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Ce qu’il faut savoir sur la Première Nation James Smith en Saskatchewan

Une maison avec une voiture de police après les attaques au couteau dans la Nation crie James Smith, en Saskatchewan, le 4 septembre 2022.

Une maison avec une voiture de police après les attaques au couteau dans la Nation crie James Smith, en Saskatchewan, le 4 septembre 2022.

Photo : Radio-Canada / Geneviève Patterson

La petite communauté située à près de 200 kilomètres au nord-est de Saskatoon vit un véritable cauchemar après que plusieurs membres ont été tués et d'autres, blessés.

Dimanche matin, les frères Damien et Myles Sanderson sont suspectés d'avoir attaqué au couteau plusieurs résidents de la communauté crie de James Smith. Ils se seraient ensuite dirigés vers le village de Weldon, situé à une vingtaine de kilomètres de là. Le bilan : 13 scènes de crime, essentiellement dans la communauté crie, 11 morts (dont un des suspects) et 19 blessés.

La GRC a retrouvé le corps de Damien Sanderson lundi en fin d’après-midi sur le territoire de la Première Nation. Ce dernier avait des blessures visibles qu'il ne semble pas s'être infligées lui-même.

Son frère, Myles Sanderson, est toujours en fuite et pourrait être blessé, selon les policiers. Il est accusé de trois meurtres au premier degré.

La communauté crie James Smith a déclaré l’état d’urgence et a demandé aux médias et aux curieux de les laisser tranquilles.

Le 5 septembre 2022, Ruby Works apporte des fleurs devant la résidence d'une victime du village de Weldon qui a perdu la vie lors des attaques au couteau dans la Nation crie James Smith et le village de Weldon, en Saskatchewan.

Le 5 septembre 2022, Ruby Works apporte des fleurs devant la résidence d'une victime du village de Weldon.

Photo : La Presse canadienne / Heywood Yu

Dans un communiqué, le chef de la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan, Bobby Cameron, a imploré les habitants de la Saskatchewan de partager toutes informations pertinentes, car ce climat d’incertitude est insoutenable pour les familles.

« L'incertitude continue de provoquer un stress et une panique incommensurables chez nos familles, nos amis et nos voisins. Ils ont déjà suffisamment souffert. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour aider à mettre fin à cette tragédie sans qu'il y ait d'autres pertes de vie. »

— Une citation de  Bobby Cameron, chef de la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan

Sur les réseaux sociaux, plusieurs résidents ont fait part de leur grande peine, certains donnant des informations sur des proches. Plusieurs ont mis en cause la drogue.

« Cela est la destruction à laquelle nous devons faire face lorsque les drogues illégales et nocives envahissent nos communautés. »

— Une citation de  Bobby Cameron chef de la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan

Une communauté déjà ébranlée par le passé

La communauté, dont les terres sont situées sur les rives sud et nord de la rivière Saskatchewan, porte le nom du chef James Smith, qui a signé le traité no 6 au nom de la Première Nation en 1876. À l’époque, la population s'élevait à 134 membres.

Aujourd'hui, près de 1900 personnes vivent dans la communauté James Smith, selon son site Internet. Mais avec ceux vivant en dehors, la Première Nation compte environ 3400 membres inscrits.

La communauté n'en est pas à son premier épisode de violence. L’an dernier, presque jour pour jour, une fusillade y avait fait deux morts.

L'Archevêque de Canterbury rencontre la Nation crie de James Smith, samedi le 30 avril 2022.

L'Archevêque de Canterbury a rencontré la Nation crie de James Smith, le samedi 30 avril 2022.

Photo : Radio-Canada / Carly Thomas

Fin avril, plusieurs survivants des pensionnats pour Autochtones de la Première Nation James Smith ont raconté leurs histoires et traumatismes au chef spirituel anglican, l'archevêque de Canterbury Justin Welby, qui était en visite dans la Nation crie. Ce dernier s’est d’ailleurs excusé au nom de l'Église pour avoir permis un crime terrible dans les pensionnats pour Autochtones.

La communauté a aussi déjà fait face à des évacuations pour cause d'inondations à au moins deux reprises, en 2012 et 2013. Elle a aussi subi les impacts d'un déversement pétrolier en 2016. Pour cela, elle a poursuivi le gouvernement de la Saskatchewan et le gouvernement fédéral pour leur inaction.

Selon le recensement de 2016, 50 % de la population a moins de 24 ans et le taux de chômage est de 24 %. Le revenu médian est d’environ 17 500 $.

Comme de nombreuses communautés autochtones à travers le pays, James Smith fait face à des problèmes de logement.

Ainsi, 42 % des habitations sont surpeuplées, comparativement à une moyenne de 36 % dans les autres communautés autochtones de la Saskatchewan. En outre, près de deux logements sur trois nécessitent des réparations majeures dans la Première Nation James Smith.

Le territoire de James Smith compte à la fois des terres fertiles pour l'agriculture ainsi que des zones forestières destinées à la chasse, la pêche, le piégeage et la cueillette.

Attaques au couteau en Saskatchewan

Avec des informations d'Olivia Stefanovich et Mathieu Gohier

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