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Les Autochtones peu optimistes sur le prochain gouvernement québécois

Même si les Autochtones se mobilisent rarement lors des élections provinciales, leurs représentants ne cachent pas leurs nombreuses attentes quant au nouveau gouvernement qui sera élu le 3 octobre prochain.

Un montage photo des chefs.

Les chefs de parti pendant la campagne électorale québécoise de 2022, de gauche à droite : François Legault, Dominique Anglade, Éric Duhaime, Gabriel Nadeau-Dubois et Paul St-Pierre Plamondon

Photo : La Presse canadienne

Il y a beaucoup d’attentes, mais peu d’espoir. Ghislain Picard, le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec-Labrador (APNQL), ne le cache pas. Il faut dire que les relations entre les Autochtones et le gouvernement caquiste ne sont pas au beau fixe.

Nous demandons une relation politique avec un P majuscule. On a besoin d’un gouvernement assez courageux pour discuter des enjeux fondamentaux qui touchent les Premières Nations, dit-il en entrevue.

Le chef Ghislain Picard, prononçant un discours sur une scène avec un écran derrière lui.

Ghislain Picard considère que le gouvernement québécois n'écoute pas assez les voix autochtones.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le territoire, la reconnaissance du racisme systémique, le développement économique et l’autonomie politique des communautés, la déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones… Ces thèmes sont bien souvent avancés.

Mandy Gull-Masty, la grande cheffe des Cris, évoque de son côté l'environnement, le changement climatique et les menaces de récession qui pèsent sur l'économie mondiale. Des sujets qui touchent fortement les communautés.

Oui ce sera peut-être difficile pour le gouvernement de parler de certains sujets, mais ils sont importants pour nous, ajoute M. Picard, soulignant une politique de façade de la CAQ vis-à-vis des communautés.

« C’est facile de distribuer de l’argent comme le fait M. Lafrenière [ministre responsable des Affaires autochtones, NDLR], mais il faut faire plus. »

— Une citation de  Ghislain Picard, le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec-Labrador

Sipi Flamand, récemment élu chef de la communauté de Manawan, pense qu’il est temps de pousser les politiques plus loin. C’est important que les partis fassent des efforts.

Sipi Flamand.

Sipi Flamand veut que le gouvernement québécois tienne davantage compte des enjeux autochtones.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Villeneuve

Comme M. Picard, il souligne l’importance pour le nouveau gouvernement de reconnaître le racisme systémique au Québec et d’aller plus loin encore : adopter le Principe de Joyce, qui doit garantir à tous les Autochtones l'accès à des soins de santé dans un environnement culturellement sécuritaire.

Les derniers chiffres indiquant une probable nouvelle victoire de la CAQ, le chef Flamand n'a pas grand espoir que les choses changeront fondamentalement pour les Autochtones. Leur slogan est "Continuons"… alors s’ils veulent continuer…, lâche-t-il avec un certain découragement, évoquant encore une réconciliation unilatérale.

Gros plan de Ian Lafrenière et la tête de Ghislain Picard floue en avant-plan.

Ian Lafrenière, ministre responsable des Affaires autochtones

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

C’est difficile de croire qu’après quatre ans sans grand changement, les choses changeront maintenant. Le gouvernement Legault n’est toujours pas prêt à avoir une réelle relation politique, dit de son côté M. Picard.

Mandy Gull-Masty est moins dure envers le précédent gouvernement québécois. Le parti a beaucoup appris lors de son précédent mandat. Nous avons une relation un peu différente avec Québec à cause de nos ententes, dit-elle en faisant référence, notamment, à la Convention de la Baie-James.

Mandy Gull-Masty.

Mandy Gull-Masty croit que le prochain gouvernement n'aura d'autre choix que de travailler sur les enjeux qui touchent les Autochtones.

Photo : CBC/Olivia Stefanovich

Elle se dit en tout cas ouverte à continuer à travailler avec François Legault en cas de victoire de la CAQ.

Parler au Parlement pour les Autochtones

Tous soulignent le nombre de candidats autochtones cette année : neuf. Un record.

J’espère que ça signifie quelque chose pour ceux qui s’aventurent sur ce terrain, mais surtout au-delà. Que ça signifie aussi quelque chose pour les partis politiques pour lesquels ils se présentent, indique M. Picard.

Pour autant, il ne croit pas trop à l’intégration des Autochtones dans le système politique des Blancs. Pour appuyer son propos, il évoque le cas de Jody Wilson-Raybould, une Autochtone qui a été ministre de la Justice libérale.

Une femme souriante avec une veste noire et des motifs autochtones de couleur blanche déambule parmi des militants heureux.

Jody Wilson-Raybould a été ministre de la Justice sous le précédent gouvernement libéral.

Photo : maggie macpherson/cbc / Maggie MacPherson

C’était un poste clé et on sait ce qui est arrivé. C’est un terrain glissant. Ça prend une refonte d’un système colonial, mais entre-temps, il n’y a pas une lutte qui ne mérite pas d’être citée, ajoute encore le chef de l’APNQL. Cela dit, une voix de plus au Parlement est toujours une voix de prise, selon lui.

La grande cheffe des Cris croit toutefois que la mobilisation sera peut-être plus importante chez les Autochtones, réputés pour être peu enclins à prendre part aux élections provinciales.

« Le fait que la documentation est essentiellement en français est un frein pour les Cris qui sont majoritairement anglophones. Mais nous lançons une campagne pour les encourager à voter en traduisant les programmes des candidats. »

— Une citation de  Mandy Gull-Masty, grande cheffe crie

Aucun ne donne de consigne de vote aux Autochtones.

On a toujours dit que c’est un processus qui appartient au Québec et que ce n’est pas le nôtre, mais avec le nombre de candidats autochtones cette année, cela aurait peut-être une incidence sur le taux de participation, indique M. Picard.

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