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La croissance de la population autochtone accentue les problèmes de logement

Un bâtiment de la communauté atikamekw de Wemotaci, en Haute-Mauricie.

Un bâtiment de la communauté atikamekw de Wemotaci, en Haute-Mauricie

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Yvon

Ismaël Houdassine

Alors que la population autochtone continue de croître au pays, selon les dernières données du recensement de 2021 de Statistique Canada, les Premières Nations, les Inuit et les Métis sont de plus en plus susceptibles d'avoir des problèmes de logement.

Bien que l’agence fédérale ait indiqué que la proportion d'Autochtones qui vivent dans des logements surpeuplés et dans des logements nécessitant des réparations majeures a diminué depuis 2016, celle-ci continue d’être beaucoup plus élevée comparativement à la population non autochtone.

Ainsi, en 2021, un Autochtone sur six vivait dans un logement qui nécessitait des réparations majeures, un taux plus élevé que parmi la population non autochtone (5,7 %).

C'est un taux trois fois plus élevé que chez les non-Autochtones, confirme André Bernard, directeur adjoint à Statistique Canada. Même si on constate une baisse par rapport à 2016, les écarts demeurent toujours considérables.

Statistique Canada stipule dans son recensement que les communautés autochtones font face à un certain nombre d'obstacles qui expliquent ces disparités en matière de conditions de logement.

On parle d'écarts structurels qui perdurent toujours, précise M. Bernard. Les raisons de ces iniquités sont multiples. Il existe un ensemble de facteurs, tels la géographie, la situation territoriale dans les communautés ou les taux plus élevés de gens à faibles revenus.

Notons qu'en 2021, près de un Autochtone sur cinq au Canada (18,8 %) vivait dans un ménage à faible revenu.

« Pour les Premières Nations vivant dans les réserves, il peut être difficile d'obtenir du financement pour acheter, construire ou rénover un logement en raison de l'application de la Loi sur les Indiens, qui ne permet pas l'utilisation de propriétés comme garanties dans un accord de prêt. »

— Une citation de  Statistique Canada

Le directeur ajoute également que ces inégalités structurelles ne touchent pas toutes les communautés autochtones de la même manière. Il y a des problèmes un peu partout au Canada, mais les proportions sont encore plus importantes chez certains groupes comme pour les Inuit du Grand Nord, où ils sont 26,2 % – soit plus du quart de la population de l'Inuit Nunangat – à vivre dans des logements nécessitant des réparations majeures.

À ce titre, l'agence fédérale indique que les Autochtones des communautés nordiques ou isolées sont particulièrement touchés puisque l'accès limité aux matériaux et de construction et leurs coûts élevés s'ajoutent aux problèmes liés à la construction ou à l'entretien de logements.

Les Autochtones sont près de deux fois plus susceptibles de vivre dans des logements surpeuplés que les non-Autochtones (17,1 % en 2021 par rapport à 9,4 % en 2016). Toutefois, cet écart s’est légèrement rétréci en cinq ans, passant de 9,5 % à 7,8 %. Il demeure qu’en 2021, plus de 40 % des Inuit vivaient dans des logements surpeuplés, contre 21,4 % des membres des Premières Nations et 7,9 % des Métis.

Au total, cela représente un Autochtone sur six, soit 309 345 personnes qui vivent dans des logements dont la taille n'est pas jugée convenable pour le nombre de personnes qui y habitent, selon la Norme nationale d’occupation.

Là aussi, on observe les même distinctions entres les groupes, mais dans l'ensemble, les Autochtones sont deux fois plus touchés [par ce phénomène] que le reste de la population canadienne, dit M. Bernard.

Dans son dernier budget, rappelons que le gouvernement fédéral prévoit dépenser 4,3 milliards de dollars en sept ans afin d'améliorer les logements pour les Autochtones. Ce montant est nettement en deçà des attentes, selon l'Assemblée des Premières Nations (APN), qui demande à Ottawa  44 milliards de dollars afin de répondre aux besoins urgents en matière de logement, y compris pour résoudre les problèmes liés aux réparations et au surpeuplement.

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