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Selon la cheffe RoseAnne Archibald, le pape doit abroger la doctrine de la découverte

Une femme debout salue un homme assis.

Le pape François est accueilli par RoseAnne Archibald, cheffe nationale de l'Assemblée des Premières Nations, à son arrivée à Edmonton.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Ismaël Houdassine

La voyage de pénitence du pape François en terre canadienne la semaine dernière a laissé un goût amer à RoseAnne Archibald, cheffe de l’Assemblée des Premières Nations.

La cheffe de l'APN regrette que le souverain pontife n’ait pas exprimé d’excuses plus complètes, notamment en renonçant formellement à la doctrine de la découverte Inter Caetera de 1493 et en la révoquant.

Cette visite laisse un goût d’inachevé, a déclaré dans un communiqué de presse RoseAnne Archibald. On a l'impression que des considérations d’ordre juridique ont empêché le pape de présenter des excuses plus complètes.

D'après la cheffe de l’APN, le Vatican se doit d’expliquer la raison de cet échec. Elle déclare qu’elle a accueilli le pape le 26 juillet à Maskwacis en Alberta dans l’espoir qu’il révoque officiellement la doctrine de la découverte. Nous demandons des excuses de la part du pape depuis des décennies et nous avons été clairs sur ce qu'il devait aborder.

Le document Inter Caetera est une bulle catholique papale signée par Alexandre VI en 1493 et qui partage ce que les empires européens nommaient à l’époque le Nouveau Monde. En Amérique du Nord, la doctrine sera reprise par les Français et les Anglais pour prendre possession des territoires au nom de leur couronne respective.

« Renoncer formellement à la doctrine de la découverte et la révoquer constituent une étape essentielle pour promouvoir la réconciliation et le chemin de la guérison. Il en va de même des appels à restituer immédiatement les terres du diocèse aux Premières Nations et à rendre les objets sacrés actuellement entreposés et exposés au Vatican. »

— Une citation de  Assemblée des Premières Nations

La cheffe de l’APN explique s’être pourtant entendue au préalable avec les équipes pontificales en ce qui concerne des excuses complètes de la part du pape François.

Le fait que le Vatican n'ait pas traité de ces questions de manière appropriée dans le discours du pape représente une réelle indication que le Vatican n'est pas à l’écoute des préoccupations des Premières Nations.

L’APN précise que l’organisation n’a eu aucun contrôle sur le processus de planification de la visite du pape. Elle se dit d’ailleurs déçue des prises de décision unilatérale en ce qui a trait aux choix des lieux. Le Vatican se doit d’expliquer la raison pour laquelle la visite du pape a échoué sur tant de fronts, ajoute RoseAnne Archibald.

Notons que le pape François organisera une audience demain depuis la place Saint-Pierre pour faire le bilan de son pèlerinage de pénitence au Canada.

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