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Une œuvre sur la Nation Quechua de Bolivie primée à Présence autochtone

Une homme pose sa tête sur les genoux d'une femme assise.

Le film Utama a été réalisé par le Bolivien Alejandro Loayza Grisi.

Photo : Alma Films

Ismaël Houdassine

Sans surprise ou presque, c’est la magnifique chronique familiale Utama, d’Alejandro Loayza Grisi, qui a remporté les grands honneurs avec le prix Création de la 32e édition de Présence autochtone, qui dévoilait mardi soir son palmarès et remettait ses récompenses dans huit catégories.

L’opus, dont le titre signifie Notre foyer, a été tourné sur les hauts plateaux arides de la région de Potosí en Bolivie, en territoire quechua. Déjà encensée dans plusieurs festivals internationaux, notamment durant la dernière édition de Sundance, l’œuvre sud-américaine aborde des thèmes très contemporains pour les Premières Nations de la région comme l’exode rural, l’acculturation et les conséquences dévastatrices du changement climatique.

Le second prix est allé à une autre production bolivienne de qualité : El Gran Movimiento (Le grand mouvement, en français), de Kiro Russo. Cette fois, direction La Paz, la grouillante et poussiéreuse capitale andine, où l’on fait la connaissance d’un mineur venu en ville avec ses amis pour participer à une manifestation ouvrière.

Sur place, l’homme (interprété par un charismatique Julio César Ticona) tombe étrangement malade. Il cherche alors secours auprès d’un chaman-guérisseur. Le cinéaste Russo signe ici un film ultra esthétique et inventif sur les croyances séculaires des premiers peuples confrontés à la prédation d’un système capitaliste. Notons que ce film est également reparti avec le prix de la meilleure direction photo.

On reste en Amérique du Sud puisque le jury a décerné le prix du meilleur documentaire à Apenas el sol (Rien que le soleil), d’Arami Ullón. La réalisatrice paraguayenne, qui vit aujourd’hui en Suisse, suit avec sa caméra la course contre la montre de Mateo Sobode Chiqueno qui enregistre sans relâche les chants, les légendes et les témoignages des Autochtones Ayoreo, dont la culture et la mémoire millénaires sont menacées par une sédentarisation forcée.

Courage au féminin

Deux titres se sont démarqués cette année pour le prix Rigoberta Menchú. Le grand prix est revenu à l’exceptionnel Powerlands, d’Ivey Camille Manybeads Tso. Cette coproduction canado-américaine nous plonge au cœur des multiples combats de femmes autochtones des quatre coins du monde pour conserver leurs terres et leur patrimoine.

Le second prix de la catégorie a quant à lui été remis à Tystnaden i Sápmi, de la Norvégienne Liselotte Wajstedt, documentaire poignant relatant le courage de deux femmes samies qui ont décidé de briser le silence à l'ère du mouvement #MeToo.

Une femme debout.

Le documentaire Tystnaden i Sápmi de la Norvégienne Liselotte Wajstedt raconte la prise de parole de deux femmes issues du peuple sami.

Photo : Paranord Film

C’est l’immanquable Wildhood, du cinéaste mi’kmaw Bretten Hannman, qui a raflé le prix APTN, récompense dédiée à un ou une cinéaste autochtone qui s'est distingué pendant l'année. Dans ce road-movie plein de promesses, deux jeunes garçons, portés par les interprétations de Phillip Lewitski et Avery Winters, partent à la recherche de leur identité autochtone.

Les frangins rencontreront en chemin un jeune homme prénommé Pasmay (Joshua Odjick, originaire de Kitigan Zibi au Québec) qui acceptera de les accompagner dans leur quête. Une œuvre puissante sur la rébellion, la jeunesse et la liberté.

Côté court métrage, le prix Radio-Canada Espaces autochtones est allé à Chanson de l’Arctique, de Germaine Arnattaujuq, Neil Christopher et Louise Flaherty. En six minutes chrono, le trio nous raconte, en musique et en images d’animation, la genèse du monde selon la tradition inuit du Nunavut. Signalons une mention spéciale accordée à Imalirijit, de Vincent L’Hérault et Tim Anaviapik Soucie.

Le prix du court métrage international revient à Flores de la llanura, de la Mexicaine Mariana X. Rivera, qui s'intéresse au peuple Amuzgo dans l’État du Guerrero. Sur fond de féminicide et d’exclusion, le récit s’attarde sur une communauté prête à tout pour sauver sa dignité et ses traditions ancestrales.

Enfin, le réalisateur brésilien Vincent Carelli a reçu le prix d’accomplissement historique pour son travail de quatre décennies pour donner image et voix aux peuples autochtones du Brésil. Son plus récent opus Adeus, Capitão a d’ailleurs été présenté durant le festival. Une production d’envergure et ambitieuse tournée en portugais et en parkatêjê, idiome de la nation autochtone amazonienne gavião.

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