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Décès d’un bébé de Manawan : un rapport soulève les manquements d’une infirmière

Elle aurait commis plusieurs fautes professionnelles, notamment en lien à la gestion de ses notes infirmières.

Le centrede santé  Masko-Siwin de Manawan.

Une enquête plus approfondie a été faite pour tenter de comprendre les circonstances entourant le décès du bébé de 7 mois et savoir s'il y a eu faute professionnelle de la part de l'infirmière en poste.

Photo : Radio-Canada

Négligence dans la gestion des dossiers médicaux, déclarations mensongères, le rapport d’une enquête administrative du centre de santé de Manawan conclut qu'une infirmière « a commis plusieurs fautes professionnelles » lorsqu'elle s'est occupée d’un bébé atikamekw de sept mois décédé après avoir reçu trop tardivement des soins d’urgence, en avril.

Ces fautes sont surtout liées à la gestion de ses notes infirmières, peut-on lire dans le rapport obtenu par Espaces autochtones. Elle avait d’ailleurs déjà eu des avis verbaux et une lettre de réprimande officielle pour avoir omis à plusieurs occasions d’avoir documenté ses interventions médicales. Une lettre disciplinaire lui avait même été adressée à ce sujet.

L’enquête interne faite par le comité d’enquête des Services de santé Masko-siwin essayait de comprendre réellement ce qui s’était passé au moment des événements, puisqu’après avoir pris connaissance de la documentation infirmière, plusieurs questions étaient restées sans réponse.

Selon le rapport, l’infirmière concernée n’a pas documenté les consultations ni l’examen physique et a donc omis d’inscrire des informations importantes sur la situation clinique de l’enfant. La documentation infirmière permet notamment de témoigner des soins et d’en assurer la continuité.

Depuis les événements, l’infirmière, qui a plus de 35 ans de service et travaillait pour la communauté atikamekw de Manawan depuis plus de trois ans, a été suspendue.

De trop longs délais pour recevoir des soins adéquats

Début avril, un bébé en convulsions a attendu des heures avant de pouvoir être évacué en ambulance de la communauté de Manawan au nord de Joliette.

Le poupon, qui était atteint d’une méningite, est finalement décédé au CHU Sainte-Justine à Montréal, après un premier diagnostic remis en question par la famille et de longs délais de transport ambulancier.

La coroner Géhane Kamel avait conclu que l’enfant était décédée d’une méningite bactérienne consécutivement à des soins d’urgence reçus trop tardivement. Il a fallu plus de 8 h 30 entre l’appel initial et l’arrivée du bébé de sept mois au CHU Sainte-Justine.

Si dans ces recommandations, la coroner avait surtout mis l’accent sur les délais d’ambulance et donc d’arrivée de l’enfant dans un hôpital, elle avait aussi émis une recommandation au centre de santé.

Le centre Masko-Siwin doit s’assurer que l’évaluation clinique du patient soit faite en tenant compte du niveau de priorité accordé et que l’on privilégie le bon moyen de transport afin de réduire les délais de transfert, si le transfert de ce dernier est requis vers un établissement de santé en raison de l’urgence de la situation, recommande-t-elle.

Un rapport qui souligne plusieurs fautes professionnelles

Le rapport de l'enquête administrative du centre de santé Masko-Siwin obtenu par Espaces autochtones s'intéresse au travail de l'infirmière qui s'est occupée en premier de l'enfant à Manawan, avant son transfert.

Il précise d'emblée qu’il faut faire une différence entre la qualité de l’acte et la qualité de la documentation. L'enquête démontre que l’infirmière a commis plusieurs fautes professionnelles contrevenant à plusieurs articles du Code de déontologie des infirmières et infirmiers.

L'infirmière aurait entre autres rédigé une note de consultation médicale à la suite d'un échange téléphonique qu'elle aurait eu avec un médecin de garde de l'extérieur. Selon le rapport, cette note a été rédigée après la mort du bébé.

« Ceci démontre que l’infirmière n’a pas pris les moyens raisonnables pour assurer la continuité des soins et traitements. »

— Une citation de  Rapport de l'enquête des Services de santé Masko-Siwin

De plus, même si elle était inquiète de l’état de l’enfant, l’infirmière n’aurait pas appelé le médecin de garde, mais l’aurait plutôt texté pour lui faire part de la situation, sans avoir reçu de réponse de sa part.

Ensuite, l’enfant a été transféré en ambulance, avec les paramédicaux, sans la présence de l’infirmière.

Enfin, l'infirmière aurait fait des déclarations mensongères dans le cadre du processus d’enquête. Le comité d’enquête parle de manque de transparence et d’honnêteté de la part de l’infirmière.

Récidive

Le rapport révèle aussi que l’infirmière faisait déjà l’objet d’un suivi relativement à des manquements dans l’exercice de ses fonctions.

En février, elle a reçu une lettre disciplinaire pour des incidents de négligence professionnelle dans la gestion des dossiers médicaux.

L’infirmière devait alors suivre une formation en ligne et compléter une autoévaluation en ligne. Or, le centre de santé dit ne pas avoir eu les preuves qu’elle les a faites.

« L’infirmière a récidivé en faisant, une nouvelle fois, preuve de négligence professionnelle dans la gestion des dossiers médicaux. »

— Une citation de  Rapport de l'enquête

Le cas aurait été soumis à l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec et une enquête serait en cours.

De son côté, l’OIIQ ne peut le confirmer ni l’infirmer, affirmant que c’est strictement confidentiel.

Cette information ne devient publique que lorsque le syndic formule une plainte devant le Conseil de discipline de l’OIIQ. Or, à ce jour, précise l’Ordre, aucune infirmière répondant au nom de celle concernée n’a fait l’objet d’une plainte déposée devant le Conseil de discipline et aucune décision n’a été rendue par celui-ci.

Selon plusieurs sources, cet événement a fortement ébranlé le service infirmier de Manawan.

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