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Des électeurs cris frustrés de ne pas avoir pu participer aux élections québécoises

Un bureau de vote.

De nombreux électeurs cris n'étaient pas inscrits sur la liste électorale le 3 octobre.

Photo : Radio-Canada / Patrick Louiseize

Radio-Canada

Des voix s’élèvent de la circonscription d'Ungava, dans le nord du Québec, pour dénoncer la manière dont s’est déroulé le scrutin le 3 octobre. Des électeurs cris affirment ne pas avoir pu voter aux élections provinciales.

Cynthia Neeposh a passé la majeure partie de sa vie dans la communauté de Mistissini et vit à la même adresse depuis 15 ans.

Mais lundi dernier, des employés de son bureau de scrutin lui ont appris que son nom ne figurait pas sur la liste électorale et qu’elle ne pouvait donc pas voter.

Je ne me sentais pas bien. J'étais là pour voter. C'est mon droit de voter, relate-t-elle en ajoutant qu'elle avait reçu sa carte d'électeur par la poste.

Elle a rempli un formulaire et a quitté le bureau au terme de cette expérience qu’elle qualifie de frustrante puisqu’elle souhaitait ardemment voter pour l’un des candidats autochtones en lice.

La militante et chroniqueuse crie Maïtée Labrecque-Saganash et l’Inuk Tunu Napartuk, ancien maire de Kuujjuaq, se présentaient tous les deux dans Ungava. Denis Lamothe, le député caquiste sortant, a remporté un second mandat avec 36,2 % des voix.

Pour la deuxième élection de suite, la circonscription a connu le plus faible taux de participation électorale de la province, à 30,3 %, comparativement à 66,4 % pour l'ensemble du Québec. En 2018, la participation électorale dans Ungava avait été de 30,1 %.

Pas d’irrégularités, selon Élections Québec

Élections Québec n'a pas encore reçu d'indication d'irrégularités lors du vote de lundi dans Ungava et aucune enquête n’est prévue pour le moment, selon la porte-parole Julie St-Arnaud Drolet.

Mme St-Arnaud Drolet a encouragé Mme Neeposh et toute autre personne qui s'est sentie privée de son droit de vote à contacter Élections Québec.

Une fois les résultats des élections vérifiés, les électeurs ou les candidats ont quatre jours pour contester officiellement un résultat et demander un recomptage, un processus qui se déroule devant un juge.

La porte-parole indique que la vérification pour la circonscription d’Ungava devrait être terminée jeudi, donc la période de contestation débutera vendredi.

Davantage de défis pour les électeurs cris

Nancy Voyageur est une autre électrice de Mistissini qui n'a pas pu voter lundi.

La carte d'électeur qu'elle a reçue par la poste ne portait pas son nom, comme ça lui est déjà arrivé par le passé.

Cette fois, c'était tout simplement vierge. On m'a dit : "Vous n'êtes pas sur la liste", soutient Mme Voyageur, qui a apporté sa carte et deux pièces d'identité au bureau de vote.

Celle qui vit à la même adresse depuis 20 ans souligne qu’elle a pu voter plusieurs fois aux élections provinciales sans problème.

Elle se dit également déçue de ne pas avoir été autorisée à s’inscrire sur la liste comme on peut le faire lors des élections fédérales avec une pièce d'identité appropriée.

Mme Voyageur affirme que ses deux sœurs n'ont pas été en mesure de voter non plus.

C'était gênant. Les gens attendaient derrière moi en ligne, dit-elle.

Les employés du bureau de scrutin ont aussi fait remplir un formulaire à Mme Voyageur en lui disant qu’elle pourra voter aux prochaines élections provinciales dans quatre ans.

Nous n'avions pas de problèmes avant

Gracie Chiskamish Sealhunter est originaire de Chisasibi. Elle et son mari se sont présentés à leur bureau de scrutin lundi sans qu’ils puissent voter.

Ils ont déjà voté lors d'élections provinciales, mais cette fois-ci, ils n'ont pas reçu de cartes d'électeur.

C'est la première fois que nous ne pouvions pas voter, affirme Mme Chiskamish Sealhunter. Je vote toujours. Nous n'avions pas de problèmes avant.

CBC North a parlé avec d'autres Cris qui ont décrit des frustrations similaires, ainsi qu'avec plusieurs travailleurs non autochtones de Mistissini qui se rendaient voter pour la première fois dans Ungava. Ils ont reçu des cartes d'électeur sans leur nom et n’ont pas pu voter.

Des règles différentes au Québec

Selon les règles électorales québécoises, il est de la responsabilité de l'électeur de s'assurer que ses informations sont correctes et qu'il est sur la liste électorale, explique la porte-parole Julie St-Arnaud Drolet.

Il y a une période de révision et Élections Québec tente par plusieurs moyens de faire passer le message dans les communautés éloignées et autochtones, ajoute-t-elle.

Ces moyens pris par Élections Québec comprennent la mise à disposition des renseignements sur le vote dans huit langues autochtones, dont le cri et l'inuktitut. Les habitants des régions éloignées sont également autorisés à voter par anticipation par la poste et des équipes ont été envoyées dans 23 communautés autochtones au cours de la dernière semaine de septembre, selon la porte-parole.

Contrairement aux élections fédérales, une personne ne peut prêter serment, produire deux pièces d'identité et une preuve d'adresse et être inscrite sur la liste électorale le jour de l'élection. Pour permettre cela, le gouvernement devrait réformer la Loi électorale, ce que le gouvernement caquiste a jusqu'à présent refusé de faire.

Nous rencontrons des cas à chaque élection d'électeurs qui se présentent pour voter sans avoir vérifié au préalable leur inscription sur la liste électorale, dit Mme St-Arnaud Drolet.

D'après un texte de Susan Bell de CBC News.

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