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Le VIH chez les Autochtones discuté à Montréal

Une affiche avec un logo mentionne « une vision, plusieurs parcours » et « 9e Préconférence internationale des peuples autochtones dur le VIH et le sida » en anglais, français et espagnol; il est aussi inscrit « Montréal 2022 tio'tia:ke ».

La 9e préconférence internationale autochtone sur le VIH et le sida se tient du 26 au 28 juillet à l’Hôtel Westin, à Montréal.

Photo : Gracieuseté du Réseau canadien autochtone du sida

Philippe Granger

La 9e préconférence internationale autochtone sur le VIH et le sida s'est tenue à l’Hôtel Westin, à Montréal.

Elle se déroulait en vue de la 24e Conférence internationale sur le sida, qui aura lieu au Palais des congrès de Montréal à compter de vendredi.

Margaret Kisikaw Piyesis est cheffe de la direction au Réseau canadien autochtone du sida, qui coorganise l’événement. Elle est depuis longtemps impliquée dans le secteur communautaire.

Pour elle, cette préconférence est d’une grande pertinence.

« En tant qu’Autochtones, nous détenons les solutions face à ce qui nous affecte sur ces terres. »

— Une citation de  Margaret Kisikaw Piyesis, cheffe de la direction au Réseau canadien autochtone du sida

Si cette préconférence – qui a comme thème une vision, plusieurs parcours – a tourné autour des enjeux liés aux VIH et au sida, elle est aussi l’occasion de parler d’autres problèmes de santé et de sujets connexes, comme la vérité et la réconciliation ou la Déclaration des droits des peuples autochtones.

Une femme portant des lunettes se tient devant une murale.

La cheffe de direction du Réseau canadien autochtone du sida, Margaret Kisikawp.

Photo : Bonnie Allen (CBC)

La préconférence a discuté également des pensionnats pour Autochtones.

Nous voyons de plus en plus de commentaires sur comment nous pouvons relier directement le VIH aux pensionnats. Ce lien a pu être fait par de la recherche, assure-t-elle.

Une tranche de la population particulièrement affectée

À la fin de 2011, les Autochtones représentaient 8,9 % de toutes les personnes vivant avec le VIH au Canada et 12,2 % des cas de nouvelles infections au VIH de cette année-là. Et pourtant, les Autochtones ne représentaient à cette époque que 4,3 % de la population du pays.

La situation est en hausse. Selon Services aux Autochtones Canada, le taux de nouveaux diagnostics de VIH chez les Premières Nations vivant dans les réserves était trois fois plus élevé que celui de la population canadienne en 2016.

Le professeur en sciences humaines appliquées à l’Université Concordia Gilbert Émond précise que cette hausse est inégale en fonction de la province.

Plan rapproché du professeur Émond.

Gilbert Émond est professeur associé à l'Université Concordia.

Photo : Gracieuseté de Gilbert Émond (Université Concordia)

Il explique ainsi que le phénomène est dangereusement en hausse dans l’ouest, alors qu’au Québec c’est moins une crise.

Le fait que les communautés aient accès à trop de drogues et stimulants aide la tendance à créer un endroit où l’infection au VIH est possible constate-t-il.

Selon lui, le Québec ferait toutefois face à une crise temporaire d’hépatite C.

Les drogues injectables comme principale cause

Si les relations sexuelles entre deux hommes occupent une grande partie des cas d’infection dans la population canadienne, c’est plutôt l’utilisation de drogues injectables qui explique majoritairement les cas de VIH détectés parmi les Autochtones en 2011.

Il reste que les hommes autochtones ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes sont doublement affectés par la situation.

Spécialisé sur les enjeux reliés au VIH et à l’homophobie, Gilbert Émond explique qu’une enquête devait avoir lieu à ce sujet, mais que le projet a dû être avorté, les communautés concernées refusant que l’équipe enquête à ce sujet.

Le ministère de la Justice avait envisagé que l’on fasse une enquête avec ces gens-là, mais ça demandait qu’on ait une autorisation des communautés autochtones. L’imbroglio vient du fait que le gouvernement du Québec ne veut pas parler de qui va s’occuper de quoi, déplore-t-il.

Gilbert Émond se réjouit qu'un événement comme la préconférence internationale autochtone sur le VIH et le sida ait lieu, puisqu'il permet à des gens avec des problèmes semblables de pouvoir se réunir et partager leurs expériences.

Quand on a des problèmes de sida, de consommation d'hépatite C... On est déjà marginal dans notre propre communauté.

Espaces autochtones

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