•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des groupes autochtones de T.-N.-L. veulent changer le nom d’un édifice historique

L'édifice Colonial.

L'édifice Colonial, à Saint-Jean, a abrité la Chambre d'assemblée de Terre-Neuve jusqu'à 1960.

Photo : Radio-Canada / Curtis Hicks

La Presse canadienne

Des groupes autochtones de Terre-Neuve-et-Labrador s'opposent à la récente décision du gouvernement provincial de conserver le nom de l'édifice historique Colonial Building du centre-ville de la capitale Saint-Jean.

Le gouvernement du Nunatsiavut, qui représente les Inuit du Labrador, et First Voice, une coalition autochtone de Saint-Jean, ont publié lundi des déclarations exprimant leur déception.

Le premier ministre Andrew Furey continue de promouvoir la réconciliation comme quelque chose qui lui tient à cœur ainsi qu'à son gouvernement. Si tel est effectivement le cas, alors il devrait reconsidérer cette décision, indique un communiqué du gouvernement du Nunatsiavut.

First Voice a déclaré que bien qu'elle soutienne la consultation publique et les conversations avec les non-Autochtones, les décisions concernant la réconciliation et la décolonisation doivent donner la priorité aux voix autochtones et à ceux qui ont vécu l'expérience de la colonisation.

Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador a annoncé lundi qu'il ne renommerait pas le bâtiment, citant le faible soutien pour un changement de nom des répondants à un sondage en ligne. Un rapport accompagnant le sondage montre qu'un total de 215 personnes ont participé et 69 % d'entre elles ont déclaré que le nom actuel devrait rester. Seulement 6 % des répondants se sont identifiés comme Autochtones, selon le rapport.

Un bâtiment historique

Le bâtiment à piliers en pierre se dresse au sommet de la rue Colonial au centre-ville de Saint-Jean, juste à côté d'un parc très fréquenté. Il a ouvert ses portes en 1850 pour abriter le gouvernement colonial de Terre-Neuve, et il a accueilli la législature provinciale pendant les dix premières années après l'adhésion de Terre-Neuve au Canada en 1949.

Dans une note d'information datée du 17 novembre 2021 et obtenue pour la première fois par CBC News, le ministère provincial du Tourisme a discuté de la nécessité de renommer le bâtiment dans le cadre des efforts continus en faveur de la réconciliation autochtone.

Le ministère a déclaré lundi qu'il prévoyait raconter et représenter l'histoire de la gouvernance autochtone dans le bâtiment, qui est en cours de rénovation pour devenir une attraction touristique qui comprendra des visites et des expositions.

L'avis des Inuit et des Innus sollicité

Le gouvernement du Nunatsiavut a déclaré qu'il avait été consulté sur la question et qu'il avait suggéré que l'édifice soit renommé Parliament House. Le mot colonial a des connotations négatives, a-t-il déclaré, en particulier compte tenu de l'impact de la colonisation sur les Inuit du Labrador et sur les autres peuples autochtones de la province.

La réconciliation n'est pas confortable, a affirmé le gouvernement inuit. De par sa nature même, cela signifie devoir prendre des décisions qui ne sont pas toujours populaires, mais nécessaires pour s'assurer que les intérêts des membres marginalisés de la société sont respectés et protégés, ajoute-t-il.

Dans une déclaration envoyée par courriel mardi, le grand chef Etienne Rich de la Nation innue du Labrador a fait savoir qu'il avait été invité à donner son avis sur la question lors d'une des réunions régulières du premier ministre Andrew Furey avec les dirigeants autochtones de la province. La Nation innue a cependant été surprise lundi par l'annonce qui mettait fin à la discussion, a déclaré M. Rich.

Bien que le nom Colonial Building soit un rappel brutal de l'histoire de la colonisation de la province et des dommages qu'elle a causés aux Innus, un changement de nom n'effacerait pas cette histoire, indique son communiqué.

Contrairement au passé, lorsque les Innus n'étaient qu'une réflexion d'après-coup et n'avaient pas la possibilité d'influencer les décisions d'un gouvernement colonial, nous pouvons participer et participerons au processus de consultation à venir pour nous assurer que l'histoire de la Nation innue est fidèlement reflétée dans le contexte du récit provincial, a dit le chef Rich.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !