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Une messe papale « pour la réconciliation » à Sainte-Anne-de-Beaupré

Un homme vêtu d'une coiffe à plumes assiste à la messe.

Des membres des communautés autochtones de plusieurs endroits au Canada étaient invités à assister à la messe papale à la basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Gabrielle Paul

Des milliers de membres des Premières Nations se sont rendus à Sainte-Anne-de-Beaupré jeudi matin afin d'assister à la « messe de réconciliation » présidée par le pape François.

La messe a débuté aux alentours de 10 h après que le pape eut effectué un bain de foule en papemobile autour du site, un endroit important pour les Premières Nations.

Même s'il y avait foule, moins de personnes que prévu se sont déplacées.

Le pape à bord de la papemobile.

Le pape, lors de son arrivée à Sainte-Anne-de-Beaupré

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Paul

Une importante place a par ailleurs été accordée aux Autochtones lors de la cérémonie.

Plusieurs chants en langue innue ont résonné dans les murs de la basilique. Des passages de l'Évangile ont aussi été récités en innu. Lorsque la cérémonie tirait à sa fin, des aînés et le chef innu Jean-Charles Piétacho ont offert des cadeaux au pape.

Pendant la messe, le souverain pontife a plusieurs fois fait allusion au chemin de la guérison et de la réconciliation ainsi qu'à l'échec de l'Église face aux Autochtones qu'il a comparé au sentiment d'échec des disciples après la mort de Jésus.

Face au scandale du mal et au corps du Christ blessé dans la chair de nos frères autochtones, nous sommes plongés dans l'amertume et nous ressentons le poids de l'échec, a-t-il déclaré.

Une manifestation en marge de la messe

Deux manifestantes autochtones, dont la militante et artiste Sarain Fox, ont profité du début et de la fin de la messe pour remettre sur la table la doctrine de la découverte que plusieurs souhaitent voir répudiée par l'Église.

Cette doctrine, venant d'un édit de l'Église catholique de 1455, a été utilisée par les nations européennes pendant des siècles afin de justifier la colonisation qu'elles entreprenaient dans certaines régions du globe. Ces régions n'étant pas habitées par des chrétiens, on les considérait alors comme libres et non occupées.

Deux personnes tiennent une large banderole où il est inscrit « Rescind the doctrine » devant la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré.

Des Autochtones tiennent une banderole appelant à mettre fin à la doctrine de la découverte. La doctrine de la découverte émane d'un édit de l'Église catholique publié au XVe siècle servant à justifier la colonisation.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

S'excuser n'est pas suffisant, a déclaré Mme Fox à CBC News. Il faut absolument revenir à la racine de tout ça et nos aînés n'ont plus beaucoup de temps pour voir ça se concrétiser.

Une longue attente

De nombreux survivants des pensionnats pour Autochtones ainsi que leurs proches ont attendu impatiemment le pape.

Debout depuis 3 heures, une cinquantaine de survivants de la communauté atikamekw de Manawan étaient déjà à l'intérieur de la basilique avant l'arrivée du pape.

Il y avait beaucoup d'émotions ce matin, souligne Lise Dubé, organisatrice de ce voyage pour les survivants de Manawan.

Lise Dubé portant un chandail orange regarde l'objectif et sourit.

Lise Dubé, à Sainte-Anne-de-Beaupré

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Paul

C'est un grand jour pour ces survivants, ajoute-t-elle, d'autant plus que plusieurs d'entre eux viennent chaque année en pèlerinage à Sainte-Anne-de-Beaupré.

Cette reconnaissance du pape, c'est important, poursuit Mme Dubé. Ça nous remet, nous, les Premières Nations, de l'avant.

L'organisatrice déplore toutefois la confusion régnant autour de la visite. On recevait les informations au compte-gouttes, donc c'était difficile, dit-elle.

Elizabeth, une survivante originaire de Kawawachikamach, anticipait depuis longtemps cette venue du pape.

Je veux voir le pape parce que je veux ressentir la guérison et [parce qu'il] va nous aider dans notre marche ensemble, entre Autochtones et non-Autochtones, affirme-t-elle.

Elle porte un chandail orange et des verres fumés pose pour la caméra.

Elizabeth est une aînée naskapie de Kawawachikamach.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Paul

De nombreux Autochtones des plus jeunes générations se sont également déplacés.

Stevie et Abigail, deux jeunes femmes Wolastoqiyik du Nouveau-Brunswick, ont fait la route jusqu’à Québec la veille de la messe afin de montrer leur soutien aux survivants des pensionnats.

Les deux Autochtones devant une banderole indiquant « every child matters » (chaque enfant compte).

Stevie et Abigail, originaires de la Première Nation Wolastoqiyik de Sitansisk, au Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Paul

C'est très important pour nous que nos aînés et nos survivants sentent notre présence, qu'ils sachent qu'ils ne sont pas seuls, les jeunes sont là pour les soutenir, explique Stevie.

Vendredi, le pape François effectuera la dernière étape de son périple canadien à Iqaluit avant de repartir pour le Vatican.

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