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Le premier ministre et la réconciliation : un long chemin parsemé d’obstacles

Gabrielle Paul et Justin Trudeau.

La journaliste d'Espaces autochtones Gabrielle Paul interviewe le premier ministre Justin Trudeau à l'occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.

Photo : Radio-Canada

On emprisonne encore les femmes autochtones en plus grand nombre que les autres femmes canadiennes; des communautés sont toujours privées d'eau potable; Ottawa continue à contester les droits territoriaux devant les tribunaux : les obstacles à la réconciliation avec les peuples autochtones demeurent immenses, reconnaît le premier ministre Justin Trudeau.

Le premier ministre répond aux questions d'Espaces autochtones en insistant d'abord sur la vérité.

« La vérité [c'est] reconnaître que les peuples autochtones ont été soumis à un attentat d'assimilation visant à effacer leur identité, leur culture, leur langue. »

— Une citation de  Justin Trudeau

Le premier ministre montre aussi du doigt l'éducation reçue par les non-Autochtones, qui a imprégné l'ensemble de la société canadienne.

Cette mentalité, qu'on a mise de l'avant dans les pensionnats autochtones, se glissait aussi dans notre culture en général, dit-il.

Partout au pays, on enseignait à peu près la même chose que les cultures autochtones, que la langue autochtone, l'identité autochtone valaient moins que la culture canadienne; et, malheureusement, cette réflexion est non seulement ancrée dans la population en général, mais aussi dans nos institutions, que ce soit notre système de justice, notre système de santé, nos systèmes d'éducation, explique le premier ministre.

« Si on veut réellement reconnaître la vérité et avancer sur la voie de la réconciliation, il faut comprendre que nos institutions ont besoin de changer, parce que nos institutions ont été façonnées par une mentalité qui est forcément fausse. »

— Une citation de  Justin Trudeau

Le premier ministre reconnaît que ce chemin vers la réconciliation sera long et que la voie à privilégier est celle de l'autodétermination des nations autochtones.

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau a rencontré Espaces autochtones pour discuter des enjeux autochtones, en marge de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.

Il s'agit néanmoins d'un processus long, ardu et coûteux, pendant lequel des Premières Nations se retrouvent dans les tribunaux face au gouvernement fédéral.

Il y a des différends à régler dans les tribunaux, mais de façon idéale, ça se règle en conversation, en négociation, en reconnaissant notre part de la faute, mais aussi en investissant pour bâtir un avenir meilleur et pas juste rester pris dans le passé, dit M. Trudeau.

[Mais] ce n'est pas la grande priorité de toutes les communautés, souligne-t-il, il y a des communautés qui disent non, on veut établir notre système de santé avant d'établir notre système de gouvernance […] Les communautés elles-mêmes ont le droit de choisir leur priorité.

Pour la prochaine année, Justin Trudeau veut que son gouvernement poursuive sur sa lancée quant à ses relations avec les peuples autochtones, en soulignant que son gouvernement partait de loin.

C'est sûr que, dans les premières années, il y a eu beaucoup de travail pour rebâtir un peu des liens de confiance qui ont été rompus pendant des années, des décennies. Mais maintenant, on continue d'accélérer, que ce soit des investissements en logements, que ce soit des investissements en système de santé, que ce soit des signatures d'entente sur le l'autogouvernance.

On est en train d'accélérer le pas et on va continuer de bâtir sur ce momentum, qui n'est pas seulement chez les Autochtones, mais chez les non-Autochtones aussi, conclut-il.

Le premier ministre esquive la question de la surreprésentation des femmes autochtones dans les prisons fédérales, qui comptent pour le tiers des détenues, alors qu'elles constituent 4 % de la population canadienne.

Le premier ministre Trudeau reconnaît cependant que le racisme systémique existe au sein des institutions canadiennes.

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