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Le nombre de personnes qui parlent des langues autochtones diminue au Canada

Une enseignante autochtone écrit sur un tableau

Un enseignant enseigne sa langue autochtone.

Photo : Radio-Canada / Claude Brunet

Radio-Canada

De nouvelles données de Statistique Canada indiquent que le nombre de personnes parlant une langue autochtone a légèrement diminué au pays. Le recensement fait également état de difficultés de collecte de données.

Les données recueillies du recensement de 2021 montrent qu'environ 243 000 personnes ont déclaré être capables de parler une langue autochtone, ce qui représente une baisse par rapport au recensement de 2016, où ce chiffre était d'environ 251 000.

Statistique Canada a ajouté que les principales langues autochtones parlées à la maison sont le cri et l'inuktitut. Comme pour les autres années de recensement, le nombre de personnes qui déclarent être capables de parler une langue autochtone est plus élevé que celui des personnes qui déclarent en avoir une comme langue maternelle, ce qui suggère que les gens apprennent des langues autochtones.

L’agence fédérale a toutefois déclaré que la comparaison des années de recensement doit être faite avec prudence, car la pandémie de COVID-19 a entravé sa capacité à comptabiliser avec précision les Premières Nations et les autres communautés autochtones.

Rappelons que plus de 70 langues autochtones distinctes sont parlées au Canada. Dans plusieurs cas, la transmission incomplète des langues autochtones aux prochaines générations se reflète dans la diminution et le vieillissement des populations qui parlent ces langues, stipule Statistique Canada.

« En 2021, plus d'une vingtaine de langues autochtones au Canada étaient la langue maternelle de 500 personnes ou moins, personnes dont l'âge médian était de 60 ans et plus. »

— Une citation de  Statistique Canada

Pour le recensement de 2021, l’agence a indiqué ne pas avoir été en mesure de recueillir des informations auprès de 63 réserves et autres communautés des Premières Nations. Nombre d'entre elles auraient refusé l’accès aux employés de l’organisme.

Les responsables ont expliqué que les efforts déployés pour recueillir des données de recensement auprès des communautés autochtones ont été mis à mal par la pandémie de COVID-19, ainsi que par les vagues de chaleur et les incendies de forêt qui ont balayé la Colombie-Britannique et le nord de l'Ontario.

Un panneau de circulation avec le nom des villes de Squamish et Vancouver en langue autochtone.

Les programmes de revitalisation des langues autochtones servent aussi à promouvoir la langue et à la démocratiser.

Photo : Radio-Canada

Ils ont également souligné que la participation au recensement avait été freinée par la découverte de tombes non marquées sur les anciens sites des pensionnats pour Autochtones.

La publication des données de mercredi sur la langue intervient alors que le gouvernement libéral du premier ministre Justin Trudeau a décrit la préservation des langues autochtones comme une priorité. En 2019, le gouvernement a adopté une loi qui, selon les autorités, aiderait à la revitalisation des langues à travers le pays.

Lori Idlout, députée fédérale du Nunavut et représentante du NPD, a déclaré que, parmi les électeurs, la sauvegarde des langues fait partie de leurs préoccupations, au même titre que l’accès au logement, les soins aux personnes âgées et la santé mentale.

Tout le monde est conscient que nous perdons notre langue très rapidement, a-t-elle déclaré au sujet de l'inuktitut lors d'une récente entrevue.

« Les langues autochtones les plus parlées diffèrent selon les régions du pays. Dans les provinces de l'Atlantique, le mi'kmaq est la langue autochtone parlée de façon prédominante à la maison par le plus grand nombre de locuteurs, sauf à Terre-Neuve-et-Labrador, où il s'agit de l'innu. »

— Une citation de  Statistique Canada

Pour sa part, Kevin Lewis, un enseignant cri de la Saskatchewan, a déclaré que la demande de personnes parlant couramment la langue est en hausse. Et ce n'est pas seulement dans l’enseignement. M. Lewis dit qu'on l'a également approché pour trouver des opérateurs qui maîtrisent la langue autochtone pour les services d'urgence 911.

Il y a beaucoup d'opportunités qui se sont ouvertes maintenant et qui n'existaient pas avant, a déclaré en entrevue cette semaine M. Lewis, professeur à l'Université de la Saskatchewan et originaire de la Nation Crie de Ministikwan Lake.

C'est énorme!

Toujours selon Statistique Canada, entre 2016 et 2021, le nombre de membres de la génération Alpha – des enfants âgés de huit ans ou moins – qui peuvent parler une langue autochtone est passé de 11 715 à 28 755.

M. Lewis a dit que lorsqu'il s'agit de la langue crie, il voit deux groupes démographiques intéressés à apprendre la langue. D'une part, les survivants des pensionnats, qui donnent à leurs enfants et petits-enfants l'occasion d'apprendre une langue qu'ils n'ont jamais pu parler.

L'autre, dit-il, est constitué de survivants de la rafle des années 1960 (Sixties Scoop) qui, enfants, ont été retirés de leur communauté par des travailleurs sociaux et qui essaient maintenant de retrouver leurs racines.

M. Lewis affirme que la revitalisation de la langue est en cours et attribue aux plateformes de médias sociaux comme TikTok et YouTube le mérite de donner aux jeunes la possibilité de pratiquer le cri, exposant ainsi un plus grand public à la langue autochtone.

Avec les informations de La Presse canadienne

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