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Les Autochtones voteront-ils davantage le 3 octobre?

Deux femmes assises à un bureau sur lequel est déposée une urne électorale.

Dans l'ensemble, les Autochtones votent moins que le reste des électeurs québécois.

Photo : Gracieuseté : Élections Québec

Historiquement, les Autochtones votent moins aux élections que le reste des électeurs. Cette différence est particulièrement marquée lors des élections québécoises. Cependant, avec un nombre record de candidats autochtones lors de la présente campagne, est-ce que la participation autochtone le 3 octobre pourrait aussi atteindre un taux record?

Selon Martin Papillon, professeur au Département de science politique de l’Université de Montréal (UdeM), rien de tel n’est garanti.

Les Autochtones participent peu aux processus électoraux en général, dit-il. Mais c’est encore plus marqué au provincial, parce que pour les Premières Nations la relation de nation à nation est d’abord avec le fédéral.

Toutefois, le taux de participation autochtone augmente lorsque les partis présentent des candidats autochtones, observe le professeur.

Non seulement les personnes autochtones ont tendance à voter pour des candidats autochtones, qui sont des personnes dans lesquelles elles peuvent se reconnaître, mais dans les circonscriptions où il y a des candidats autochtones, le taux de participation est plus élevé, explique Martin Papillon.

Dans certaines circonscriptions québécoises, les Autochtones ont un poids électoral plus important.

C’est le cas d’Ungava, dans le nord du Québec, où 66,7 % de la population est autochtone.

Le taux de participation [dans Ungava] était de 30,89  % lors des élections générales provinciales de 2018, par rapport à la moyenne provinciale qui était de 66,45 %, écrit toutefois le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) à Espaces autochtones.

Or, en 2022, deux candidats autochtones seront sur les bulletins de vote : Maïtée Labrecque-Saganash pour Québec solidaire et Tunu Napartuk pour le Parti libéral.

Mais la présence de candidats autochtones ne représente pas le seul facteur influant sur le vote, nuance M. Papillon.

La campagne électorale elle-même et l'intérêt que les partis portent aux enjeux autochtones comptent aussi, dit-il.

Pendant la campagne, on parle très peu de la commission Viens [sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec], de la situation des femmes, des services dans les communautés, énumère Martin Papillon. Alors, les personnes autochtones ne vont pas nécessairement se reconnaître dans la politique québécoise.

Un accès plus compliqué

Beaucoup de communautés étant en région éloignée, l’accès au vote peut y être plus compliqué; une réalité dont le DGEQ dit tenir compte.

L’organisation des élections dans certaines régions éloignées est tout un défi, note le DGEQ. Les électrices et les électeurs [résidant dans ces secteurs] peuvent bénéficier de mesures particulières pour limiter leurs déplacements.

Par exemple, le DGEQ rappelle que dans les communautés autochtones éloignées il est possible de voter par anticipation par la poste.

Dans les communautés, divers moyens de communication sont également mis en place pour [re]joindre les électeurs autochtones, par exemple des messages publicitaires dans les journaux locaux et sur les ondes de stations de radio, souligne aussi le DGEQ.

Le guide d'information sur les élections provinciales est par ailleurs accessible en huit langues autochtones (Nouvelle fenêtre) : anishinabe, atikamekw, cri, innu, mi'kmaw, naskapi, inuktitut et mohawk.

Avec des informations de Delphine Jung

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