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Chez Doris inaugure un refuge de nuit pour femmes sans-abri

Le nouvel établissement de 24 lits ouvrira ses portes la semaine prochaine

Une porte d'un édifice.

Le refuge de nuit est situé à deux pas du square Cabot, à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ismaël Houdassine

Ismaël Houdassine

Alors que l’organisme Chez Doris inaugurait jeudi à Montréal un nouveau refuge de nuit pour les femmes en situation d’itinérance, sa directrice dénonce une situation de plus en plus précaire depuis la pandémie.

Situé sur la rue Chomedey, quasiment en face de l’unique refuge de jour pour femmes de l'ouest de l'île de Montréal, le nouvel établissement pourra recevoir dès lundi prochain 24 personnes sans-abri pour y passer la nuit. Rappelons qu'il devait ouvrir ses portes en 2021, mais des pénuries de matériaux ont causé des retards.

Une capacité d'accueil de 24 personnes est insuffisante, admet d’emblée Marina Boulos-Winton, directrice de la maison Chez Doris, qui accueille un nombre important d'itinérantes autochtones de la métropole.

Trois jours avant son ouverture, on sait que le refuge sera déjà plein, lance-t-elle en entrevue. Depuis l’arrivée de la COVID-19, il y a deux ans, nous constatons une forte augmentation de femmes qui cherchent désespérément un endroit où passer la nuit.

Une femme debout sourit devant l'objectif.

Marina Boulos-Winton est la directrice de la maison Chez Doris.

Photo : Radio-Canada / Ismaël Houdassine

Quant au refuge de jour Chez Doris, il fonctionne à pleine capacité, indique Mme Boulos-Winton. L’arrivée de la pandémie a forcé l’organisme à élargir ses services à toutes heures du jour. On doit quand même refuser l’entrée de 5 à 12 personnes à chaque ouverture, se désole-t-elle.

La directrice rappelle que Chez Doris, qui a ouvert ses portes en 1977, offre aux femmes dans le besoin des vêtements pour se changer, des repas et des programmes pour les aider à faire face à des problèmes tels que l'itinérance, la dépendance à l'alcool et aux drogues.

En accélérant la précarité économique et l’isolement social, la pandémie a aggravé la situation, croit la directrice. Nous avons facilement vu plus de 1600 femmes sans adresse fixe dans les deux dernières années, explique-t-elle. Nous devons faire face à de plus en plus de personnes atteintes de problèmes psychiatriques ou qui ne sont pas autonomes.

« Les besoins sont énormes, car la nuit, nous voyons des femmes en situation d’urgence, certaines sont en état d'ébriété, d'autres qui ne se sentent pas en sécurité fuient la violence conjugale. Elles ont toutes besoin de se retrouver à l’intérieur d’un lieu sécuritaire. »

— Une citation de  Marina Boulos-Winton, directrice de la maison Chez Doris

C’est dans ce contexte difficile que le refuge de nuit viendra prendre le relais les soirs à partir de 20 h 30. Les femmes peuvent y réserver un lit pendant 30 jours en appelant Chez Doris.

L’édifice de trois étages, doté d’un ascenseur et entièrement rénové, compte 22 lits isolés dans des cabines ventilées. Elles sont toutes munies d’une prise électrique et d’une connexion Internet. Notons que les animaux de compagnie sont acceptés. On y trouve aussi des douches, une buanderie, une cuisinette pour réchauffer les repas et une salle de séjour.

Au troisième étage, une chambre de dégrisement est aussi disponible, ajoute la directrice. Les deux lits supplémentaires pourront également accueillir des personnes agitées ou en situation d'extrême détresse.

Une rangée de lits superposés

Construits en pleine crise sanitaire, les lits ont été pensés de manière à minimiser la proximité entre les résidentes et à leur offrir une plus grande intimité.

Photo : Radio-Canada / Ismaël Houdassine

L’appui financier à hauteur de 1,5 million de dollars de la Ville de Montréal et du gouvernement fédéral a permis à Chez Doris de mener la conversion du bâtiment en refuge de nuit.

Après avoir mené une campagne de financement de neuf mois, l’organisme a amassé plus de 15 millions de dollars. La somme servira à plusieurs projets, y compris la construction d’un immeuble comportant 26 appartements locatifs abordables pour les femmes en situation de précarité. Son ouverture est prévue pour 2023.

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