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Mort du dernier membre d’une petite tribu d’Amazonie

La forêt amazonienne.

Le territoire Tanaru s'étend sur 8000 hectares de forêt vierge, au sein de l'État de Rondonia, à la frontière du Brésil et de la Bolivie. L'« Indien Tanaru », qui a vécu totalement isolé, était le dernier survivant de sa tribu. (Archives)

Photo : Getty Images / IStock photo / DDurrich

Agence France-Presse

Pendant plus de deux décennies, il a vécu totalement isolé dans la forêt amazonienne, se nourrissant de noix, de fruits et d'animaux chassés. Retrouvé mort à la fin d'août dans un hamac, cet homme symbolisait la résistance des Autochtones de l'Amazonie brésilienne face à la déforestation et à l'exploitation minière.

La nouvelle de la mort de cet homme, dont on sait très peu de choses, a fait le tour du monde.

Il était le dernier survivant d'une petite tribu, cible de massacres perpétrés par des hommes armés vraisemblablement engagés par des propriétaires terriens cherchant à exploiter la forêt.

Les autorités n'ont fait état d'aucun signe de violence pour expliquer sa mort et présument qu'elle est naturelle. Son corps a été retrouvé dans sa hutte, le 23 août, couvert de plumes d'aras, selon les médias locaux.

La terre autochtone Tanaru s'étend sur 8000 hectares de forêt vierge au sein de l'État de Rondonia, à la frontière avec la Bolivie. Entourée de vastes ranchs de bétail, elle est soumise à la pression constante des éleveurs et des bûcherons illégaux, ainsi que des exploitants miniers, dans une des régions les plus dangereuses du Brésil, selon l'ONG Survival International.

L'homme avait été aperçu pour la première fois en 1996 par l'équipe de tournage d'un documentaire qui accompagnait une équipe de l'agence gouvernementale brésilienne pour les affaires autochtones (Funai) enquêtant sur le massacre de sa tribu.

Les images rapportées dans le documentaire Corumbiara (2009), de Vincent Carelli, montrent un Autochtone méfiant scrutant depuis une ouverture dans sa hutte au toit de chaume ses visiteurs, avant de brandir de manière menaçante une lance, sans qu'aucun son ne sorte de sa bouche.

Des équipes de la Funai sont revenues à plusieurs reprises par la suite à sa rencontre, accompagnées de représentants de tribus voisines, afin de tenter d'en apprendre davantage sur lui et sa tribu disparue.

Mais l'Autochtone a toujours clairement manifesté sa volonté de rester isolé. Se sentant menacé, il avait même un jour tiré une flèche, blessant grièvement un membre de la Funai.

« On ne peut qu'imaginer ce que cet homme pensait, vivant seul, ne parlant avec personne, et très effrayé par tout étranger qui pour lui représentait une menace potentielle. »

— Une citation de  Fiona Watson, directrice de l'ONG Survival International

Les autorités brésiliennes se sont par la suite contentées de réaliser des patrouilles sur son territoire à la recherche de signes indiquant qu'il était toujours en vie. La dernière image de lui, filmée en 2011, mais publiée sept ans plus tard, le montre à moitié nu en train de couper un arbre à la hache.

Outre les arcs et les flèches retrouvés indiquant qu'il chassait, les autorités ont également découvert des vergers parfaitement bien entretenus, selon Fiona Watson, où il semblait cultiver des fruits et des légumes, dont des papayes et du manioc.

Mais ce qui a toujours le plus fasciné les experts, ce sont les trous qu'il creusait, certains atteignant jusqu'à deux mètres de profondeur et dotés de lances pointues dans le fond.

Selon la Funai, il aurait construit 53 huttes dans la forêt, toutes réalisées dans le même style : en chaume avec une seule porte et avec toujours un trou à l'intérieur, qui aurait servi à piéger des animaux, mais peut-être aussi d'abri, ou encore aurait eu une fonction spirituelle.

Selon la Funai, la présence de groupes autochtones isolés au Brésil a été détectée dans 114 endroits différents. Une évaluation qui varie cependant selon les rapports.

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