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L’Autriche restitue les dépouilles d’Autochtones polynésiens à la Nouvelle-Zélande

Vue aérienne du musée Te Papa Tongarewa.

Les dépouilles seront restituées au musée national de la Nouvelle-Zélande, Te Papa Tongarewa, à Wellington.

Photo : Getty Images / Mark Tantrum

Agence France-Presse

Les dépouilles de plusieurs dizaines de Maoris et Morioris, appartenant à des peuples polynésiens autochtones, ont commencé à être restituées mardi à la Nouvelle-Zélande, après avoir été dérobées au 19e siècle par un pilleur de tombes tristement célèbre.

Les os de quelque 64 Maoris et Morioris, des populations autochtones issues respectivement de la Nouvelle-Zélande et des îles Chatham, sont en cours de restitution par le musée d'histoire naturelle de Vienne.

Ces restes vont être reçus dimanche par Te Papa Tongarewa, le Musée national de la Nouvelle-Zélande à Wellington, dans le cadre d'un programme subventionné par l'État visant à récupérer les dépouilles de populations autochtones du pays.

Les dépouilles, dont des crânes, ont été abritées pendant des décennies dans la capitale autrichienne après avoir été pillées de la tribu iwi en Nouvelle-Zélande voici plus de 130 années, ont précisé les deux pays.

Les dépouilles avaient été prises par le taxidermiste et pilleur de tombes autrichien Andreas Reischek, qui a vécu en Nouvelle-Zélande pendant douze ans, jusqu'en 1889.

Dans ses journaux intimes, il décrit la manière dont il a saccagé plusieurs tombes, sans autorisation, notamment sur les îles Chatham, à Christchurch ou encore à Auckland.

Ces ancêtres ont été volés par ceux qui n'avaient aucun égard pour les communautés maories, a affirmé mardi William Pou Temara, président du Comité consultatif pour le rapatriement de Te Papa, dans un communiqué.

Dans son journal intime, Reischek se vante d'avoir échappé à la surveillance des Maoris, d'avoir pillé des lieux sacrés et d'avoir enfreint le tapu [règles sacrées]. Il savait exactement ce qu'il faisait, a-t-il ajouté.

Ses actions étaient mauvaises et malhonnêtes.

Ce rapatriement vient conclure 77 ans de négociations entre la Nouvelle-Zélande et l'Autriche, commencées en 1945, quand des dirigeants maoris ont exigé le retour des dépouilles.

Ce rapatriement historique permet de réconcilier le passé colonial et ouvre un nouveau chapitre dans les relations entre les Maoris, les Morioris et les gouvernements néo-zélandais et autrichien, a estimé Arapata Hakiwai, un autre dirigeant maori engagé dans le rapatriement.

Ce processus est motivé par un désir de réconciliation, a ajouté Katrin Vohland, directrice du musée d'histoire naturelle de Vienne.

Je suis heureuse que l'on puisse contribuer au processus de guérison, a-t-elle dit.

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