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Des Autochtones expulsées de la dernière rencontre du pape à Québec

Trois femmes autochtones avec des planches porte-bébé.

Avant l'arrivée du pape à l'archevêché de Québec, deux femmes avec planches porte-bébé se sont fait demander de sortir.

Photo : Radio-Canada / Christine Tremblay

Gabrielle Paul

Deux femmes autochtones qui s'étaient rendues au Vatican au printemps dernier ont été expulsées de la dernière rencontre entre des représentants des Premières Nations et le pape vendredi matin à Québec.

Ces deux femmes, Michelle Schenandoah et Rosalie LaBillois, qui s'étaient rendues à Rome au printemps dernier, se sont présentées à l'archevêché de Québec avec des porte-bébés traditionnels comme symboles des enfants disparus dans les pensionnats.

Cependant, on leur a demandé de quitter les lieux avant que le pape n'arrive à sa rencontre avec des survivants et avec des leaders des Premières Nations.

Elles ont d'abord été assises, puis ensuite, on leur a demandé de quitter, a dit la grande cheffe de la Nation crie, Mandy Gull-Masty.

C'est totalement irrespectueux, la manière dont ça s'est passé, a affirmé le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard.

Selon le chef Picard, une trop grande représentation de la Conférence des évêques n'a pas permis aux accompagnateurs des survivants d'assister convenablement à l'événement. Ce sont 22 sièges qui étaient réservés aux Autochtones et 20 à la Conférence de évêques.

C'était un moment qui devait appartenir aux Autochtones, a-t-il conclu.

Dans un courriel, la Conférence des évêques catholiques du Canada et le diocèse de Québec ont expliqué que ces femmes ont dû partir en raison du nombre de places disponibles.

Des places supplémentaires ont été immédiatement offertes aux membres de la délégation, mais cependant, dans un effort de prioriser les places aux survivants et survivantes, quelques invités n'ont pu être présents dans la pièce et ont été invités à attendre dans une autre pièce, peut-on lire dans le courriel.

Une approche similaire avait été adoptée lors des rencontres du mois de mars à Rome avec les survivants, les gardiens du savoir et les jeunes, précise-t-on également.

Questionnée pour savoir si des religieux présents auraient pu laisser leur place à des Autochtones, la Conférence des évêques rétorque :

Peut-être qu'il y a des maladresses, des souhaits différents quant aux objectifs des rencontres, des réflexes qui auraient pu être différents. Mais dans l'ensemble, on garde le focus sur toutes les nouvelles relations créées à travers ces dernières semaines, ces derniers jours, et c'est un point de départ pour continuer à nous comprendre mieux les uns les autres et construire du positif.

Nouvelle condamnation du mal commis « par certains catholiques »

Lors de cette rencontre, le souverain pontife a prononcé le dernier discours de son périple québécois devant un groupe d'une vingtaine de leaders et de survivants autochtones du Québec, de l'Ontario et des Maritimes ainsi que devant des cardinaux et des évêques.

Une rencontre privée a ensuite eu lieu entre le pape et les Autochtones présents.

Nations représentées lors de la rencontre :

  • Nation mi'kmaq
  • Nation algonquine
  • Nation mohawk
  • Nation crie
  • Nation innue
  • Nation atikamekw
  • Nation malécite
  • Nation abénakise
  • Nation naskapie
  • Nation anishinabek
  • Nation nishnawbe aski
  • Nation wolastoqey

Dans son discours, le pape François a de nouveau fait part de sa « douleur » en raison du « mal qu'un certain nombre de catholiques ont causé » aux Autochtones.

On s'attendait à plus, a dit Ghislain Picard. C'était une répétition de ce qui avait été dit à Edmonton et à Rome, mais on a progressé dans le discours et les torts reconnus.

Le pape a rencontré des survivants des pensionnats pour Autochtones de l'est du Canada vendredi matin.

Le pape a rencontré des survivants des pensionnats pour Autochtones de l'est du Canada vendredi matin.

Photo : Dome Productions

Pendant la rencontre privée, les survivants ont pu échanger messages et cadeaux avec le pape avant une séance de photos, a raconté la grande cheffe Gull-Masty, présente dans la salle au même moment.

Avec des informations de Colin Côté-Paulette

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