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Langues autochtones : onze nuances de « Blancs »

Un tableau noir où est écrit Bienvenue en plusieurs langues autochtones.

Les Nations unies ont déclaré 2022-2032 comme étant la Décennie internationale des langues autochtones.

Photo : Radio-Canada

Ceux qui coupent les arbres. Ceux qui prennent soin de leurs sourcils. Ceux qui utilisent le fer. Il y a autant de façons de dire « les Blancs » qu'il y a de nations autochtones au Québec. Et certaines expressions disent, parfois avec humour, ce qui a frappé les premiers peuples lors de l'arrivée des colons. Plongée dans l'univers des langues autochtones et du rôle qu'elles jouent pour garder vivantes les cultures.

La forme cartographique du Nunavik dans un cercle blanc sur fond rouge.

Le Nunavik n'a pas de drapeau officiel.

Photo : Gracieuseté

Inuit

Qallunaat (Ceux qui prennent soin de leurs sourcils)

L'origine du mot ne fait pas consensus. C’est possiblement une variante de Qallunaaraaluit, qui signifie « ceux qui sont puissants, avares et se mettent facilement en colère », évoque Nelly Duvicq, spécialiste de la littérature inuit dans un article portant sur la vision inuit des gens du Sud (Nouvelle fenêtre).

La Décennie internationale des langues autochtones

Consulter le dossier complet

Un tableau noir où est écrit Bienvenue en plusieurs langues autochtones.

Un dérivé du terme a même été créé : qallunologie pour décrire l’étude des Blancs par les Inuit. Ainsi, à travers plusieurs œuvres écrites, théâtrales et cinématographiques, les Inuit ont rendu avec humour la monnaie de leur pièce à leurs voisins du Sud.

L'hilarant docufiction Qallunaat, pourquoi les Blancs sont drôles a d'ailleurs obtenu un prix Gémeau en 2008.

Dans la vie qallunaat [dans la vie des Blancs], il n’y a pas grand-chose de communautaire et on partage très peu l’essentiel de la vie. La vie en général est basée sur la compétition et la nécessité de faire de grands efforts pour monter dans l’échelle sociale. Le tout en gardant pour soi ce que l’on gagne, lance Zebedee Nungak (auteur, acteur, journaliste puis politicien inuk) dans cette œuvre satirique... et cruellement réaliste.


Un castor surmonté d'outardes et de raquettes, et au pied, un canot.

L'emblème des Hurons-Wendat

Photo : Gracieuseté

Huron-Wendat

Hatinionyenhahk (Ceux qui utilisent le fer)

Le mot Hatinionyenhahk fait référence aux premiers contacts entre Autochtones et Européens à Gaspé en 1534. Les Autochtones, qui ont des langues descriptives, avaient remarqué que leurs visiteurs possédaient couteaux, armures et autres ustensiles en métal qu’eux ne savaient pas façonner, résume l'ethnolinguiste Michel Gros-Louis, membre de la communauté de Wendake.

M. Gros-Louis, qui est coauteur du livre Les Hurons-Wendats - regards nouveaux, souligne que l’analyse des mots anciens peut aussi avoir des répercussions politiques. En analysant des textes datés de Jacques Cartier qui relatent l’apprentissage par ce dernier des mots autochtones, il a fait une découverte : en isolant la racine des mots, j’ai vu qu'au-delà des inévitables erreurs de compréhension de Jacques Cartier, 100 % de mots auxquels il fait référence sont du wendat, souligne-t-il.

Si on ajoute cela au fait que le wendat, contrairement à plusieurs langues autochtones, dispose d'un mot pour chaque type de poisson peuplant le Saint-Laurent, cela prouve selon moi que notre nation avait bel et bien une présence dans la vallée du Saint-Laurent lors de l’arrivée des premiers colons. Cela a des conséquences énormes lors de litiges territoriaux, dit-il.

Une position critiquée par d’autres nations, qui affirment que les Hurons-Wendat n’occupaient pas le territoire de façon continue à l’époque de l’arrivée des premiers colons.


Un pin relié à une série de rectangles sur un fond violet.

L'emblème des Mohawks regroupés au sein de la Confédération iroquoise.

Photo : Gracieuseté

Mohawks

Ratihnarà:ken (Peaux blanches)

Comme plusieurs langues autochtones, la langue mohawk est une langue polysynthétique. Cela signifie qu’à la racine du mot (ici : Karà:ken), on ajoute différents préfixes et suffixes qui permettent de former des mots-phrases.

Fait intéressant, les sept communautés mohawks présentes en Amérique du Nord n’utilisent que 11 ou 12 des 26 lettres de l’alphabet latin. Le U par exemple est totalement absent, tandis que l’apostrophe est une lettre à part entière.

Gardienne de la langue, qu’elle enseigne toujours, l'aînée Hilda Nicholas indique ne jamais utiliser le mot Mohawk pour décrire son peuple et sa langue (mohawk signifie mangeur de viande humaine). Elle lui préfère le mot Kanien’kehá:ka (peuple du silex).


Une croix horizontale surmontée d'une étoile et, au pied, un croissant de lune.

L'emblème des Mik'maq

Photo : Gracieuseté

Mi’kmaq

Wenujg (les Français) ou Aqalasie'wg (les Anglais)

Chez les Mi’kmaq aussi, l’apostrophe est une lettre à part entière qui accentue la prononciation de la voyelle précédente. Cela peut parfois mener à des malentendus, explique dans un tutoriel Curtis Michael, qui enseigne les langues au sein de la communauté de Sipekne'katik en Nouvelle-Écosse.

Par exemple, le mot kesalul veut dire je t’aime. Mais en accentuant trop longtemps la prononciation du A, on se retrouve à dire kesa’lul (je te blesse). Et si l’on accentue trop la prononciation du E et du A, on dit alors ke’sa’lul (je te jette au feu).

Selon le recensement de 2016, seulement 5,2 % des quelque 168 000 Mi’kmaq du Canada sont capables de converser dans leur langue. Pour tenter d’y remédier, certaines communautés (comme celle de Listuguj en Gaspésie) ont institué des programmes de revitalisation financés par Ottawa.

Ainsi, durant les trois à quatre prochains mois de 2023, une quinzaine d'étudiants ont été jumelés avec des aînés qui maîtrisent la langue et sont payés pour étudier le mi’kmaw à raison de 5 à 10 heures par semaine. L'objectif du Mentor Apprentice Language Program est de maintenir, revitaliser et transférer la langue et la culture mi'kmaw d'une génération à l'autre, explique Germain Griffin, coordonnateur du programme.


Trois canots verts voguent dans un demi-cercle blanc sur fond rouge.

L'emblème du Conseil de la Nation Atikamekw

Photo : Gracieuseté

Atikamekw

Emitikocicak (Ceux qui défrichent les arbres)

Les Autochtones vouant un grand respect aux arbres, ils ont été pour le moins choqués de voir que les premiers colons ne se gênaient pas pour couper la forêt sur leur passage.

Et ça dure toujours 400 ans plus tard, déplore Nicole Petiquay, coordonnatrice des services éducatifs, linguistiques et culturels du Conseil de la Nation Atikamekw (CNA). C’est aussi elle qui coordonne la formation des enseignants.

Au-delà des considérations environnementales, plusieurs nations autochtones croient qu’à la mort l’esprit se sépare en deux : une partie rejoint le monde des esprits et l’autre est réincarnée, que ce soit en être humain, en animal ou en élément de la nature (pierre, arbre, etc.), indique Simon Pérusse, guide touristique autochtone. Les Autochtones ne prélèvent donc généralement dans la forêt que le strict nécessaire.

Côté linguistique, les Atikamekw se distinguent par le fait que 98 % des membres vivant au sein de la communauté parlent leur langue maternelle à la maison, selon les statistiques fédérales. En comparaison, au Canada, 13,5 % des Autochtones sont capables de tenir une conversation dans leur langue maternelle.

Il faut dire que la nation n’a pas lésiné sur les moyens en matière d’éducation. Dans les années 1970, il n’y avait qu’une seule heure de cours en atikamekw par semaine; maintenant, les enfants commencent la maternelle en atikamekw, et la place du français est graduellement augmentée tout au long du primaire. Le français est la langue seconde des Atikamekw. C’est la langue de la scolarisation à partir du 2e cycle du primaire et, dans certaines communautés, dès la première année, indique le CNA sur son site Internet.


Une raquette, au centre, entourée de deux crânes de caribous.

L'emblème des Innus

Photo : Radio-Canada

Innus

Mishtikushuat (Ceux qui sont dans un canot en bois)

Cette terminologie fait référence aux premiers navires ou bateaux (vikings ou européens) que les Innus ont vus, explique Yvette Mollen, experte de la langue innue et professeure agrégée en langue innue - Innu-aimun à l’Université de Montréal. Les Innus eux se déplaçaient plutôt à l’époque dans des canots en écorce… pas dans des embarcations nécessitant l’arbre au complet comme celles des Blancs. D’où leur étonnement.

On dénombre deux dialectes innus différents : celui de l’Ouest, de Mashteuiatsh jusqu’à Uashat mak Mani-utenam (Sept-Îles), et celui de l’Est, qui couvre les communautés de la basse Côte-Nord et du Labrador. Les mots suivants peuvent aussi être utilisés selon les communautés : uemishtikushu, kauapishit ou kakussesht.

Comme les Mohawks, les Innus n’utilisent que 11 lettres de l’alphabet latin. Et comme chez les Mi’kmaq, il y a deux genres de noms. Il ne s’agit pas du féminin ou du masculin comme en français, mais plutôt de l’animé et de l’inanimé.

Le genre du nom influe alors sur le verbe qui lui sera ensuite accolé. Mais le genre, dans la grammaire d’une langue, est arbitraire, peut-on lire sur un site consacré à la langue innue (Nouvelle fenêtre). Comme en français, où il est difficile d’expliquer pourquoi on dit une chaise, mais un tabouret, beaucoup de noms en innu ont un genre qu’on ne peut pas justifier. Par exemple, les parties du corps sont inanimées, mais le pantalon (ańakapeshakan) est animé.


Deux peaux tendues sur des cadres. Dans la première, un arbre, dans la seconde un tambour.

L'emblème des Cris du Canada

Photo : Gracieuseté

Cris

Waamishtuukishiuu (Personne à la peau blanche)

Parmi les peuples des Premières Nations au Canada, les Cris sont ceux qui sont le plus dispersés. Ainsi, il faut compter 42 heures de route pour rejoindre Mistassini au Québec et Kelly Lake en Colombie-Britannique. Les dialectes cris diffèrent donc autant entre eux que le français diffère de l’espagnol.

Même au Québec, on compte trois dialectes cris différents. Le mot cri se dira par exemple iinuu à Waswanipi, yiyuu à Waskaganish et iyiyiu à Chisasibi. Fait notable, si le vocabulaire français est axé sur les noms, le cri est centré sur les verbes. Par exemple, la phrase j’ai beaucoup mangé de caribou, se traduit ainsi : Nichii mishtamuuwaatihkwen. Nichii (1ère personne conjuguée au passé) et mishta-MUUW-aatihkw-e-n (beaucoup-MANGER-caribou).

Sur 18 000 mots dans le dictionnaire cri (dialecte du sud), 3000 sont des noms et 14 000 sont des verbes.

Une citation de Extrait de l'ouvrage Structures comparées du cri de l'Est et du français

Dans ce livret destiné à comprendre comment se structure la langue crie,  (Nouvelle fenêtre)les deux auteures (Marie-Odile Junker et Marguerite MacKenzie) expliquent que le Guide des conjugaisons cries est quatre fois plus gros que son équivalent français, le Bescherelle.


Deux personnes dans un cercle bleu rament dans un canot rouge.

L'emblème de la Première Nation Wolastoqiyik

Photo : Gracieuseté

Wolastoqiyik

Wehnuhcok (Les Blancs)

La nation wolastoqey ne compte au Québec qu’une seule communauté (à l’est de Rivière-du-Loup), et les personnes capables de parler la langue se comptent sur les doigts d'une main. Pour trouver un spécialiste de cette langue (le wolastoqey), il faut donc regarder du côté du Nouveau-Brunswick.

À 70 ans passés, Allan Tremblay voit les derniers locuteurs de sa langue s’éteindre les uns après les autres. À Tobique, dans sa communauté de 2500 membres, il estime que désormais moins de 5 % de la population parle encore le wolastoqey.

Alors, il multiplie les démarches. Quand il n'œuvre pas en tant que traducteur accrédité du gouvernement canadien, il apporte son aide aux écoles de sa nation et enrichit les dictionnaires qu’il a conçus. Après avoir notamment terminé un ouvrage trilingue (Nouvelle fenêtre) (wolastoqey-anglais-français) de 3000 mots, il s’attelle désormais, avec ses frères et sœurs, à concevoir un dictionnaire de 10 000 entrées, avec cette fois la prononciation audio de mots et de phrases.

Pas mal pour un homme à qui l’on a pourtant interdit de parler sa langue dans les pensionnats. Heureusement, dans mon cas, c’était uniquement des écoles de jour. Mais, même quand je suis parti travailler dans l’Ouest canadien pendant une quinzaine d’années, j’appelais ma mère tous les soirs pour continuer à parler ma langue, raconte-t-il. Le plus beau mot de sa langue, selon lui? Sankewitahasuwakon naka Kseltomuwakon (Peace and love).


Des gens autour d'un tambour géant.

L'emblème de la Nation Anishinabek

Photo : Radio-Canada

Anishinabeg

Wemetejogi (Ceux qui coupent les arbres)

Ceux qui coupent les arbres?, demande le journaliste. La langue algonquine (aussi appelée anishinabemowin) est très descriptive et centrée sur l’action, explique Johnny Wylde, un aîné de la communauté de Pikogan en Abitibi. Alors quand nos ancêtres ont vu les premiers Blancs qui venaient défricher la terre, c’est comme cela qu’ils les ont nommés.

D’après les statistiques, actuellement, environ 9 % des Anishinabeg sont capables de parler leur langue maternelle (contre 13 % des Autochtones en moyenne au Canada). Selon Jessica Shonias, enseignante d'anishinabemowin, l’idéal serait d’avoir des professeurs maîtrisant la langue depuis la naissance. Mais ceux-ci ont souvent désormais passé l’âge de la retraite.

En plus, l’enseignement de l’anishinabemowin chez les enfants s’arrête parfois à l’âge de 12 ans dans les communautés n'ayant pas d’école secondaire et qui envoient leurs enfants à l'école québécoise de la ville la plus proche.

Si Johnny Wylde a su garder sa langue bien vivante, malgré un long passage au pensionnat de Saint-Marc, il note lui aussi que le nombre de personnes capables de la parler diminue.

C’est surtout nous, les aînés, qui parlons la langue. Parfois, on corrige les jeunes quand ils font des erreurs. Mais bien souvent aussi, on oublie même de leur parler en algonquin, parce que c’est plus facile de leur parler français.

Une citation de Johnny Wylde

Deux emblèmes côte à côte.

Les emblèmes respectifs des nations d'Odanak et de W8linak

Photo : Gracieuseté

Abénakis

W8bigijik (Ceux qui sont blancs)

Le néophyte sera immédiatement intrigué par le fait que la langue abénakise fait appel à un 8 dans son alphabet. En fait, il s'agit d'une voyelle nasalisée qui se prononce comme un son situé entre le an et le on en français. Si cette lettre peut sembler étrange et laisser croire à une faute de frappe, il n'en est rien, comme l'explique Philippe Charland. Il enseigne la langue abénakise à l'Institution Kiuna (un collège situé dans la communauté abénakise d’Odanak, près de Sorel), de même qu'à l'Université de Sherbrooke et à l'Université Bishop's.

En effet, le son associé à cette lettre était autrefois représenté par an̈ au XVIIIe siècle, puis par ô au XIXe siècle, entre autres. C'est probablement sous l'impact du français et de l'anglais que des changements sont survenus sur les lettres employées en abénakis pour écrire la langue, résume M. Charland.

Par exemple, la lettre w, en français, est très récente. Donc, les premiers missionnaires venus à la rencontre des Autochtones au XVIIe siècle (Nouvelle fenêtre) ont dû piger dans leur bagage linguistique (le français et le latin) pour écrire ces langues aux nouvelles sonorités. Vu l'absence du w en français, les missionnaires ont choisi, à l'époque, d'utiliser la lettre o et la lettre u en combinaison (ou) pour représenter le son du w moderne, mais surtout en superposant les deux lettres (ǒ), ce qui donne l'allure d'un 8 (un o avec un u superposé), mais qui n'aurait pas été fermé.

Pour compliquer les choses, avec l'adoption du w dans la langue abénakise au XIXe siècle, le 8, devenu obsolète, s’est mis à remplacer le an̈ et le ô . Si bien que, de nos jours, certaines langues algonquines ont conservé le ǒ pour représenter le w, mais en abénakis il représente désormais le son entre an et on.


Des caractères syllabiques sur un fond jaune serti de vert, de rouge, de blanc et de noir; accompagnés du nom de la communauté de Kawawachikamach.

L'emblème des Naskapis

Photo : Gracieuseté

Naskapis

Wamistikusuw (Celui qui est blanc)

Au dernier recensement, environ 710 personnes ont déclaré parler le naskapi à la maison. C'est environ 30 % de plus que lors du recensement de 2016. Entre-temps, comme bien d'autres nations, les Naskapis se sont dotés d'un dictionnaire en ligne (Nouvelle fenêtre). Ils disposent même d'une version traduite de la Bible.

Avec les informations de Marjorie Kitty et de Noah Swappie, et d'après une idée d'Alexis Wawanoloath

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