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Trudeau propose une juge autochtone à la Cour suprême, une première au Canada

Une femme portant un costume académique.

La juriste Michelle O’Bonsawin est membre abénakise de la Première Nation d’Odanak.

Photo : Youtube

Ismaël Houdassine

Le premier ministre Justin Trudeau propose la nomination de Michelle O’Bonsawin pour siéger à la Cour suprême du Canada. Membre abénakise de la Première Nation d’Odanak, la juriste « parfaitement bilingue » siège à la Cour supérieure de justice de l’Ontario à Ottawa depuis 2017.

Je suis heureux d’annoncer la nomination de la juge Michelle O’Bonsawin à la Cour suprême du Canada, une instance reconnue dans le monde entier pour sa solidité, son excellence et son indépendance, a déclaré le premier ministre par voie de communiqué.

La magistrate autochtone qui est née à Hanmer, au nord de Sudbury, est titulaire d’un baccalauréat ès arts, d’un baccalauréat et d'une maîtrise en droit. Elle est également détentrice d'un doctorat en droit de l’Université d’Ottawa. Elle s’est spécialisée tout au long de sa carrière dans plusieurs domaines, notamment ceux de la santé mentale et des droits de la personne.

La juge O’Bonsawin a été nommée à la suite d’un processus de sélection ouvert et non partisan. Je suis convaincu qu’elle apportera des connaissances et des contributions inestimables au plus haut tribunal de notre pays, a ajouté Justin Trudeau.

Le chef Ghislain Picard, de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), a salué et félicité la nomination de la juge sur les réseaux sociaux. De son côté, le ministre de la Justice, David Lametti, a qualifié cette nomination de moment historique.

Au Conseil des Abénakis d’Odanak, au Québec, le directeur général Daniel G. Nolett se dit fier de cette annonce. On est très heureux pour Michelle [O’Bonsawin] et cette nomination va rayonner sur l’entièreté des membres de notre communauté, s’est-il réjoui.

Après la nomination de Mary Simon, première Autochtone gouverneure du Canada, l’arrivée prochaine de Michelle O’Bonsawin au plus haut tribunal du pays confirme l’ouverture du gouvernement envers les Premières Nations, indique le directeur général. C’est très significatif pour nous, mais aussi pour tous les Autochtones au Canada.

« La Cour suprême, c’est l’ultime cour au pays, ces décisions font jurisprudence, et voir qu’une membre d’une Première Nation va y siéger montre que les Autochtones sont dorénavant pris en considération. »

— Une citation de  Daniel G. Nolett, directeur général du Conseil des Abénakis d’Odanak

M. Nolett connaît bien la magistrate qui garde des liens forts avec sa communauté même si celle-ci réside en Ontario. Elle a toujours été très fière de ses origines abénakises, ajoute-t-il. Elle va apporter à la Cour suprême ses valeurs et ses principes en proposant d’autres modes de pensée.

Sa nomination viendra pourvoir le poste laissé vacant par le juge unilingue anglophone Michael J. Moldaver, dont le départ à la retraite est prévu pour 1er septembre prochain.

Une audience sera organisée le 24 août prochain par les membres du Comité permanent de la justice et des droits de la personne de la Chambre des communes afin de questionner la magistrate. Rappelons que les juges de la Cour suprême sont nommés par la gouverneure générale, sur recommandation du premier ministre.

La confirmation de Mme O’Bonsawin comme juge à la Cour suprême sera donc prise par Mary Simon, première gouverneure générale autochtone.

À la lecture du questionnaire de candidature, mis à disposition par le ministère de la Justice, Mme O'Bonsawin a décrit comment son expérience en tant qu'Autochtone au Canada a façonné sa vie et sa carrière juridique.

Je crois que mon expérience de vie en tant que femme francophone membre des Premières Nations, parent, avocate et juge me donnent une compréhension et un aperçu de la diversité du Canada, a-t-elle indiqué.

La magistrate a également souligné son intérêt pour les problèmes de santé mentale et a parlé d'une mission à long terme pour s'assurer que les stigmates entourant la santé mentale soient limités et, espérons-le, un jour éliminés.

Il est crucial que notre système juridique reconnaisse et soutienne les efforts visant à sensibiliser le grand public à la maladie mentale via son comportement judiciaire et sa compréhension telle qu'énoncée dans les jugements, a-t-elle déclaré.

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