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Wachiya, un documentaire qui donne la parole aux Cris

Village cri du Nord-du-Québec - Whapmagoostui, en langue crie, et Kuujjuarapik en langue inuit.

Wachiya, un documentaire sur les autochtones cris du Québec.

Photo : Radio-Canada

Isabelle Barzeele est une réalisatrice d'origine belge. Son documentaire Wachiya présente le territoire nordique québécois et les Cris qui y vivent depuis des millénaires.

Isabelle Barzeele explique que son objectif en réalisant ce film était de donner la parole aux Cris uniquement.

Je voulais avoir uniquement leur vision. C'est pour cette raison qu'il n'y a ni narrateur ni experts. Ce sont eux-mêmes les propres experts sur eux-mêmes, dit Isabelle Barzeele.

Entre plusieurs plans tournés sur le territoire, la réalisatrice donne la parole à différentes figures qui ont accepté de se confier à elle : le chasseur, l'artiste, la grand-mère ou le politicien. Chacune de ces figures possède une histoire qui la lie au territoire.

NDLR : Isabelle Barzeele est caméraman/monteuse à CBC/Radio-Canada.

Un intérêt prolongé

L'intérêt d'Isabelle Barzeele pour le sujet du documentaire ne date pas d'hier. Cette dernière a beaucoup travaillé pour Maamuitaau, une émission d'affaires publiques en langue crie produite par CBC North.

Je montais très souvent dans le nord pour tourner Maamuitaau avec une équipe qui était crie. Comme j'ai des cheveux noirs et une peau assez foncée, je passais complètement inaperçue. J'étais à des endroits où y'a aucun Blanc qui y allait. Je me retrouvais dans des contextes de fêtes sur le territoire où j'étais la seule Blanche, dit la réalisatrice.

En revenant dans le sud à l'issue des tournages, elle réalisait la méconnaissance de nombreuses personnes des réalités autochtones.

Des collègues et des gens que je rencontrais me disaient que les Autochtones revendiquaient leurs territoires et leurs cultures pour des raisons économiques, ce qui est complètement faux, explique Isabelle Barzeele.

En étant là-haut, je sentais la puissance du territoire […] Il y avait pour moi une compréhension qui dépassait l'entendement, une compréhension physique de l'entraide. […] Pour moi, c'était très clair et je me suis dit que ce serait intéressant de créer quelque chose qui permettrait aux allochtones de comprendre cet aspect des choses, ajoute-t-elle.

L'entraide nécessaire

La réalisatrice explique avoir été particulièrement marquée par la nécessité de l'entraide entre les individus vivant sur le territoire durant les séances de tournage de son documentaire qui se sont échelonnées sur plusieurs années.

Elle pense en particulier à une journée très froide où elle devait filmer des marcheurs qui descendaient de Whapmagoostui vers Ottawa dans le cadre de Idle no more.

J'ai demandé à quelqu'un qui avait une motoneige de m'embarquer pour filmer les marcheurs qui allaient sur la baie d'Hudson en raquettes pour se rendre au village suivant. Il m'a aidée, puis je ne l'ai jamais revu ensuite. On ne se connaissait même pas et il m'a aidée, alors que des collègues n'auraient pas eu cette gentillesse, dit Isabelle Barzeele.

Ensuite, il y avait une fête dans une tente où les marcheurs arrivaient. On était au milieu de nulle part, il y avait à manger, de la bonne humeur. Ça m'a touchée de voir que c'est tout ce dont on a besoin pour être heureux, explique-t-elle.

En passant du temps sur le territoire, la réalisatrice dit avoir développé une compréhension plus profonde de la culture crie.

Il suffit d'être là, sur le territoire, pour être heureux, c'est ce qui m'a touchée, dit -elle.

Dans le documentaire, les personnes témoignent de cette sensation de bonheur et de bien-être lorsqu'elles parlent du territoire ancestral, explique la réalisatrice de Wachiya.


Wachiya est disponible sur ICI.TOU.TV (Nouvelle fenêtre) et sur Espaces autochtones dans la section Écouter et voir. Il sera diffusé en reprise le 30 septembre à RDI.

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