•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un duo mère-fille de la nation Tsuut’ina fait sa marque en course de tonneaux à obstacle

Deux femmes sur des chevaux.

Sonya Dodginghorse, à gauche, et sa fille, Cayda Dodginghorse, sont toutes deux championnes du monde de course de tonneaux à obstacle

Photo : David Mercer/CBC

Radio-Canada

Sonya Dodginghorse se souvient de sa première participation à un rodéo.

Toute sa famille a fait le déplacement à Broadview, en Saskatchewan, pour assister à cet événement local. Le rodéo est ancré dans la famille de Sonya – son père et ses frères sont des cordeurs, tandis que sa sœur est coureuse de tonneaux à obstacle. Déjà, à l'âge de cinq ans, elle savait qu'elle voulait participer au rodéo. Son père a accepté qu'elle y prenne part.

Ne possédant pas encore l'uniforme approprié, elle dit avoir enfilé une paire de bottes en caoutchouc noir, un vieux chapeau en lambeaux et une chemise à rayures blanches et bleues.

C'était tellement amusant que je suis devenue accro depuis ce jour, dit Sonya.

La course de tonneaux à obstacle – une compétition chronométrée où les participants doivent tourner le plus rapidement possible autour de trois tonneaux disposés en triangle – lui est tombée dans l'œil.

Au fil des ans, Sonya, âgée de 44 ans, a participé à de nombreuses compétitions tout en s'occupant de plusieurs chevaux chez elle, au ranch DH, dans la communauté de Tsuut'ina, où elle codirige avec son conjoint des programmes éducatifs.

Elle a également transmis sa passion de la course équestre à sa fille, Cayda Dodginghorse. Depuis, le duo a fait ses preuves dans les compétitions.

En 2019, Sonya est devenue championne du monde féminine en course de tonneaux à obstacle de l'Indian National Finals Rodeo (INFR), qui organise les finales mondiales pour les peuples autochtones des États-Unis et du Canada. Sa fille Cayda a obtenu le titre junior.

Un ranch et une femme

Sonya Dodginghorse est propriétaire du ranch DH dans le communauté de Tsuut'ina

Photo : David Mercer/CBC

Cela me donne une telle montée d'adrénaline, dit Cayda, 16 ans.

Quand je cours, je veux être comme ma mère. Elle est ma plus grande source d'inspiration, rajoute la jeune femme.

Elles sont toutes deux très fières de leurs accomplissements au rodéo, mais encore plus de ce que cela représente. Elles veulent être des sources d'inspiration pour les coureurs de tonneaux à obstacle de demain, et en particulier les jeunes femmes autochtones.

Sonya explique avoir dû composer avec des difficultés supplémentaires en tant que coureuse autochtone professionnelle. Elle espère qu'en continuant de courir avec sa fille, elle pourra sensibiliser davantage ce milieu aux réalités des Autochtones du Canada.

Les gens font encore preuve d'ignorance… je me suis rendue dans quelques rodéos professionnels et j'ai entendu des propos négatifs sur les peuples autochtones, dit Sonya.

Mes parents sont tous deux survivants des pensionnats pour Autochtones et, vous savez, cela a affecté notre famille et nos communautés à travers le Canada. Nous faisons de la sensibilisation lors de nos voyages, ajoute-t-elle.

Une jeune femme et un cheval.

Cayda Dodginghorse dit souhaiter un jour pouvoir battre sa mère à la course de tonneaux à obstacle

Photo : David Mercer/CBC

Cette année, elles espèrent que ces voyages les mèneront aux Finales canadiennes de rodéo, événement connu sous le nom de Super Bowl du rodéo. Elles souhaitent aussi faire leur retour à l'Indian National Finals Rodeo (INFR).

En participant à un grand nombre de rodéos, Sonya estime être en mesure de porter plus loin son message. La remorque transportant leurs chevaux est couverte d'images et de symboles à propos de la réconciliation et de la guérison afin de faire connaître leur message.

En tant que femmes autochtones, nous avons fait face à beaucoup d'oppression au fil des ans, dit Sonya.

Pour être forts et montrer la résilience à nos futures filles, nos futurs enfants sont prêts à faire du rodéo, à entreprendre tout ce qu'ils veulent. Nous leur avons tracé cette voie… Nos voix étaient autrefois impuissantes. Et nous nous levons maintenant, nous sommes en guérison, explique Sonya.

Une remorque à chevaux.

Une partie de la remorque de la famille Dodginghorse

Photo : David Mercer/CBC

Le rodéo pour tous

Pour Sonya, vivre en compagnie de chevaux durant la majeure partie de sa vie a été significatif dans sa guérison intergénérationnelle.

Elle se souvient du temps où elle courait vers le pâturage dès qu'elle sortait de l'autobus scolaire, quand elle était jeune. Elle sifflait son cheval, Jughead, qui l'emmenait pour sa prochaine aventure.

Les chevaux sont des animaux liés à la spiritualité et aux cultures autochtones depuis longtemps, dit Sonya.

Ils sont le pouvoir de panser le cœur, de calmer l'esprit. Ils sont un médicament sacré pour notre propre esprit, explique-t-elle.

Sa relation avec son propre cheval était si forte qu'elle a pris un pas de recul du sport à 17 ans quand son cheval est mort. Sonya s'est concentrée sur ses études universitaires et a obtenu un diplôme d'enseignement. Elle n'est revenue au rodéo qu'après avoir été encouragée par son frère.

Elle a par la suite gagné son premier rodéo, ce qui a ravivé son amour pour ce sport.

Sa fille, Cayda, a elle aussi développé une relation spéciale avec les chevaux du ranch familial. Elle dit qu'elle ne serait pas qui elle devenue aujourd'hui sans la présence de ces animaux dans sa vie.

Ils sont pour moi comme des guérisseurs. Ainsi, chaque fois que je me sens déprimée ou que quelque chose ne va pas, je vais monter certains de mes chevaux dans le jardin et je me sens mieux, dit la jeune femme.

Toutefois, s'occuper de ces animaux demande beaucoup de temps et de rigueur. Les cheveux sont des athlètes, selon Sonya, et ils doivent par conséquent s'entraîner et suivre un strict programme d'alimentation. Au ranch, le duo transporte des seaux vers les enclos où se retrouvent des chevaux de toutes tailles et couleurs.

La famille se rend également au sud du Montana toutes les cinq semaines pour obtenir de nouveaux fers à cheval.

La mère se dit heureuse de voir à quel point le fait de s'occuper des chevaux aide sa fille à grandir, bien que ce soit une lourde tâche.

La responsabilité qu'elle a acquise en s'occupant des chevaux, le soin que ça prend… je suis vraiment fière d'elle, dit Sonya.

Deux femmes devant des seaux.

Prendre soin des chevaux du ranch DH est un travail rigoureux pour Sonya et sa fille. Les fers des chevaux sont changés toutes les cinq semaines.

Photo : David Mercer/CBC

Cayda en est à sa dernière saison dans la compétition junior. Au fur et à mesure qu'elle progresse, elle souhaite suivre les traces de sa mère.

Le rodéo est pour tout le monde. Tous doivent se sentir inclus pour que cela fonctionne, dit Cayda.

Toutefois, la lutte ne sera pas de tout repos pour la mère de la jeune femme.

Je ne veux pas la laisser remporter la compétition, je veux la battre, dit Cayda.

Ce texte est une traduction de l'article de CBC News (Nouvelle fenêtre) par Taylor Simmons.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !