Déclaration des Nations unies pour les droits des peuples autochtones par la Colombie-Britannique.

Photo :  CBC

On essaye de changer la culture du gouvernement, dont les fonctionnaires travaillent beaucoup en silos. Certains ne savent toujours pas ce qu’implique cette déclaration, a-t-il mentionné en ouverture de séance.

Le calendrier des prochains mois a aussi été présenté pour parvenir à un plan d’action d’ici le 21 juin 2023.

Mais certains ne voient pas ce processus d’un très bon œil. Ils remettent en cause la représentativité de l’APN et même la DNUDPA.

Je suis contre. Mes terres appartiennent toujours à Ottawa. Moi, je demande au gouvernement de suivre plutôt la Déclaration universelle des droits de l’homme, a lancé Kenneth Young, un avocat cri de la communauté d'Opaskwayak (Manitoba) et ancien chef régional à l’APN.

Portrait d'un homme.

Kenneth Young est opposé à l'adoption de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Il estime que ce texte juridique a été adopté au Parlement canadien sans vraie consultation des Autochtones.

Plus tard, en entrevue, il a réitéré ses propos, allant encore plus loin. Ça me dépasse de voir que nos chefs ont accepté cela. Ce n’est absolument pas nécessaire, ça nous donne juste plus d’espoir pour rien. La Constitution a été adoptée il y a 40 ans et on ne reconnaît toujours pas pleinement nos droits, a-t-il dit.

« Ils essayent juste de gagner du temps et de retarder l’implantation de nos droits. »

— Une citation de  Kenneth Young, ancien chef région du Manitoba à l'Assemblée des Premières Nations

Dans la salle, plusieurs l’ont applaudi, tout comme la cheffe Regena Crowchild, de la communauté Tsuu T’ina, en Alberta.

Une femme dans une conférence.

La cheffe Regena Crowchild s'oppose à la manière de faire de l'Assemblée des Premières Nations.

Photo : Radio-Canada / Delphine Jung

Cette dernière a souligné que le quorum du jour requis n’est que de 57 chefs, ce qui selon elle n’est pas suffisant pour représenter toutes les nations du pays.

« L’APN manipule notre consentement. C’est une organisation qui ne détient aucun droit, car elle n’est pas une nation. »

— Une citation de  Regena Crowchild, cheffe de la communauté de Tsuu T’ina

Elle a aussi demandé, lors de la cette même période de questions, qui va faire les consultations? Des gens extérieurs? Ou va-t-on plutôt écouter nos gardiens du savoir et nos aînés.

Un autre intervenant dans la salle a déploré que sa question ne reçoive aucune réponse de la part des présents à l’avant de la scène. Silencieuse durant toute l’assemblée, la cheffe de l’APN, RoseAnne Archibald n’a pas décollé son nez des notes qu’elle prenait tout le long.

Face à elle, un autre a déploré la limitation à trois minutes du temps de parole des chefs présents. On est venu de loin et nous devons discuter de choses importantes, a-t-il souligné.

Un suivant a encore lancé : Vous nous regardez de haut dans votre façon de parler, avant de sous-entendre que certains chefs de l’APN ont un agenda personnel.

Les résolutions concernant la DNUDPA seront soumises aux chefs plus tard, après cette assemblée extraordinaire.

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